‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 41 sur 232 · Mat. Paris, V · texte numérisé non relu

Mat. Paris, V

2. Mat. Paris, V, 334. — Le 7 août, le vicomte de Tartas promet à Simon aide et assistance jusqu'à l'expiration de son commandement. — Le maire, les jurés et la commune de Saint-Emilion lui renouvellent leur serment de fidélité. Bibl. nat., Clairembault, 4188, p. 20. Archives de la Gironde j I, 3.

Il était encore à La Réole quand les commissaires de Henri III vinrent lui intimer Tordre d'observer la trêve; il répondit qu'il était impossible de poser les armes en face de gens armés. Les commissaires lui présentèrent alors des lettres patentes qui lui enlevaient son gouvernement, et défendirent aux gens du pays de lui obéir plus longtemps ; mais il prétendit que la charte du 1" mai 1248 ne pouvait être ainsi mise à néant, que l'ordre royal avait été donné, « plus par caprice que par raison » , qu'enfin il resterait à la tête de son armée jusqu'à ce que le roi eût tenu envers lui ses engagements, et, pour bien prouver qu'il prétendait rester son maître, il alla mettre le siège devant Rions*. En Angleterre, les barons continuaient de l'appuyer : au parlement d'octobre, le roi ayant fait grand bruit de l'échec que fc^imon avait éprouvé à Montauban, on lui répondit que ces nouvelles n'étaient pas certaines, que d'ailleurs les Gascons méritaient d'être traités avec la dernière rigueur, qu'enfin il était bon de laisser le comte de Leicester arriver jusqu'au bout de son septennat. « Ces vœux déplurent au roi; il avait en etifet songé à en venir avec Simon aux dernières extrémités; il voulait le faire déclarer traître pour le dépouiller de son héritage. » Si éloigné qu'il fût, le comte connaissait ces projets; à ceux qui l'en instruisirent il répondit : « Je sais ce qu'il veut : c'est pour enrichir de mes dépouilles quelque Provençal ou quelque Poitevin". »

L'intrigue avait échoué; la violence n'était pas possible; Henri 111 se résigne alors à faire au comte de Leicester des conditions acceptables. 11 ne peut lui enlever le gouvernement de Gascogne, il le lui rachète. Il promet de lui payer 7,000 marcs et d'acquitter toutes ses dettes; de son côté, Simon prend l'engagement de rendre au prince Edouard les châteaux qu'il tenait du roi et ceux qu'il avait acquis ou conquis. Quant aux prisonniers, ceux qui avaient été faits hors de la Gascogne devaient rester aux mains du comte, les autres seraient mis en liberté moyennant rançon '.

C'était fort bienfait de frapper le comte de Leicester; encore fallait-il le remplacer. Henri III crut sans doute qu'il suffisait pour rétablir la paix en Gascogne d'écarter

i. Appendice n^ 36.

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