‹ Simples souvenirs, 1859-1907Chapitre 21 sur 46 · RÉPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

MINISTÈRE des ▲ffaiuks étranoUe» Paris, le 22 juin 1886.

protocolb.

Dans les cérémonies officielles où les missions diplomatiques se présentent en corps, les attachés militaires et navals et leurs adjoints continueront à former un groupe distinct, marchant & la suite du personnel de la mission diplomatique.

Dans toute autre réception où le personnel des missions w: placé par rang individuel :

1° Les officiers généraux accrédités près d'une Ambassade ou d'une Légation en qualité d'attachés militaires ou d'attaches navals, prendront rang de préséance immédiatement après ie chef de l'Ambassade ou de la Légation, quel que soit le gradr diplomatique de ce dernier.

Il ne sera fait exception a cette règle que dans le cas où le secrétaire de l'Ambassade aurait le grade de ministre plénipotentiaire. Dans ce cas, il y aura lieu de s'en référer au pangraphe 3 suivant.

2* L'officier supérieur ou subalterne de la mission militaire prendra rang et préséance immédiatement après le plus élevé

ique, se trouvait marqué entre les premiers et les leuxièmes secrétaires d'ambassade.

Leur correspondance habituelle avec le ministre le la guerre passait par la voie diplomatique et à ïécouvert, bien qu'ils gardassent la faculté de cacheter exceptionnellement une lettre en mettant *ur l'enveloppe : « Pour le ministre de la guerre seul. »

Quant au rôle essentiel des attachés militaires, il est de voir tout ce qui est visible dans le cadre de leurs attributions, mais rien déplus.

En outre ils peuvent, grâce à leur situation en marge de la diplomatie, donner des coups de sonde et tâter les terrains, sans trop engager leur pays. Mais, dans tous les ordres d'idées et dans celui-ci particulièrement, ils doivent suivre les ins-

en grade des fonctionnaires diplomatiques placés sous les ordres du chef de l'Ambassade ou de la Légation.

3° Les attachés militaires adjoints et les attachés navals adjoints,

Les officiers de l'armée de terre et de mer faisant partie d'une ambassade extraordinaire, conjointement avec les fonctionnaires civils,

Seront placés d'après l'ancienneté de grade dans l'ordre indiqué ci-après :

Les généraux de division et vice-amiraux ayant le même rang que les ministres plénipotentiaires de 1" classe;

Les généraux de brigade et contre-amiraux ayant celui des ministres plénipotentiaires de 2* classe;

Etc., etc.; ,

tractions et les intentions de l'ambassadeur ou du ministre plénipotentiaire dont ils dépendent.

Je m'excuse d'insister sur ces considérations. Elles montrent la situation des attachés militaires, leur rôle délicat, et expliquent, sans les justifier d'ailleurs, les tiraillements qui peuvent exister entre eux et les diplomates de carrière.

J'ignore ce qui se passe maintenant, mais je puis bien dire qu'il y a quelque quinze ans ces diplomates ne professaient pas une bienveillance exagérée pour les militaires, que leur uniforme rendait dès l'abord persona grata aux cours étrangères. Quant aux militaires, inhabitués à la vie hors de France, mal ferrés naturellement sur les étiquettes, peu renseignés sur les détours de la diplomatie, prêts à enfler leurs rôles avec une mégalomanie que l'état-major de l'armée ne rabaissait pas toujours suffisamment, certains eurent le pied dans le plat facile, le doigt dans l'œil aisé.

Sans préciser les contentions survenues à diverses reprises entre diplomates de carrière et attachés militaires, on peut dire qu'elles provinrent surtout d'inexpérience à parler le même langage, de malentendus envenimés quelquefois dans le

fond par les premiers et souvent dans la forme par les seconds.

Je m'empresse d'ajouter, pour clore cette digression, que je n'ai jamais eu qu'à me louer — et beaucoup — de M. Harmand, ministre de France au Japon, du comte de Pourtalès-Gorgier, premier secrétaire, qui fit un intérim comme chargé d'affaires, de M. Pichon, ministre de France en Chine, et de tous les diplomates avec lesquels je fus en rapports pendant ma mission en Extrême-Orient. Qu'ils veuillent bien trouver ici, suivant leurs situations, l'hommage de mon respect, l'assurance de mon dévouement, l'expression de mes sentiments affectueux. Je prie même ceux dont j'ai cité les noms d'agréer tout cela, malgré que les temps soient fort changés pour moi.

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