‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 74 sur 232 · Wendover-Paris, III · texte numérisé non relu

Wendover-Paris, III

Ch, BiMORT. Simon de Mont fort. 7

L'avènement du roi en Angleterre se présente donc à nous sous la forme d'un contrat entre la nation et le souverain. Le souverain commence par jurer de respecter les privilèges de l'Église et de rendre à tous une exacte justice; c'est seulement après cet engagement solennel que ses sujets jurent de lui être fidèles; l'exemple récent de Jean sans Terre était là pour prouver que l'engagement pris par le roi n'était pas un vain mot. Mais à quoi précisément la parole donnée liait-elle le souverain? Voilà ce que la formule du couronnement ne dit pas.

Sans doute il y avait aussi la grande charte ; elle avait été confirmée, aussitôt après la mort de Jean, par le régent du ro3'^aume, Guillaume, le Grand Maréchal, comte de Pembroke et par les barons restés fidèles au roi, c'est-àdire par ceux-là même qui l'avaient combattue * ; puis elle avait été jurée par Henri III, lors de la retraite de Louis de France * ; enfin confirmée à nouveau et solennellement par lui en 1225, révoquée en 1227, en plein Parlement, lorsque le roi eut atteint sa majorité % rétablie enfin en 1236, quand il eut besoin d'argent. Mais cette nouvelle charte différait de la première sur certains points essentiels. L'acte imposé dans l'île de Runnymede par les barons victorieux à l'incapable Jean sans Terre, le 15 juin 1215, avait mis le roi en tutelle en créant un comité de vingt-cinq membres élus par les barons. Ce comité devait connaître de tous les dénis de justice commis par le roi ou par ses agents, et contraindre le roi, même par la force, à réparer les injustices faites. Quatre membres de ce comité de surveillance avaient l'initiative des mesures à prendre. L'article 61 de la grande charte, qui consacrait ce droit à l'insurrection,

i. Stubbs, II, 21, 22. Select Charters, p. 339 et 344.

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