Adam de Marsh, lettre 30: • obscura dimissus licentia
tant contribué à bouleverser ^ Il déclare en effet que Ig trêve accordée aux Gascons sera prolongée jusqu'à la Chandeleur (2 février 1253) ; à cette époque, il ira lui-même installer son fils Edouard en Gascogne; les Gascons qui auront à se plaindre pourront alors comparaître devant lui, il leur fera prompte et bonne justice (13 juin)'. En attendant, il fait mettre en liberté les hommes des seigneurs compris dans la trêve, il prend sous sa protection Gaillard Delsoler et ses amis (16 juin) % il envoie de nouveaux commissaires enquêteurs en Gascogne \ Il fait venir devant lui à Londres Farchevêque de Bordeaux et tous les Gascons qui l'avaient accompagné, il leur annonce que désormais c'est au prince Edouard qu'ils devront obéir, et il exige d'eux le serment de foi et d'hommage. Les Gascons le prêtent avec enthousiasme. Puis Henri III les comble de présents et les invite à un grand festin; échauffés par le vin et la bonne chère, ils éclatent en menaces furieuses contre Simon de Montfort qu'ils promettent de chasser honteusement de leur pays, ou, s'il tombe entre leurs mains, de le mettre en pièces. Forts de l'appui du roi, ils repassent la mer, décidés à être fidèles à leurs menaces; mais Simon les attendait et allait leur faire expier chèrement leur joie prématurée*.
Le comte de Leicester s'était en effet hâté de mettre à profit la permission ambiguë qu'on lui avait donnée de retourner en Gascogne. D'ailleurs ses partisans étaient aux abois et il n'était pas homme à les abandonner à euxmêmes. On avait voulu lui faire jurer d'observer la trêvo que Henri III avait proclamée; mais il avait refusé de s'engager : Gaston de Béarn ne continuait-il pas de presser le siège de La Réole? Il quitta donc brusquement l'Angleterre ^14 juin), avec son fils aîné et toute sa maison*; le même jour, à midi, il débarquait à Boulogne. Là il enrôle une troupe de mercenaires et se rend en toute hâte en Gascogne; il s'empresse de mettre le pays en bon état de défense