‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 52 sur 232 · Voir plus haut, p. 25 et · texte numérisé non relu

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3. En 1244, le roi donne à S. de M. la garde (commisit) du château de Kenilworth c ad placitum régis ». Rot. pat.^ anno 28, m. 8, n*» 10. — Le 9 novembre 1253, il donne à S. de M. et à sa femme, Aliénor, le manoir d'Odiham et le château de Kenilworth pour leur vie durant. Pat. et ckart. Vase, anno 38, m. 17 ; cf. à la Bibl. nat. mss. Moreau, vol. 686, p. 94.

4. Voy. la description, le plan et l'histoire de ce château par G.-T. Clark, dans VÂrchaeologtcalJournal, t. XXIX, p. 331.

5. Vgyez-en la description, le plan et l'histoire, par le même ; ibid.,

Ch. Bémont. Simon de Montfort» 5

expérience. C'est dans cette dernière demeure que le comte et la comtesse de Leicester séjournaient le plus souvent. Leicester n'était pas un lieu propre à charmer les loisirs, ni, en cas de guerres intestines, à protéger Tindépendance d'un grand seigneur tel que le sénéchal d'Angleterre beau-frère du roi. Située au milieu d'un pays peu accidenté, la ville est blottie dans un repli de la Soar, rivière large, mais lente et peu profonde. Sur une légère éminence s'élevait le château, dont on montre encore aujourd'hui les restes informes * . Au pied coule la Soar, divisée en deux bras à demi obstrués par les roseaux ; mais il fallait que l'art aidât beaucoup à la nature pour rendre la position vraiment forte. De plus, le maître du château devait s'y sentir à l'étroit : de l'autre côté des murs, se groupaient les maisons de la ville, serrées les unes contre les autres, et dont les habitants n'étaient plus des serfs, mais des bourgeois; au delà de la rivière, l'abbaye possédait en partie la « noble forêt de Leicester » ; les défens étaient pour la plupart inféodés aux bourgeois de la ville. Kenilworth lui offrait au contraire tout ce qui lui manquait à Leicester, un puissant château-fort, isolé, dans une position militaire excellente, au milieu des bois et des eaux. C'est là que son fils aîné était venu au monde, là que la comtesse Aliéner séjournait le plus souvent en l'absence de son mari; là qu'après la bataille de Lewes furent enfermés quelquesuns des plus nobles prisonniers faits à cette fameuse journée, là que l'heureux vainqueur célébra la Noël de 1264 avec une pompe royale ; c'est enfin vers ce château qu'épuisé par sa désastreuse campagne en Galles (1265), il se dirigeait, quand il fut vaincu et tué à Evesham, et c'est là que les derniers partisans du comte trouvèrent un refuge dont la famine seule put les obUger d'ouvrir les portes.

Simon disposait enfin d'un certain nombre de revenus particuliers. Peut-être percevait-il, comme la plupart des

t. XXXII, p. 55. — Cf. Green, Liveîi of the princesses of England, II,

1. La grande salle (hall) a seule subsisté dans son ancienne forme ; elle est aujourd'hui occupée par les cours de justice ; un simple boulingrin marque l'emplacement du donjon; entre la salle et le donjon, règne un vaste cellier souterrain, destmé à contenir les provisions du château ; une porte étroite et basse, quelques débris de remparts, sont tout ce qui reste des défenses.

comtes, le tiers-denier, c'est-à-dire la troisième partie des émoluments de justice du comté. Mais il avait aussi des revenus extraordinaires. On sait ce qu'on entendait alors par le mot d'échoites [escaetae, escheats) : c'est toute sorte de biens, meubles ou immeubles, qui, par suite de délit, de forfaiture de vassal ou pour tout autre cause, tombaient, étaient dévolus au fisc royal*. Le roi en disposait souvent en faveur de certaines personnes qu'il voulait récompenser, honorer ou satisfaire. C'est ainsi qu'il assigna au comte les revenus des terres des Normands qui étaient situées dans l'honneur de Leicester*. Dès 1232, il confirmait en sa faveur la concession qui lui avait été faite par les exécuteurs du testament de Ranulf comte de Chester, du manoir de Dodford (Worcester), à tenir jusqu'à la majorité du fils et héritier de W. de Caisnes'. En 1245, il lui donnait la garde d'un jeune fils et héritier d'un des principaux barons du nord de l'Angleterre, Guillaume d'Umfraville avec le droit de marier cet héritier*, les avoueries des églises, les fiefs de chevaliers, et toutes autres dépendances et échoites appartenant à cette garde, sauf un douaire raisonnable*^ pour la veuve du défunt*.

Il ne suffirait pas d'énumérer, quand même on pourrait le faire d'une manière complète, les rentes, fiefs et domaines possédés par le comte de Leicester ; il serait encore intéressant de savoir comment il administrait cette grande fortune, qui était surtout une fortune territoriale; la possession de la terre était en effet pour le seigneur féodal la source, non seulement de sa richesse, mais aussi de sa puissance politique. Ici encore, il faut se résigner d'avance à ignorer, à moins d'emprunter les enseignements néces-

i. Ducange, v« Escaeta.

'2. Shirley, R, lellers, II, 380.

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