Nichol, II append, p
s'il l'avait vu, dix ans plus tard, prendre sa part d<»8 dépouilles des Juifs massacrés à Londres et à Worcester (1263, 1264)*? Avant ce décret de bannissement éternel, les Juifs, maudits des habitants, avaient trouvé asile dans les ruines d'une partie de mur et d'une porte de la ville construites par les Romains, et qui s'appelaient « le mur des Juifs » . Ils durent quitter cet abri misérable où plus d'un de ces bourgeois était venu sans doute, un jour d'échéance ou de marché, solliciter l'argent nécessaire à son commerce et à ses échéances*.
En résumant toutes ces indications éparses dans de trop rares documents, on est porté à croire que le titre de comte rapportait à Simon de Montfort plus d'honneur que de profit. A ses ressources personnelles qu'il jugeait, peut-être à bon droit, insuffisantes, il aurait pu suppléer, et au delà, si sa femme, la veuve de Guillaume Maréchal, la sœur du roi d'Angleterre, avait obtenu le douaire auquel elle prétendait'.
2"* Douaire de la comtesse Aliénor. Guillaume le Maréchal, premier mari d'Aliénor de Leicester, avait, en mourant, laissé un riche héritage à partager entre ses quatre frères et ses cinq sœurs*. Cet héritage comprenait : 1" presque tout l'ancien royaume irlandais de Leinster, conquis
i. Annales de Wykes, p. 143 ; Annales de Worcester, p. 448.
2. Sur la condition des Juifs en Angleterre avant le décret d'expulsion lancé contre eux par Edouard !•', voyez Cunningham, The growth of english industry and commerce (Cambridge, Cniversity
?ress, i88'2), p. 142 et suiv. -- Sur le mur des Juifs, voy. Archaeol. oumal XXVII, 325 et The Journal ofbrU. arch. Assoc. VI, i Ib.