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CHAPITRE IX

Saumur. — L'École de cavalerie. — Gais souvenirs. — Notre uniforme. — Les képis élevés. — Les piquets du Ghardonnet.

— Les châteaux du voisinage. — La société saumuroise.

— Les fournisseurs. — La quarantaine. — Saumur-revtu. — Nos instructeurs. — Nos écuyers. — Le carrousel de Tours.

— Le départ.

En sortant de Saint-Cyr, j'allai, comme tous mes camarades de la cavalerie, passer un an à Saumur.

Les divers cours de la grande et célèbre École comprenaient alors :

Des lieutenants près de passer capitaines, dits lieutenants d'instruction;

Des sous-lieutenants frais émoulus de Saint-Cyr, dits officiers-élèves;

Des sous-officiers aspirant à l'épaulette, dits élèves-officiers.

Tandis que mes souvenirs de Saint-Cyr restent embrumés de mélancolie, ceux de Saumur, au contraire, sont joyeux comme la mousse légère des petits vins que produisent les coteaux saumurois.

Nous avions beaucoup d'exercices extérieurs, peu de travail, quelque indépendance, et cela, joint à la première joie d'être officier» semblait faire un bonheur complet.

Nous étions au joli temps où .l'on vit à la vanvole sans connaître les luttes pour l'avancement, les jalousies, les intrigues, les espoirs fuyants, les désillusions.

Si nous feuilletions Y Annuaire, c'était pour le seul plaisir de voir nos noms imprimés, et non pour calculer nos chances de carrière, supputer les années qui fuient, pointer les noms des camarades qui restent en arrière, les noms de ceux qui avancent, et commettre à leur encontre soit le péché d'orgueil, soit le péché d'envie.

Nous logions à l'École et devions rentrer à onze heures du soir; mais, par comparaison avec la vie claustrale de Saint-Cyr, cette liberté modeste nous enthousiasmait.

Nos chambres fort simples étaient garnies d'un mobilier sommaire et uniforme que nous pouvions seulement accroître d'un ou deux fauteuils. Les chaises longues avaient encouru des censures spéciales, car, au dire de nos chefs, elles favorisaient l'indolence des paresseux et décevaient le zèle des

travailleurs : on s'y étend pour apprendre le règlement, puis, cédant à leur mollesse et aux vertus spécifiques de la théorie, on s'endort peu à peu!

Nous avions un soldat-ordonnance pour deux et une femme de chambre pour trois. Lui, soignait les chevaux, nettoyait les harnachements, cirait les bottes. Elle, faisait les chambres, entretenait le linge, brossait les effets.

La moitié d'ordonnance gardait quelque docilité, mais le tiers de femme de chambre se montrait indomptable comme une cavale sans frein; car ces braves matrones, épouses ou veuves de cavaliers de manège, professaient la conviction profonde, et raisonnable peut-être, qu'elles connaissaient toutes choses infiniment mieux que nous. Même, quelquesunes, vieilles angevines catholiques, menaient de pair l'entretien du linge et l'enseignement de la morale.

Nous mangions au mess de l'École, comme les officiers du cadre et les lieutenants d'instruction célibataires. Il me semble que la nourriture valait celle de toutes les pensions; mais, tandis que les poulets servis aux autres tables jouissaient d'ailes sans nombre, ceux de nous autres, pauvres souslieutenants, étaient myriapodes et aptères.

Notre tenue, fort seyante, se composait d'un képi rouge à bande bleue, d'une tunique noire, d'une culotte noire ou d'un pantalon rouge, et d'une capote noire en hiver.

Pour le bel air, il fallait que la tunique parût courte comme un veston, la culotte large et bouffante comme une paire de manches à gigot, la capote longue comme une soutane.

Par une obscure loi de compensation, la suppression du petit bicorne légendaire avait amené une surélévation bizarre des képis. Certains semblaient vraiment prodigieux. Nous ne pouvions, à vrai dire, les porter qu'en permission, car le général des Roys, commandant l'École, fort indulgent pour les irrégularités de tenue justifiables par une raison de commodité ou d'usage, dardait toutes ses foudres sur les hauts képis.

Un de mes camarades, le sous-lieutenant L. ... en avait commandé un vraiment admirable, plus haut qu'un hennin et plus souple qu'un gant. Comme le chapelier Ledain apportait cette merveille à découvert, moitié par difficulté de trouver une enveloppe adéquate à ses dimensions et moitié par plaisir d'en donner l'admiration aux passants, il rencontra le commandant de Bourdon.

— Qu'est cela? fit l'officier supérieur, avec un haut le corps que Ledain crut admiratif.

— Un képi que j'apporte à M. le sous-lieutenant L.... répliqua Ledain, en faisant tourner sur son poing gauche la haute coiffure qu'il caressait de la main droite et des yeux. Mais excusez-moi, mon commandant : M. L.... attend son képi pour partir en permission.

— En permission ! en permission! gronda le commandant suffoqué. Inutile de tant vous dépécher.

Et, sans plus attendre, il mit le pauvre L.... aux arrêts pour un képi qu'il n'avait pas porté, qu'il n'avait pas même vu dans la splendeur de son achèvement.

Devant l'École s'étendait le Ghardonnet, vaste carrière dont le sol a le singulier privilège géologique de paraître boueux et sableux à la fois.

Chaque jour, au début de l'année, nous y travaillions à cheval sur des rectangles limités par des piquets portatifs, sortes de hautes cannes amenuisées par le bout inférieur et fichées dans de petits billots de bois qui les maintenaient verticales.

Le travail achevé, nous rangions les piquets

dans un coin de la carrière jusqu'à l'exercice prochain. )

Un beau soir, je ne sais en quelle année, des élèves facétieux, un peu émoustillés, jetèrent les piquets dans la Loire qui longe le Chardonnet à F opposite de l'École. Le lendemain matin, sur* prise, remue-ménage, investigations vaines parmi les rires sous cape des coupables.

Puis, tandis que toute l'École s'entretenait de l'aventure et que le général perplexe en cherchait le fin mot, il reçut un télégramme ainsi conçu :

c Passons aux Ponts-de-Cé.

« Les Piquets. »

Les piquets télégraphièrent ensuite d'Àncenis, de Nantes, de Saint-Nazaire. Enfin, au bout d'un an, ils câblèrent comme dernières nouvelles :

m Poussés par le gulf-stream, abordons côte Islande.

« Les Piquets. »

Outre sa destination officielle de champ de ma* nœuvre, le Chardonnet était le terrain de par*

cours ordinaire d'un meute hétéroclite venue des quatre coins de la ville. Les plus laids représentants de la race canine s'y réunissaient à plaisir, depuis le grand lévrier russe croisé de Saint-Bernard jusqu'au terrier mâtiné de havanais. Ces animaux vivaient dans une entente passable basée sur un communisme parfait. Ils couchaient à la belle étoile et trouvaient leur pâture quotidienne dans les ordures et les eaux grasses ; parfois aussi des officiers compatissants aumônaient l'abri d'une caisse béante à quelque chienne en gésine, et détournaient pour elle» après chaque repas, une provende d'os et de croquignoles. La joie de la meute était de courir sus aux chevaux échappés jusqu'à leur faire perdre le chemin de l'écurie ; et cette horde aboyante serait devenue véritablement dangereuse si le colonel Danloux, commandant en second, son ennemi implacable, ne l'eût fait décimer par des massacres périodiques.

Le Saumurois regorgeait de châteaux fort hospitaliers, tels que Brézé, au comte de Dreux-Brézé; le Loroux, Étiau, Grange-Marie, aux Maillé; le Bellai, à Xavier Feuillant; et, plus loin, Rocheeotte, où tenait ses assises la marquise douairière de Castellane, née Talleyrand. Fille de la duchesse

de Dino et par conséquent petite-nièce du déplorable prince de Talleyrand, élevée dans la maison de celui-ci, sous ses yeux, Mlle de Talleyrand l'avait assisté pendant ses derniers jours. Grâce à elle et à l'abbé Dupanloup, l'évéque apostat finit sa vie pleine d'honneurs et d'opprobres sinon en immense pécheur repentant, du moins en homme de bonne compagnie. Ce fut une grande affaire dont la gloire, un peu disputée, rejaillit sur le prêtre et sur la jeune fille, sans que Ton pût établir la juste part qu'eurent les éloquentes objurgations de l'un et les douces supplications de l'autre dans la résipiscence du mourant (1).

(1) L'abbé Dupanloup, après avoir raconté la mort du prince de Talleyrand dans des termes empreints d'une extrême miséricorde, termine par ces mots : « Dieu voit le secret des coeurs; mais je lui demande de donner a ceux qui ont cru pouvoir douter de la sincérité de M. de Talleyrand, je demande pour eux, à l'heure de la mort, les sentiments que j'ai vus dans M, de Talleyrand mourant, et dont le souvenir ne s'effacera jamais de ma mémoire. »

Je crois que la marquise de Castellane n'a laissé aucune relation de la mort de son oncle; mais son fils, le marquis de Castellane actuel, a écrit : « M. de Talleyrand avait pu être désarmé par la voix d'une jeune fille; il ne l'aurait pas été par le seul raisonnement; de sorte que l'on peut dire que c'est le charme bien plus que la foi qui le fit passer de ce monde-ci dans l'autre, appuyé sur les bras de la religion. »

U ne m'appartient pas de discuter ces deux opinions ; mais on peut supposer que la difficulté inélégante de mourir en excom-

Entre 1865 et 1880, Mme de Castellane avait compté à Paris parmi les mères de l'Église libérale, puis elle s'était retirée à Rochecotte d'où elle ne bougeait plus guère. Sa bonté, ses belles manières, la grande tenue de sa maison, son excellente cuisine lui donnaient une prééminence dans tous le pays saumurois, et nous la considérions comme la pierre angulaire d'une société, dont sa bellefille, la marquise de Castellane, çée Juigné, était l'étoile.

A Saumur même, sauf les Mayaud, grands fabricants de chapelets, et trois ou quatre familles accueillantes, nos ressources mondaines se bornaient à quelques clubmen d'âges, de conditions, de fortunes variés, mais [tous hommes de sport et d'élégance, qui se réunissaient au cercle Saint- Hubert. On y jouait gros jeu, et les officiers ne fréquentaient guère le cercle, par ordre supérieur ou par raison.

D'ailleurs nous avions, sans le jouer, mille façons aisées de perdre notre argent.

munie et le souci des ennuis qu'une telle mort causerait aux siens, influencèrent surtout les décisions dernières de Talleyrand, car il aimait réellement et beaucoup sa nièce, la duchesse de Dino, et sa petite-nièce, la future marquise de Castellane.

Les marchands saumurois nous offraient tout à crédit, et notre modeste galon valait l'aval d'un puissant banquier. Dire que les règlements finaux se montraient toujours faciles serait un mensonge; mais les commerçants majoraient leurs prix en conséquence et, pour la plupart, gagnaient gros. Du reste, une des caractéristiques de Saumur était l'abondance des comptes ouverts aux officiers partout, même au guichet du pont à péage.

e revois parmi les fournisseurs très connus l'hOtelier-restaurateur Budan; les libraires Javaud et Milon, dont le premier passait pour réactionnaire et le second pour avancé; la belle horlogère, pour qui bien des cœurs imitaient le tic tac de ses pendules ; le pâtissier Palu ; Mme Carabine, la blanchisseuse, que le manque d'un Halévy laissa dans l'obscurité, tandis qu'elle aurait pu atteindre à toute la gloire de Mme Cardinal; l'étonnant fripier Jalemhic, teinté de judaïsme et d'érudition. Il achetait tout, vendait tout, et étalait à sa devanture poussiéreuse une série d'objets disparates, depuis les bottes fatiguées de tel général contemporain jusqu'aux trompettes de Jéricho, en pas sant par le petit chapeau de Napoléon, la selle de la bourrique à Robespierre, la canne de Louis XIV

et la fronde de la duchesse de Longue ville!

Le photographe Coué et un bijoutier que nous appellerons» si vous le voulez, Séraphin, étaient célèbres. C'est à dessein que je rapproche ici leurs noms. Séraphin possédait quatre filles, assez jolies, fort élégantes et singulièrement renchéries. Chaque jour elles se promenaient en file indienne, suivies de la grosse Mme Séraphin. Un officier dessina leur théorie, et ce dessin, photographié, parut en bonne place à la vitrine de Coué. Séraphin outré réclama, plaida, gagna, obtint la saisie de l'image injurieuse et des dommages-intérêts. Mais alors le dessinateur malin figura un nuage épais flottant à mi-mollet de quatre jambes bien faites, suivies par deux lourds poteaux dont les bas laineux tirebouchonnaient sur des souliers plats, éculés, bossues de cors et d'oignons. En haut pointaient quatre aigrettes au profil conquérant devant un marabout fumeux et défrisé comme un panache de corbillard. Séraphin n'osa recommencer l'instance, et cette représentation restreinte et symbolique de sa famille eut un succès prodigieux.

Le grand événement de mon cours à Saumur fut la mise en quarantaine de la ville par l'École. Vers la fin de 1880 ou le commencement de 1881,

le vieux commissaire de police, M. Ours, donna sa démission pour ne pas chasser des religieuses de leur couvent. C'était un excellent homme, plein de tact, sachant à merveille ouvrir l'œil et fermer les yeux. Mille témoignages de sympathie accompagnèrent son départ. Nous boursillâmes entre officiers pour lui donner un souvenir, et il emporta toute notre estime en même temps que tous nos regrets.

Son successeur trouva dès l'abord une situation malaisée qu'il rendit plus difficile encore par quelques impairs. Un soir, comme un sous-lieutenant faisait du bruit au théâtre, il voulut le prendre au collet au lieu d'en référer au capitaine de service. L'officier résista, soutenu par quelques civils qui couvrirent sa retraite, tandis qu'il avait le bon esprit de quitter le théâtre. L'affaire ne semblait pas grave et un peu d'adresse pouvait l'arranger : mais l'air bruissait de fluides électriques et des gaffes furent commises de part et d'autre. Finalement, les lieutenants d'instruction, les officiersélèves et les élèves-officiers s'entendirent pour ne plus faire aucune dépense dans la ville jusqu'au départ du commissaire de police malencontreux. Ce fut un désespoir pour les fournisseurs. Budan

pleurait, Javaud gémissait, Palu s'arrachait tant de cheveux que ses crèmes en devenaient arborisées.

Nous tînmes bon quelques semaines, puis les choses finirent par s'arranger; mais le pli resta pris et nous continuâmes par habitude à peu dépenser dans la ville, au grand bénéfice de nos bourses et au grand dam du commerce saumurois.

Un de mes camarades, G. H. de C T ,

conta cette histoire dans une revue fort amusante. La scène était chez Budan, et le couplet suivant revenait en leitmotiv sur un air nouveau quoique peu original :

C'est Budan, le restaurateur, Chez qui l'on Ta faire bombance, Accourez... ceux qui n'ont pas peur (Iris) De la dépen-ense.

Et voilà ce qu'était Saumur. « Mais, va-t-on me dire, vous n'avez pas parlé des cours théoriques et pratiques, des dressages si vantés, des courses, des carrousels, de tout ce qui faisait et fait encore l'universelle renommée de l'école de cavalerie. »

Ehl mon Dieu! si je n'en parle pas, c'est que je n'ai rien à en dire qui n'ait été dit cent fois.

Nos officiers instructeurs connaissaient les règlements de cavalerie dans leurs plus minimes détails,

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leurs moindres colles. A force de les interpréter, d'en raisonner, ils avaient même fini par y trouver beaucoup de choses subtiles auxquelles les auteurs n'avaient certes pas pensé.

Un de mes chefs passait pour être l'homme du monde qui avait le mieux compris la théorie de cavalerie. Avouerai-je que cette appréciation me laissait rêveur et que j'osais me demander si les auteurs de cette théorie ne l'avaient pas comprise encore mieux?

Quant aux écuyers, ils montaient à ravir, suivant des méthodes habiles qui amenaient beaucoup de chevaux à un dressage admirable et quelques-uns à une prodigieuse rétivité. Mais, en éducation chevaline comme en éducation humaine, les meilleurs maîtres n'ont-ils pas des insuccès? Bossuet et le duc de Montausier manquèrent l'éducation du grand Dauphin, et Condillac ne réussit guère mieux celle de son prince de Parme.

Je me souviens que nous allâmes donner un carrousel à Tours au profit d'oeuvres charitables. L'entrée coûtait cinq francs. Comme je suivais la rue Nationale en grande tenue, prêt à monter à cheval, j'entendis un ouvrier dire à sa femme :

— Tiens, regarde-moi cet officier qui a un si bel

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uniforme. On ne dirait guère qu'il va monter à cheval pour cent sous.

Ce propos m'a dégoûté pour jamais des exhibitions militaires dans les fêtes payantes. Âjouteraije qu'il m'est revenu à l'esprit, lorsque j'ai vu certains officiers galvauder leurs galons à de bien tristes besognes? D'eux aussi quelque homme du peuple aurait pu dire :

— Regardez ces beaux officiers!...

Le carrousel de Tours me rappelle aussi l'émotion de mon premier billet de logement. Il me conduisit chez le comte Russell-Killough, frère d'un voyageur célèbre que j'avais rencontré naguère à Pau. C'est là que je goûtai pour la première fois le charme du hasard qui vous guide chaque jour vers une demeure nouvelle et vous assied chaque soir en hôte et en ami près d'un foyer inconnu. Chez les pauvres comme chez les riches, le militaire trouve bon accueil. À lui toujours la meilleure place et parfois des attentions presque maternelles si le fils de la maison sert également. Quel plaisir lorsqu'un mot ouvre tout à coup des horizons communs entre le passant et ses hôtes! Alors les souvenirs abondent, les pensées volent, la causerie s'anime, devient confiante, et le militaire quitte

en ami ceux qu'il abordait la veille en étranger. La dernière impression que j'emportai de Saumur se résume dans un tohu-bohu de caisses dont l'embâcle interceptait les corridors, un défilé de marchands apportant leurs notes, quelques réflexions classiques sur les régiments que nous venions de choisir par ordre de classement. Ceux qui bénéficiaient de bonnes garnisons se flattaient pour mille raisons que leurs régiments y resteraient toujours, et ceux qui en avaient de médiocres ou de mauvaises se flattaient pour tout autant de raisons que leurs régiments allaient les quitter. Ces deux espérances ne se pouvaient concilier; mais, peu importe : la jeunesse ne raisonne pas ses désirs et voit toujours le monde tourner sur l'orbe qui lui plaît.

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