‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 40 sur 232 · Adam de Marsh, lettre · texte numérisé non relu

Adam de Marsh, lettre

et attend de pied ferme le retour des députés gascons. Ceux-ci répandent aussitôt le bruit que leur nouveau maître, le prince Edouard, va bientôt arriver avec son père ; contre Simon de Montfort, considéré désormais moins comme le lieutenant du roi que comme un ennemi public, ils lèvent Tarmée la plus nombreuse qu'ils eussent encore mise sur pied depuis cinq années, et viennent assaillir les gens du comte. Ils découvrent une embuscade préparée par Simon de Montfort, mettent ses soldats en déroute et prennent un de ses chevaliers. Simon, averti à temps, se jette aussitôt au milieu des ennemis, se fait jour, les armes à la main, jusqu'à ses soldats prisonniers et les délivre ; puis, enveloppé à son tour par une foule d'ennemis avides de son sanjj , il lutte seul pendant quelques instants, mais il est jeté à bas de son cheval et il allait périr, accablé par le nombre, lorsque ceux auxquels il vient de rendre la liberté s'aperçoivent de sa détresse; une charge bien dirigée le dégage; il est remis en selle et le combat recommence avec une nouvelle furie. Après une demi-journée de lutte, les Gascons sont défaits, beaucoup sont tués, et les principaux chefs, un Rostein entre autres, sont faits prisonniers et envoyés au roi. « Jamais le comte n'avait couru un tel danger, mais son triomphe fut complet, et ses ennemis n'osèrent plus dès lors grogner contre lui*. » Ils osèrent cependant lui tenir encore tête, et, sans se laisser abattre par leur défaite, ils attaquèrent à ['improviste Simon de Montfort établi avec peu de troupes dans le château de Montauban. La place était inexpugnable, mais elle n'avait ni garnison ni vivres. Simon ne fut sauvé que par le dévouement de quelques-uns des siens, et, pour délivrer les autres, il dut rendre aux assiégeants une partie des prisonniers faits dans le précédent combat. Cet échec lui prouvait de nouveau que la soumission de la Gascogne ne serait pas facile '.

Cependant il vole au secours de La R^éole, délivre ses partisans bloqués dans le château et punit ses ennemis en ravageant leurs terres.

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