Histoire littéraire de la France^ t. XIX, p. 38 et suiv
3. « A tous ceaus qui ces lettres verront, seur Guie prieuse, et lou covent des sereurs de l'ordre de Saint-Dominique delez Montargis, saluzen nostre Seigneur. Sachiez que nous avons receu de monsegneur Amarri de Montfort, trésorier de Eurwyck (i.e York) une Summe de vices et de vertuz qui fu a mon seigneur lou conte de Leycestre son père ; et premetons en bone foy que nos la garderons por li, et a 11 la rendrons la ou il voudra, à son mandement, quand il li plera »
18 mars 1270, n. st. Clairembault, 1188, p. 29 verso. — Sur G. Perrault,
Les souvenirs d'enfance et de jeunesse furent, on peut le croire, la principale raison qui lia le comte aux Dominicains. Ces moines prêcheurs et inquisiteurs avaient été les plus zélés auxiliaires de son père dans le Languedoc; ils l'avaient peut-être élevé lui-même. L'église des chanoinesses de Saint-Dominique à Montargis était le lieu de sépulture préféré de sa famille, qui avait fondé la maison; c'est là qu'après la mort de son mari et la ruine de ses espérances, la comtesse Aliéner alla chercher un refuge, et qu'elle trouva le repos éternel'. Ses rapports avec les Franciscains s'expliqueraient plutôt par l'amitié que, de bonne heure, Adam de Marsh et Robert Grossetête vouèrent au comte de Leicester.
Simon de Montfort connut Robert dès son arrivée en Angleterre. A cette époque, le futur évêque de Lincoln était archidiacre de Leicester. A la fin de 1232, il résigna cet office malgré les conseils de ses amis. Savant remarquable pour son temps, écrivain fécond et varié, prêtre d'une vie exemplaire, il parvint en 1235 à l'épiscopat, et fut l'honneur de son ordre. C'est sans doute par l'intermédiaire de l'évêque de Lincoln, que Simon entra en relations avec plusieurs des esprits les plus distingués de l'Angleterre : avec Adam de Marsh, le célèbre professeur d'Oxford, avec Jean de Basingstoke, archidiacre de Leicester (mort en 1252), un des rares érudits du xiii* siècle qui, comme Robert Grossetête, sût le grec* (il l'avait appris, dit-on, à Athènes même), avec Guillaume de Nottingham, général [minister) des Franciscains; avec Guillaume de Chanteloup, évêque de Worcester, qui fut toute sa vie son plus fidèle partisan ^
De toutes ces amitiés, c'est celle d'Adam de Marsh où il nous est le moins difficile de pénétrer. Sa correspondance
mort vers 1275 (?), voy. Histoire liuéraire de la France^ XIX, p. 309 ; sur Jean le Gallois, Charma, Mémoires de la Soc. des Antiq, de Normandie^ t. XIX, p. 39 et suiv.