‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 49 sur 232 · Page · texte numérisé non relu

Page

laisser vos agents {ministeriales) ^ auxquels est confiée la garde de vos biens en Angleterre, tuer des âmes pour lesquelles est mon l'Auteur de la Vie*. » Ailleurs, au contraire, Adam est Tintermëdiaire empressé entre le comte et l'évêque de Lincoln, auquel il recommande la cause de Simon de Montfort : « Je fais appel à la bienveillance de votre fraternité pour que, dans la très fâcheuse affaire où doivent comparaître devant vous les baillis et les hommes du coDite de Leicester, vous usiez de modération et de bienveillance, de manière à venir en aide à la très digne excellence de Tillustre comte, sans porter atteinte aux droits de la dignité ecclésiastique* » (mai 1252). Dans le même temps, et dans une autre affaire litigieuse « touchant ses hommes de Leicester » , Simon eût désiré qu'au lieu d'être confiée à l'arbitraire de trois personnes, l'archidiacre d'Oxford, J. de Crakhale, et Robert de Wynkele ; elle fût réglée par l'évêque de Lincoln en personne*. On sent, dans ces diverses circonstances, comme une certaine hostilité de la part du rigide évêque de Lincoln, comme un blâme secret de la conduite âpre et sans ménagements de son ami le comte de Leicester.

Il y avait cependant un point où l'évêque de Lincoln et Simon de Montfort semblent avoir été en parfait accord : en 1231, Robert Grossetête conseillait à la comtesse de Winchester, Marguerite de Quincy, de ne pas accueillir les Juifs « que le seigneur de Leicester avait chassés de sa ville, pour les empêcher d'écraser sous le poids de l'usure les chrétiens qui l'habitaient*. » En même temps, il est vrai, il recommandait la modération envers ces mêmes Juifs. Plus tard, dans une charte accordée aux bourgeois de Leicester (1253), Simon stipulait « qu'en aucun temps de sa vie et de la vie de ses héritiers, et jusqu'à la fin du monde » , aucun Juif, aucune Juive n'habiterait, ni obtiendrait de résider dans les limites où s'étendraient les libertés de Leicester \ L'évêque de Lincoln aurait-il blâmé le comte,

i. Lettre cxliii, p. 276.

Page 1