CHAPITRE LXXXI
éclairé sur ses propres intérêts, la nation aurait eu encore à rougir de nouveaux massacres; et les habitans de la capitale eussent encore été victimes de l'ambition de quelques particuliers. Ainsi, pour jouir pendant quelques années d’une puissance onéreuse, chancelante et souvent fatale, un homme, de ceux qu’on a la bonhomie d'appeler grands, si les circonstances semblent favoriser ses projets, profitera des erreurs du peuple pour anéantir ce peuple ; sacrifiera, non ses devoirs, les ambitieux n’en connaissent point, mais le bonheur et l’existence d’une génération entière. [1 détruira, il ravagera tout ce qu'il était obligé de conserver, de protéger ; pour soutenir quelques instans sa fortune agitée, il égorgera des milliers de ci-
toyens. C’est ce que le duc d’Epernon aurait pu
faire, si le fanatisme du peuple eût secondé ses projets criminels et ambitieux.