‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 212 sur 219 · CHAPITRE LXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXV

interposa son autorité ; les cordeliers bravaient tout. Lorsqu'enfin les religieuses , de concert avec ce prélat, publièrent un factum dont-nous allons donner une idée , et où se trouvent dévoilés tous les mystères de la galanterie claustrale; mystères que, sans cette querelle, l'œil des profanes n'aurait peut-être jamais pénétrésii

Les religieuses, après avoir proposé leur intention de rentrersous laconduiteetla direction de l'archevêque de Sens, après avoir prouvé, avec beaucoup d’érudition, que la surveillance des monastères appartient de droit aux évêques, et après avoir répondu aux bulles, signifiées par les cordeliers, sur lesquelles ils appuyaient leur prétendue juridiction dans le couvent de Sainte-Catherine; elles racontent comment ces cordeliers se sont rendus indignes de les diri-

‘ Sans la persécution du cardinal de Richelieu, on ne se serait jamais douté de ce que les religieuses de Loudun étaient capables de faire. Sans la jalousie de quelques religieuses de Beaumont-lez-Clermont, qui intentèrent un procès à leur abbesse, on n’aurait jamais pensé aux travestissemens secrets, aux intrigues galantes, et à toutes les pratiques mystérieuses et singulières que le cloître peut seul faire imaginer, et que Îles mémoires publiés dans le temps ont mis au grand jour.

ger, et elles rapportent fidèlement les preuves du libertinage que ces pères ont introduit dans leur cloître.

Pour avoir une idée générale de ces déréglemens, « On n'a qu'à 6e figurer, lit-on dans le » factum, tous les inaux que sont capables de » causer les passions humaines, lorsqu'elles sont » couvertes du prétexte de la piété, et qu'elles »abusent des choses les plus saintes, les plus * sacrées, pour se satisfaire, et pour vorrompre, » autant qu'il est en elles, des âmes innocentes; »on n'a qu’à se représenter toutes les manières » les plus honteuses et les plus criminelles dont » On peut se servir pour renverser l'ordre et la » régularité dans une maison religieuse; enfin, »on n'a qu'à s’imaginer tous les abus que des » gens qui ne sont retenus ni par la crainte de » Dieu, ni par celle des hommes, peuvent faire + d’une autorité usurpée , et qu'ils emploient »pour inspirer lé vice, et faire régner le pé- » Ché. »

Voici ce que dit une des religieuses dans sa déposition :

Les confesseurs s’amusatent à caresser les pensonnitres qu’on leur envoyait pour les instruüire

à la suinie communion, ét leur faisaient toutes

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