Rishanger, Chronica (éd. Riley), p
3. Voy. la Chronique attribuée à Baudoin d'Avesnes, dans les Hùt, de France, XXI, 172; cf. XXIll, 35. Cherrier, Lutte des papes et des empereurs, me paraît avoir confondu les deux personnages, III, p. 284.
4. L'église Saint-Laurent, selon Guillaume de Nangis et Primat. Histor, de France, XXIII, 86.
5. Voir tout ce récit dans BlaauTV, The Barons' War^ p. 340 et suivantes.
frère Henri III (16 novembre ) , enfin Téloignement d'Edouard I"" alors en Terre-Sainte, protégèrent pendant quelque temps les meurtriers. Simon mourut obscurément peu après la tragédie de Viterbe'. Le retour d'Edouard T' perdit son frère : le roi était entré le 14 février 1273 à Orvieto, où résidait alors Grégoire X : le l*"" mars suivant, le pape assignait à comparaître devant lui, dans la quinzaine, Gui de Montfort et ses complices; pour que personne ne pût prétendre ignorer l'assignation, les pièces du procès furent affichées aux portes de la cathédrale d'Orvieto*. Gui chercha des faux-fuyants; il essaya de justifier sa conduite; il demanda un sauf-conduit pour son frère Amauri, chargé de défendre sa cause; il prétendit qu'il n'y avait nulle sécurité pour lui à se rendre auprès du pape tant que le roi d'Angleterre serait en Italie, car, disait-il, Edouard avait fait serment de le tuer dès qu'il aurait mis le pied hors des terres de son beau-père. Le pape ne voulut rien entendre ; et comme Gui ne parut pas au jour dit, il prononça de la façon la plus solennelle, dans son palais d'Orvieto, la condamnation du contumax : « qu*il perde l'estime des hommes, qu'il soit flétri de la marque éternelle de l'infamie; qu'il soit incapable de faire un testament, indigne de rien recevoir par un testament ni d'un intestat; que son ignominie suive sa postérité jusqu'à la quatrième génération ; qu'il soit excommunié, et ses biens en interdit ! » Puis il le mit hors la loi, et commanda à tous gouverneurs de provinces, podestats, consuls, etc., de le saisir et de ramener à la cour de Rome pour qu'il y fût mis en prison (1" avril)'.
Au mois de juin suivant, Grégoire X quitta Orvieto pour se rendre à Lyon où devait se réunir un concile général*.
\. Dans sa buUe du !••• avril 1273, le pape en parle comme étant déjà mort : « dicto Symone fatali forte rébus humanis exempto ». Voyez Rymer, à la date. Blaauw, p. 347, dit qu'il mourut dans un château près de Sienne, l'année même du meurtre.
2. Rymer. Potthast, n® 20682. Cf. Posse, Analecta Vaticana, n" 746- 754, 768-769.
3. Il faut lire dans Rymer cette pièce éloqruente, qui ne remplit pas moins de quatre colonnes très compactes. Potthast. n® 20712. Comp. trois lettres adressées par Gui au pape, où il prétend se justifier; dans Pauli, Simon von Montfort, p. 211.
4. Dans le même temps, Edouard l«f quittait l'Italie; il franchit le Mont-fenis le 7 juin. Pauli, Geschichte von England, IV, 7.
Pendant qu*il était à Florence (juin-septembre). Gui de Montfort essaya d'adoucir la juste indignation du pape à force de prières et d'humbles soumissions ; sa femme vint inutilement demander sa grâce. Quand le pape quitta la ville, Gui, accompagné de plusieurs de ses partisans, le suivit, pendant plus de deux nulles, en langes et en chausses, pieds nus et la corde au cou, puis, se prosternant à ses yeux, déclara, en versant des torrents de larmes, qu'il se mettait entièrement, « ait et bas », à sa merci, lui demanda une prison, n'importe où, le supplia de lui donner le bienfait de l'absolution, et de lui laisser ainsi une porte ouverte à la miséricorde. Touché par les marques de ce repentir qui lui parut sincère, le pape se relâcha en partie de sa rigueur, et ordonnât que Gui fût mis dans une étroite prison, sur les terres de l'Église, et confié à la garde du roi de Sicile * • Gui ne craignait rien tant que d'être livré aux mains d'Edouard 1" : une prison ecclésiastique, c'était pour lui le salut. D'autre part, le roi d'Angleterre trouva la pénitence trop douce encore, et paraît s'en être plaint au pape non sans vivacité*. Mais l'affaire était réglée, et Gui allait expier faiblement son crime par quelques années de réclusion.
Il n'est pas de prison si bien fermée qu'on n'en puisse sortir. Craignant de tomber sous le poignard d'émissaires envoyés par Edouard V^, Gui réussit, avec la connivence de ses gardiens, à descendre « a grant péril et a grant peine de soi » , de la « très haute et forte tour » où il était confiné \ Où alla-t-il ensuite? Il prit sans doute du service dans les armées de Charles d'Anjou. Du moins nous voyons Charles, prince de Salerne, tenter encore une fois de réconcilier Gui de Montfort avec Edouard I"*, mais sans plus de succès ^ Le bruit ayant couru que Gui venait d'être arrêté en Norvège , le roi écrivit à Eric II pour le prier de
1. Bulle du 2 novembre 1273. Rymer, à la date. Potthast, n» 20767.
2. C'est ce que laisse croire le ton même de la bulle que je viens d'analyser.
3. Primat. Ilist» de France, XXIII, 36. Je ne puis croire aue les deux lettres du 20 mai 1274, publiées par Rymer, se rapportent à notre Gui de Montfort. Blaauw Tadmet pourtant, p. 348.