‹ Simple récit des évènemens arrivés en Piémont dans les mois de mars et d'avril 1821, par un officier piémontaisChapitre 5 sur 12 · PROCLAMATION · texte numérisé non relu

PROCLAMATION

Depuis qu’il a plu à la divine Providence de nous appeler au gouvernement de nos Etats de terre-ferme , nous n’avons rien négü^ pour faire connoître à nos sujets les sentimens dont notre coeur paternel étoit *«ndraé. Nous avons cherché surtout à conserver parmi eux l’union et la concorde en

(i) On t’étonnera sans doute qu’on ne fit pas contre eux une seconde charge , puisque la première avoit si bien réussi. C’est au ministre de la guerre à répondre. D^iitlenrs , de quoi n’eut-on pas lieu de s’étonner pendant ces trois jours ?

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éloignant avec soin tout ce qui pouvoit fomeoter la haine , le ressentiment et l’esprit de parti.

Nos sujets ont répondu à nos sentimens , et ce n’est pas sans une admiration profonde qui s’étend sur eux et sur nous , que l’Europe a vu la tranquillité de nos provinces au milieu des troubles politiques qui agitent tant d’autres États.

Si l’armée a reçu, au commencemént de notre règne , des marques singulières de notre affection , elle nous a donné en revanche , et nous donne encore des preuves certaines de valeur et de fidélité ; mais le dévoue ment de nos provinces et de nos troupes n’est pas imité aujourd’hui par quelques compagnies de différeus corps qui ont sd>andpnné leurs chefs , et qu'une coap«d>le déso> béissance retient dans la citadelle d’Alexandrie , malgré nos remontrances paternelles.

C’est avec une profonde douleur que nous voyons le précipice où l’obstination de quelques rebelles entraîne notre malheureuse patrie.

Nous remettons la défense de notre cause entre les mains de la Providence , et nous nous recommandons à la fermeté de nos

sujets fidèles. Mais, engagé par notre cons*» cience et le besoin de notre cœur, nous faisons savoir qu’une délibération récente et précise des puissances alliées de Russie , de Prusse et d’Autriche , a déclaré que lesdites puissances n’approuveront jamais les innovations qui tendroient à bouleverser les gouvernemens établis en Europe, et qu’elles réuniront leurs efforts contre de pareils atr tentais.

Ainsi , décidé à ne permettre aucun changement qui occasion neroit une invasion étrangère, et résolu d’éviter par tous les moyens l’effusion du sang de nos sujets , nousdonnons ce soulagement à l’oppression de notre cœur, et faisons savoir à toute l’Europe que la faute en retomberoit sur les destructeurs de l’ordre légitime , si une autre armée que la nôtre se montroit au-delà de nos frontières, ou si jamais ( nous ne pouvons y penser sans horreur) la guerre civile désoloit ces peuples que nous regardons comme une portion de notre famille.

Turin , le la mars i8ai.

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