CHAPITRE LXXXV
sortes de contes ridicules. Quand , par occasion , elles sortaient, et allaient au couvent de ces pêres, ils usaient avec elles de toutes sortes de privautés malséantes, comme pour leur ôter de bonne heure celte pudeur naturelle à notre sexe, afin de se les rendre ensuite plus complaisantes, etc.
La même déposante continue :
Je puis dire, comme en ayant connaissance assurée, que trois novices prêtes à faire profession, ayant été vers le père N..; confesseur, pour être instruites à cette sainte action, il leur fit cent cajoleries, et leur donna à chacune un gage de son amitié, les obligeant de les porter sur elles ; leur conseilla fort de prendre de bons amis , leur disant que cela était commode pour eux , et divertissant pour elles. Il les instruisit de lu manière qu’il se fallait conduire dans ces amutiés. Il er demanda une des trois en particulier, pour luc déclarer l’inclination qu’il avait prise pour elle... Il dit à un autre père, qui trouvait aussi cette novice à son gré, qu’il n’avait rien à y prétendre, qu’il l’avait retenue pour lui, etc.
D'autres religieuses firent à peu près la même déposition sur le même sujet, avec cette diffé rence, que l’une ajoute que, pour avoir journellement ces novices à son parloir, ce père se
plaignait à la mère maîtresse de leur peu de vocation, afin de la déterminer à les lui envoyer plus souvent.
Les cordeliers ne négligeaient aucun genre de séduction pour soumettre à leurs désirs les jeunes religieuses qui résistaient encore. « Leur » passion les a portés, dit le factum, jusqu’à cet » ékcès, qu'ils leur ont donné les Maximes d’'A- » mou, l’École des Filles, le Catéchisme d° A- »mour, qui sont des écrits abominables.. Ils » leur ontmême donné deslivres de magie pleins » de mille curiosités et de mille recherches in- » fâmes et diaboliques, et l’un d’eux a été assez »s brutal pour donner à une fille un chiffre » pour écrire des ordures. »
On les a ouïs, dit une déposante, à la grille, un nombre infint de fois, chanter devant les reli-
gteuses , et leur apprendre des chansons déshon-
nêtes, et on ne pouvait presque y aborder en leur présence qu’on entendit une sottise.
Une fois, en bonne compagnie, sur le refus qu'une religieuse fit de passer ses doigts à un qui les lui demandait, il se moqua fort d’elle, et lux dit qu’elle devait savoir que depuis la ceinture jusqu’en haut elle appartenait tellement au bon ami, qu'on ne devait lui en refuser ni la vue nt l’attouchement. La même déposante ajoute : Nos me-