‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 185 sur 219 · CHAPITRE LXXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXX

Quatorzième attentat.

Au mois de mars 1603, un gentilhomme et un prêtre de Bordeaux conspirèrent la mort du roi : ils avaient pour cela fait fabriquer exprès une arbalète qui avait un pan de long : le maréchal d'Ornano découvrit la conspiration, fit enfermer au Château - Trompette les deux coupables, et envoya l’arbaléte au roi.

Au mois de mai suivant, on rompit également les complots de plusieurs personnes étrangères qui s’assemblaient secrètement dans une maison près de Fontainebleau , qui avait été achetée exprès, On investit la maison , et parmi plusieurs choses suspectes, on trouva une grande quantité de lettres en chiffres.

Quinzieme attentat.

Le 1e octobre suivant, fut pendu, puis brûlé en place de Grève, un nommé François Richard, seigneur de la Voulte, du régiment de Saint-Étienne, en Dauphiné, accusé d’avoir voulu empoisonner le roi. Ce gentilhomme communiqua son projet au duc de Savoie qui l’approuva d'abord; puis voyant qu'il n’était pas homme à venir à bout d’une pareille entreprise, il se décida à sacrifier l’auteur du pro-

jet; il le fit prendre et conduire à Paris, où il fut jugé criminel de lèze-majesté, et puni en conséquence.

Seizième attentat.

Le 19 décembre 1605, Henri IV, en reve-

nant de la chasse ; passait sur les cinq heures

du soir sur le Pont-Neuf. Un procureur de Senlis, nommé Jacques des Isles, se jeta sur le roi, le saisit par son manteau qui était agraffé, et le secouant-avec force, le renversa sur la croupe deson chetal. Les valets de pied coururent sur ce malheureux, qui fut obligé de lâcher prise. Ils le battirent , le fouillérent, et trouvèrent dans sa poche un couteau. Lorsqu'on lui demanda quel était son dessein, il répondit qu'il voulait tuer le roi, parce qu'il possédait injustement son bien, et une grande partie de son royaume ;: puis il ajouta en riant qu'il lui avait fait une “belle peur. Les paroles de cet homme firent croire qu'il était fou : les informations que l’on prit alors, confirmèrent cette opinion. Néanmoins on procéda contre lui, et on voulait-le faire exécuter comme criminel de lèze-majesté, parce qu'on disait que la graine de ces foux-là n’était pas de garde ; et que leurs folies étaient par trop dangereuses et

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