CHAPITRE LXXXIV
premiers rôles. M. Dreux du Radier, dans ses Récréations historiques, dit que l’Heptameron, où les nouvelles de la reine de Navarre, aïeule d'Henri IV, offre l’image la plus fidèle des règnes de Louis XII et de François [*. « Il ne » faut pas prendre, dit-il, pour des contes imagi- » nés, les récits de cette princesse ; ils sont en- »tièrement ou presqu'’entièrement historiques, »et il serait aisé de le prouver avec quelques » observations sur chaque nouvelle. » Il ajoute que ce qu’on y dit des désordres du clergé, et surtout des moines de ce temps, n’est que trop véritable. Il assure que l'aventure des cordeliers de Catalogne; qui percevaient la dîme sur les plaisirs matrimoniaux, ne doit point être regardée comme une fable, et qu’elle est confrmée par des auteurs très-graves (1). Chasseneux, dans son commentaire sur la coutume de Bourgogne, sur les droits appartenans à gens
‘Tout le monde connaît cette aventure singulière, si agréablement contée par La Fontaine, et qu’il commence ainsi :
Je vous veux conter la besogne
Des cordeliers de Catalogne ;
Besogne où ces frères en Dieu Témoignèrent en certain lieu
Une charité si fervente,
Que mainte femme en fut contente, etc.
mariés, article premier, en parlant du pouvoir du mari sur la femme, pose quelques espèces, et décide, d’après les canonistes, qu'une femme qui se couperait les cheveux par dévotion, malgré son mari, est excommuniée ; qu'elle ne pourrait pas faire vœu de ne jamais ôter sa chemise dans le lit : Ce sont-là , dit-il, de ces fantaisies auxquelles il est bien difficile de remédier, et si une femme s'avisait DE FAIRE VOŒU d’aller chaque four chez un chanoine, ou chez un autre prêtre, il faudrait bien prendre patience, parce que ce serail par motif de religion qu’elle le ferait, c’està-dire, pour aller à confesse ; or, il n’est pas défendu d’aller souvent à confesse.
Le grave commentateur ajoute que ces dévotions ont été dangereuses de tous temps; il en cite plusieurs exemples, et surtout celui rapporté dans le supplément def chroniques de Plulippe de Bergame, où l’on peint les fourberies des moines appelés Fraticelli, qui, sous prétexte de religion, abusaient des femmes, et se livraient avec elles à la débauche.
M. Dreux du Radier cite encore Rofred de Benevent, qui, dans ses livres du droit canonique, au titre de Decimis, parle d’une femme
qui réservait la dîime du plaisir conjugal à son
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