‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 45 sur 232 · Gneîst, ibid · texte numérisé non relu

Gneîst, ibid

toutes les baronnies d'Angleterre qui lui venaient à la mémoire, et sa mémoire était fort bonne, en trouvait 250* ; on dit qu'au xiii* siècle il n'y avait pas en Angleterre plus de 86 honneurs*. Parmi ces honneurs, ceux qui étaient conférés aux comtes tenaient le premier rang. Les comtes ne possédaient pas, comme en France par exemple, toute rétendue des terres d'un comté. Guillaume le Conquérant, si tant est qu'il ait introduit le système féodal en Angleterre, ne l'introduisit pas sans lui faire subir une grave modification. En Normandie, comme dans toute la France du Nord, la féodahté était un régime à la fois politique et social où les droits de la souveraineté étaient démembrés surtout au profit des possesseurs des grands fiefs. Le Conquérant maintint le caractère social de cette féodahté, mais, autant qu'il était en lui, il affaiblit ses pouvoirs pohtiques; homme de gouvernement, il lutta contre un régime qui ne pouvait aboutir qu'à l'anarchie. D'autre part, il voulait changer le moins possible, en apparence, aux institutions saxonnes . Ne se donnait-il pas comme le légitime successeur d'Edouard le Confesseur? Il ne venait pas en effet, au champ de bataille de Senlac, conquérir l'Angleterre, mais simplement acquérir la couronne qu'il prétendait lui appartenir légitimement. Prétention vaine, soit, mais c'est sur cette fiction juridique que reposait le droit des rois normands et angevins. Le Conquérant respecta donc, autant qu'il fut en lui, les formes anciennes. Avant lui, à la tête des comtés il y avait des comtes ; il conserva le titre, mais supprima la fonction; le comté ne fut plus désormais qu'une circonscription administrative. D'ailleurs, en conférant à ceux qui l'avaient le mieux servi la dignité de comte, la plus élevée dans la hiérarchie féodale, il ne leur donna pas un titre nu : sous le nom à' honneur ^ il constitua en faveur des nouveaux titulaires une sorte de riche apanage qui devait satisfaire leurs convoitises sans rendre trop dangereuse leur ambition . C'est ainsi que 1' « honneur» de Leicester n'était nullement renfermé dans les hmites du comté de Leicester, mais qu'il se composait de fiefs ou manoirs disséminés çà et là .

On se rappelle qu'à la mort de Robert, quatrième du

i. Mat. Paris, V, 617, à l'année 1257.

Page 1