‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 95 sur 232 · ôïrf., IV, 95, III · texte numérisé non relu

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Ce n'est pas tout : Henri III avait encore d'autres moyens arbitraires, s'ils n'étaient pas contraires aux lois, de se procurer de l'argent. Parfois c'est aux comptables euxmêmes, aux shériffs ou même aux barons de l'Échiquier qu'il fait rendre gorge * ; ou bien il frappe l'industrie et surtout le commerce; il extorque de l'argent, non seulement aux Juifs, mais aux marchands étrangers, lombards et caorsins*, ordonne la vérification des poids et mesures, met des taxes d'exportation sur les laines anglaises, surtout sur celles des Cisterciens. C'est le début des contributiens indirectes, qu'Edouard I" établira bientôt d'une manière définitive; mais spus Henri III elles ne sont encore qu'une ressource extraordinaire, et contre laquelle on ne cesse de protester * ; une nuée de collecteurs d'impôts s'abattait ainsi sur l'Angleterre « qui semblait être revenue aux temps de l'antique anarchie où elle était dévorée par une foule de petits tyrans * » .

Si imparfait que soit ce tableau des finances royales de l'Angleterre vers le milieu du xiii" siècle, il suffît pour montrer que les revenus ordinaires de la royauté étaient insuffisants; que le concours du Parlement était nécessaire, au moins de temps en temps; que, malgré toute la puissance dont le roi pouvait disposer légalement, il était alors obligé de composer avec lui; que, si son pouvoir d'imposer était grand, en droit ou en fait, il avait aussi ses limites. Le malheur est que ces limites étaient toujours posées après un conflit, et que ces conflits devenaient plus aigus de jour en jour. La politique financière de Henri III, comme en général sa politique intérieure, et comme aussi, on le verra, sa politique étrangère, conduisait inévitablement à une révolution.

On n'a pas tout dit, quand on a montré l'organisation et les ressources du pouvoir central, il faut en outre suivre l'action de l'autorité royale dans les comtés. Ici encore la lutte entre la royauté et le peuple va reparaître, mais dans des conditions spéciales et avec un caractère nouveau à cer-

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