‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 46 sur 232 · Hartshorne, loc. cit · texte numérisé non relu

Hartshorne, loc. cit

nom comme comte de Leicester (1804), son héritage fut partagé entre ses deux sœurs, Âmicie, grand'mère de notre Simon, et Marguerite, femme de Saher de Quincy comte de Winchester. Le titre de comte avec la dignité de sénéchal héréditaire du royaume passa dans le lot de Vaxnée, mais les terres attachées au titre de comte furent divisées en deux parts égales. Quelles sont celles dont fut investi Simon de Montfort ? Dans l'état actuel de nos connaissances, il serait, je crois, impossible de le dire avec exactitude. Les documents nous les montrent disséminés dans les comtés de Northampton*, de SufFolk', de Berks*, de Leicester, et il n'est pas sûr que ce soit tout*.

C'est peut-être au comté de Leicester que Simon possédait le moins de terres. Cependant la capitale du comté était aussi le chef-lieu de son « honneur » . Les bourgeois s'y étaient peu à peu affranchis, mais à prix d'argent ; hors de la ville, Simon possédait des prés et des bois. Il ne sera pas sans intérêt de voir quelle était la situation de Leicester, quelles relations les bourgeois entretenaient avec leur comte, quelles ressources il tirait d'eux ^

1. Testa de Nevill, p. Î6 : ■ Feoda S. de M. de honore Leycestrie • ; ce sont : Marston Trussell, Thorpe près Lubenham, Lillbourne, Westhaddon, Ravensthorpe, Yelvertott, ïhornby.

2. Rot. clans, ^ anno 33, 27 avril : • quia rex accepit par inquisicionem quam a vicecomite Suffolc. fieri precepit, quod manerium de Sprouton est de feodo Leycestrie, mandatum est inde vicecomiti quod S. de M., comiti L., cui rex conces^it omnes terras Normannorum que sunt de feodo suo, de predicto manerio pienam seisinam habere faciat. i C'est aujourd'hui Sproughton, à peu de distance dlpswich. Cf. Roberts, Calend. geneaî^ I, 121.

3. Hudden, dans Shirley, R. letlers, II, 293 (5 juillet 1258).

4. Une enquête faite en 1307 nous donne une liste respectable de vassaux qui tenaient du comte un fief, ou même des parties de fiefs de chevalier ; mais nous ne savons ni le nom de ces fiefs, ni où ils étaient situés. Roberts, Calend. geneal, II, 746.

5. Pour l'histoire de Leicester en général, il faut recourir au volumineux ouvrage de Nichol, plusieurs fois cité ; à un travail court, mais complet, de M. James Thompson, An essay on english municipal history (Londres, Longmans, I8b7), chap. 4 à 7 inclus. On trouvera un utile plan de la ville vers 1610 dans le curieux ouvrage de M. William Kelly : Notices illustrative to the drama and other amusements at Leicester (Londres, Smith, 1865). C'est à l'obligeance de M. Kelly que je dois d'avoir pu consulter les archives anciennes de la ville ; qu'il me permette de lui en exprimer de nouveau toute ma gratitude. Sur les archives, le même érudit a fait insérer un article instructif dans le premier volume des Mélanges publiés par la Leicester literary and philosophieal society (Leicester, Crossley et Clarke, 1855).

A répoque où fut dressé le cadastre général de l'Angleterre, la ville, déjà qualifiée « bourg » , était sous la dépendance de plusieurs seigneurs ecclésiastiques ou laïques; parmi ces derniers, Hugues de Grantmesnil, premier comte de Leicester depuis la conquête, y possédait 110 maisons, plus 24 autres en commun avec le^ roi, sans compter celles qui relevaient de divers manoirs, et cinq sur lesquelles le comte avait les droits de justice les plus étendus *.

Robert I" simplifia cet état de choses : il prit sous sa suzeraineté les diverses parties de la ville; une seule, qui était à révêque de Ijincoln (Leicester perdit son évêché en 1094 au profit de cette dernière ville), continua d'échapper à son domaine direct. Ce même comte, le favori de Henri 1" qu'il avait aidé à remporter la victoire de Tinehebrai, releva réglise de Sainte-Marie-du-Château, y établit un chapitre de douze chanoines et un doyen, lui rendit toutes les terres, dîmes et coutumes qu'elle avait autrefois possédées et lui donna toutes les églises de Leicester, sauf celle de Sainte-Marguerite, prébende dépendant de Lincoln ; il permit aux marchands de la ville de conserver leur guilde avec tous les privilèges dont ils avaient joui au temps du Conquérant et de Guillaume le Roux ; enfin il autorisa les habitants de Leicester à plaider leurs procès, non plus devant sa cour, mais devant un tribunal de vingt-quatre bourgeois (portmanmote), en échange d'une taxe annuelle de trois deniers par chaque maison ayant pignon sur High street (gavelpenny)'. Les bourgeois de Leicester n'éUûent pourtant pas encore parvenus à la liberté complète, puisqu'ils étaient tenus de faire la moisson du comte.

Les successeurs de Robert I" continuèrent, comme celuici, d'enrichir les églises et de favoriser les marcnands et les bourgeois. Robert II le Bossu bâtit le château de Leicester', fonda en dehors de la ville l'abbaye de Sainte- Marie-des-Prés, qu'il enrichit en dépouillant l'église de Sainte-Marie-du-Château de son chapitre et de ses pré-

1. Merewether et Stephen, History of the english boroughs, I, 221. Cf. Stubbs, Consttt. hist. of Englana, I, 409, et Dugdale, Monasttcon Anglic.,\l,^61.

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