‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 145 sur 219 · CHAPITRE LXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXI

querelle avec Geraud d’Armagnac, comte de Ferenzaque. I] accusa ce dernier d’avoir employé des moyens magiques pour le faire mouir, Suivant les informations, il fut prouvé que Geraud d’Armagnac, « s'étant enfermé dans une chambre du château de la Plume, au mois de mai del’an1400, yavait fait tirer parses écuyers, d’une caisse bien fermée et couverte d’un drap vert, trois images de cire, de trois différentes couleurs, dont l’une était longue, les deux autres plus courtes, enveloppées dans de la toile; qu'après les avoir découvertes, il avait fait apporter un livre devant lui, et que l’ayant pris en ses mains, il avait proposé à Guillaume de Carlat, licencié en droit de Rabasteins, de jurer de le conseiller sur ce qu’il lui demanderait. Guillaume de Carlat, ditun des témoins, voulait excepter la maison d’Armagnac de ce serment, mais le comte Geraud ne lui ayant pas voulu permettre ; il jura de le conseiller envers tous et contre tous. Le comte Geraud lui promit sept mille francs d’or, et lui dit : « Mossen Guillaume, vous êtes présentement sous mon serment. Je cherche la mort de celui qui se fait comte d'Armagnac, et je veux avoir ses biens, sa femme, ses enfans et ses nièces, pour en disposer à mon plaisir; c'est pourquoi j'ai fait

faire ces trois images à Milan, en Lombardie , par des gens habiles, et je vous ordonne de le faire consacrer, au château de Montlezun, par Jean d’Astarac qui demeure à Montgiscard et qui a le livre consacré : je suis assuré qu'il n’y a aucune chose au monde qu'il ne fasse; j'ai fait faire cette image brune contre Bernard d’Armàgnac, et quand elle aura été consacrée et qu'il sera mort, nous yerlons aux autres, comme nous jugerons à propos. » Ce témoin ajouta que Guillaume de Carlat, ayant porté cette image à Jean d’Astarac, il l’avait prié de ne rien entreprendre contre la maison d'Armagnac, que dean d’Astarac l’ayait promis.

Lorsqu'en 1574, on exécuta en place de Grève les gentilshommes Coconas et Lamolle, on trouva sur ce dernier une figure de cire fabri-

quée par un magicien nommé Cosme Ruggieri.

Catherine de Médicis, qui protégeait ce magicien, parce qu'il était de son pays, craignit que cette figure eût été faite pour attenter à la vie de

Charles IX, et qu'en conséquence, le parlement ne le condamnât à mort. Elle écrivit au procureur-général pour s'informer de la vérité. Lamolle avait toujours soutenu que cette figure avait été faite pour se faire aimer d’une grande prineesse : c'était la reine Marguerite. Gependant

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