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ici le rôle d’avocat-gcnéral portant une accusation; mais, tout au contraire, celui d’accusé répondant aux interrogations qu’on lui pose : si j’ai déserté le théâtre avec armes et bagages , ainsi que l'ont fait MM. Soumet, Scribe , Hugo, de Vigny, et, dans les derniers temps, Casimir Delavigne lui-même, je veux prouver que notre désertion vient de ce que le service que nous faisions n’était plus tenable sous un homme comme M. Buloz.
Le jour oit le bruit de la promotion de M. Buloz au commissariat royal se répandit dans le public, j’écrivis à l’un de ses amis logeant dans la même maison que lui, le voyant à toute heure du jour :
« Mon cher B
« Dites de ma part à Buloz que le plus grand malheur qui pouvait arriver à l’art , aux arlis>
aujourd'hai le giniedramatiqoe dea hommci qui, naguère, faiiaient la gloire de notre Ibéètre.
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tes, et peut être même à lui , c'était qu’il fût nommé commissaire du roi.
« Tout à vous,
« Alex. Dumas. »
C’est que je connaissais de longue date M. Buloz, non pas précisément pour un méchant homme, mais pour un homme ignorant, brutal et inintelligent.
Au reste, il esC difficile de mieux choisir la massue avec laquelle on voulait assommer cette littérature vivace, qui avait résisté à tous les interrègnes qui s’étaient succédé au Théâtre* Français depuis le départ de M. Taylor jusqu’à l’entrée en fonctions de M. Buloz.
La France ayant perdu à l’extérieur toute influence politique , ne fallait-il pas aussi, pour que la pensée qui la faisait agir fût conséquente avec elle-même, que la France perdit toute influence littéraire. Le système conservateur du théâtre devait être mis de niveau avec le système conservateur du cabinet.
C’est une singulière aberration d’esprit, ou
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tout au moins un singulier déplacement de mots, n’est-ce pas? que de donnera un pareil système le nom de conservateur ; cela ne ressemble-t-il pas inGniment à ce qui arrive à M. Raoul Rochette, qui a gardé son titre de conservateur des médailles, quoique les médailles aient été volées?
Et lorsqu’on pense cependant que dans chaque ministère qui succède à l’putre , et qui, dans chaque succession , consacre de plus en plus cet abus de mots, il y a toujours, au bas chiffre, un ou deux académiciens qui conservent la langue, comme M. Guizot conserve la dignité nationale, comme M. Buloz conserve la gloire dramatique, comme M. Raoul Rochette a conservé les médailles !
Nous avons dit que M. Buloz était ignorant.
Prouvons.
Un jour, M.le directeur des Beaux-Arts passe dans la rue Richelieu, jette, par hasard,les yeux sur l’affiche du Théâtre-Français, et lit ces mots : CaNNA,
Tragédie en cinq act^ et en vers, de Racine.
by Coo^’
DEUXIÈME LETTBE.
Je ne me trompe pas, c’est bien Racine qae je dis et que je veux dire : c’était imprimé ainsi. Sur quoi cela était-il imprimé? sur l’affiche du Théâtre-Français. Où cette affiche étaitelle collée? à la porte du Théâtre-Français!
Il va sans dire qu’il y avait cinq cents autres affiches pareilles éparpillées sur les murs de la capitale, à des distances plus ou moins rapprochées du susdit théâtre.
La chose parut curieuse à M. le directur des Beaux-Arts. Jusque-là il avait cru que Cinna était de Corneille. Ce qu’il lisait donnait un démenti à toutes ses croyances. Il commença par s’assurer que l’erreur ne venait point de sa mémoire ; puis, il se procura une affiche qu’il colla avec quatre pains à cacheter au milieu de la glace de son cabinet.
Quelques jours s’étaient à peine écoulés, lorsque M. le commissaire du roi vint pour affaires d’administration dans les bureaux de M. le directeur des Beaux-Arts. .
C’était cette visite qu’attendait M. le directeur des Beaux-Arts, et c’est dans cette attente