‹ Simon de Nantua ou Le Marchand ForainChapitre 29 sur 54 · SI MO IN' DE IV A NT U A · texte numérisé non relu

SI MO IN' DE IV A NT U A

Pénible, je n'en disconviens pas, mais je ne vois pas qu'elle puisse être inquiétante pour un honnête homme. Il ne faut y voir, mon cher M. Morin, qu'une mission honorable, que vous remplirez d'autant plus scrupuleusement , que vous en aurez mieux senti l'importance et redouté la difficulté. Ecoutez tout avec attention, cherchez à démêler la vérité , sans demander l'avis des autres jurés , car c'est votre jugement seul qui doit vous guider, et ensuite , dites votre opinion, quelle qu'elle soit , sans crainte et sans faiblesse. Vous aurez ainsi rempli l'obligation que la loi vous impose , et vous n'aurez aucun reproche à vous faire,

LE FERMIER MORIN

Vous me rassurez un peu , père Simon.

Cependant, je sens que je ne me défendrai pas d une grande émotion.

Ce n'est pas là non plus ce que je vous dis ; et l'on ne pourrait avoir qu'une fort mauvaise opinion de celui qui s'en irait juger son semblable comme on va à la

foire. Lorsqu'on se rend responsable de l'honneur et de la vie d'un homme, il y a de quoi S8 sentir ému ; mais il ne faut pas se laisser émouvoir au point de ne plus voir clair et de ne plus entendre, car alors on remplirait fort mal son ministère.

LE FERMIER MORITV.

Allons, père Simon , je tâcherai donc de suivre vos conseils, et je vous en remercie.

N'oubliez pas surtout que vous allez remplir un devoir de la plus haute importance, et que le jugement par jury est un des plus grands bienfaits dont le roi nous ait assuré la jouissance, en nous donnant une constitution.

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