‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 51 sur 232 · On a vu plus haut qu'elle n'avait pas eu de dot · texte numérisé non relu

On a vu plus haut qu'elle n'avait pas eu de dot

4. Les quatre frères étaient : l® Richard, mort de ses blessures en Irlande lé 16 avril 1-234 ; 2" Gilbert, qui mourut d'une chute de cheval; 3o Gautier, qui épousa Marguerite de Quincy, veuve de Jean de Lacy, comte de Lincoln. Il mourut en 1245; 4^ Anselme, qui épousa Mathilde de Bohun, fille de Homfroi, comte de Hertford et d'Essex. Il mourut en décembre 1245. — Aucun de ces fils ne laissa de postérité. — Les cinq filles étaient : 1° Mathilde, qui épousa Hugues Bigod, comte de Norfolk ; 2«» Jeanne, mariée à Warin de Montchensy ; sa fille Jeanne porta le comté de Pembroke à son mari Guillaume de Valence, frère utérin de Henri III ; 3o Isabelle, qui épousa d'abord Gilbert de Clare, comte de Gloucester et de Hereford, puis Richard de Cornouailles ; 4» Sibile, femme de Guillaume de Ferrières (Ferrers) comte de Derby ; une de ses filles, Agnès, épousa Guillaume de Vescy; 5° Eve, femme de Guillaume de Briouze, eut une fille, Mathilde, qui épousa Roger de Mortimer. Voy. la préface du Liber de Anti(juis légions^ p. xvii et suiv., et le Journal of British archaeol. Association^ V, 197.

au XII* siècle, par Richard de Clare comte de Pembroke, dit « Strongbow »; 2"* le comte gallois de Pembroke; 3" l'office héréditaire de Maréchal d'Angleterre. Ce dernier fut attribué à Hugues Bigod ; Pembroke à Guillaume de Valence ; à la mort du dernier héritier mâle, les cinq filles se partagèrent le Leinster. Gilbert de Clare eut, du chef de sa femme, 1,520 livres, les sept cohéritiers de Sibille de Ferrières chacun 217 livres, les trois cohéritiers d'Eve de Briouze, chacun 506 livres. Quant à la comtesse Âliénor, son douaire avait été constitué surtout en terres irlandaises; mais son beau-frère Richard, qui la détestait, avait vendu les biens de la veuve pour payer les dettes du défunt. Henri 111 dut intervenir : en 12.33, Richard promit de payer à la comtesse une rente annuelle de 400 livres, et le roi promit de convertir cette rente en biens-fonds situés en Angleterre *. Cette dernière promesse ne fut pas réalisée sur-le-champ, elle ne devait même jamais l'être complètement. En 1256, Henri 111 ordonnait à ses shérifis de contraindre les héritiers et héritières de Guillaume le Maréchal à verser au trésor royal la part afférente à chacun, des 400 livres de rente pr(»mis à la comtesse, et que le roi devait payer pour eux depuis sept ans*. Enfin, trois ans après, plusieurs manoirs étaient assignés à Simon de Montfort et à sa femme Aliénor au lieu de la rente annuelle de 400 livres; c'étaient ceux de Gunthorpe et de Kingshay (Nottingham), de Melbourne (Derby), de Dylun, Lugwardine et Mawurdyn (Hereford), de Béer Régis (Dorset), de Redley et Minsterworth (Gloueester), d'Easingwold (York), etc^ Même alors cette question, fasti-

i. Mad. E. Green, Lives of the princesses of England, II, 61. Ces 400 livres n'étaient qu'une maigre indemnité ; les revenus de la comtesse s'élevaient en réalité, paraît-il, à l,30u livres. On lui retenait donc plus des deux tiers de son bien. Ibid.

2. La comtesse de Lincoln devait 1 ,000 marcs ; le comte de Gloueester 426 livres et 1 marc ; Roger de Mortimer et Henri de Bohun, chacun 42 1., 4 s., 5 d. ; le comte de Winchester, Agnès de Vescy, Sibille de Bohun, Renaud de Mohun, Guillaume le Fort, Jeanne, veuve de Jean de Mohun, chacun 60 1., 19 s. Rot. claiM., anno 43, m. 5, dors. Cf. Roberts, Calendar, genealog,, I, 227 (enquête de 1275).

3. Bibl. nat., mss. Clairembault, 1188, p. 12 à 15. Ce vol. contient la copie de six pièces relatives à cette longue discussion ; elles portent la date du 25 juin et du 27 juillet 1259, au moment où le traité de Paris allait définitivement se conclure.

dieuse pour nous, vitale pour le comte de Leicester, n*était pas terminée *, et ne devait l'être jamais.

3 °Si tardive q u'elle ait été , une rente annuelle de 400 livres, soii peut-être plus de 200,000 francs de notre monnaie, venait s'ajouter heureusement aux revenus personnels du comte, qui avait à mener un assez grand train de maison. Encore n'est-ce pas tout : à plusieurs reprises, Henri III avait inféodé à son beau-frère des châteaux et des manoirs, donné des pensions, fait des présents de nature diverse *, conféré des privilèges. Parmi les manoirs, nous trouvons Chawton et Odiham au comté de Southampton (Hauts), Hungerford, Compton, Colingburn au comté de Wilts, Éenilworth au comté de Warwick*. Plusieurs de ces manoirs étaient importants surtout par la forteresse qui les défendait. Les châteaux fortifiés étaient à cette époque relativement peu nombreux en Angleterre : les premiers rois normands en avaient fait abattre le plus grand nombre, et si, profitant des troubles qui désolèrent l'Angleterre pendant la guerre de succession entre Etienne et Mathilde, la noblesse, petite ou grande, avait relevé ces murailles, Henri II avait repris avec autant de succès que d'énergie les plans de ses prédécesseurs ; dès lors on n'eut plus de châteaux que par Tautorisation expresse ou tacite du souverain. A cet égard, Simon de Montfort était bien partagé : outre le château de Leicester, il avait à Kenilworth et à Odiham des forteresses de premier ordre; Odiham, avec son donjon octogonal, dont les murailles étaient épaisses de dix pieds et hautes de soixante *; Kenilworth, citadelle plus redoutable encore, construite au bord d'un étang dont les eaux étaient assez profondes pour rendre l'approche très périlleuse, et la défense facile* : Henri III devait en faire un jour la cruelle

i. Voy. Shirley, Royal letters, II, 393.

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