‹ Simon de Nantua ou Le Marchand ForainChapitre 11 sur 54 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Conversation de Simon de INantna avec un mendiant, et bonne leçon pour les orgueilleux et les faine'ans.

Nous ne fîmes que passer à Dijon , et nous parlimes de suite pour Seniur. Il y avait quelques heures que nous cheminions sur la grande route , lorsque nous fûmes accostes par un jeune homme d'assez bonne mine , mais fort mal vêtu , qui vint nous demander la charité. Simon de Nautua le regarda d'abord attentivement , et ensuite: — Oh ! oh ! mon ami, lui dit-il, vous faites là un vilain métier à votre âge. Comment donc ! vous êtes grand et fort ; ne pourriez vous travailler, au lieu d'attendre ainsi, sur les grands chemins, les voitures publiques et les piétons , pour les importuner? Savez vous que cela est honteux , quand ou a des bras pour gagner sa vie ?

LE MENDIANT

Je n'ai pas d'ouvrage , mon bon Monsieur.

Et quel métier savez-vous faire ?

LE MENDIANT

J'en sais plusieurs.

Tant pis! il vaut mieux n'en savoir qu'un et le bien savoir, que d'en connaître mal trente-six. C'est peut-être parce que vous en savez trop que vous n'en faites aucun. Quel était l'état de votre père ?

LE MENDIAKT.

Mon père était cordonnier à Nanci.

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