ACTE TROISIÈME
Je n'en sais rien.
IRÈNE
C'est \rai... D'ailleurs, si par un hasard extraordinaire, vous le saviez, vous ne le diriez pas...
SIMONE, troublée, vivement.
Pourquoi ?
IRÈNE, avec un regard raiUeusement scrutateur.
Mais... par égard pour votre amie Rose.
SIMONE, amèrement*
Oh! oui.
IRÈNE, même jeu.
Vous êtes toujours dans les meilleurs termes avec elle?
SIMONE, avec effort.
Avec... Rose? sans doute! Pourquoi voudriez-vous que notre amitié se fût altérée ?
IRÈNE
Pour rien. Mais les amitiés entre femmes... On ne sait jamais. Qu'avez-vous ? Vous souffrez ?
Moi?
IRÈNE
Oui, vous avez Fair mal à Taise ?
Je ne suis pas très bien, en effet.
IRENE
Les nerfs, toujours? Prenez ma panacée, mon remède à toute souffrance.
Quel remède?
IRÈNE
La morphine !
La morphine? Ah oui... mais vous savez bien que je ne puis pas m'en procurer.
IRÈNE
C'est-à-dire que Dugast refuse de vous en donner. Mais moi, je vous en ai promis. Et je tiens toujours mes promesses.
Vraiment, vous m'en donnerez ?
IRÈNE
Et pas plus tard que tout de suite.
Ah!
IRÈNE
Vous VOUS demandiez peut-être le but de ma visite. Vous me direz que le plaisir de vous voir en est un... plus que suffisant. C'est vrai... Mais, en réalité, je suis venue pour vous apporter ceci.
Elle tire de sa poche un petit flacon et le donne à Simone. SIMONE, le prenant,
C'est de la morphine ?