CHAPITRE LXXXV
»que des oisons, en comparaison des dames » cordelières de...., chez qui dix ou douze cor- » deliers couchaient tous les jours. On leur ci- » tait ensuite les exemples des débauches qui se » faisaient dans les autres maisons de leur or- » dre, pour les obliger à les imitér. On passait » de ces entretiens à des discours plus libres et » plus insolens; on dansait de part et d’autre » aux Chansons, on jetait bas le froc et l’habit » de cordelier, on paraissait avec dés habits de » satin, et des garnitures de rubans de couleur; » quelquefois les Cordeliers passaient leurs ha- » bits aux filles, et les filles les leurs aux corde- »liers. Quelques-unes, à la sollicitation des » pères, $e sont déguisées en séculières, et ont » paru devant eux au parloir, la gorge nue, et » semée de mouche comme le visage , etc... On » jouait en cet état des baisers, aux cartes, et à » d’autres petits jeux, jusqu’à cinq heures du »matin, On rompait les grilles pour exécuter » les choses avec plus de facilité, et l’on passait les jours et les nuits tout entières dans ces » EXETrCICES. »
Les supérieurs et les provinciaux des cordeliers, loin de proscrire ces abus , lorsque dans leurs visites, des religieuses, jalouses ou repentantes, venaient les leur dénoncer, étaient les
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premiers à plaisanter celles qui venaientseplaindre, à les cajoler eux-mêmes si elles étaient jolies , et à les exhorter à prendre chacune un ami. Le provincial N..., dit une religieuse dans sa déposition, donnait des amis à toutes les jeunes professes. Il prêcha à ma profession; il n'appelait sa fille pour cette raison. Il me dit, aussitôt que j'eus fait profession, qu'il me voulait donner un cordelier pour ami, qui était beau garcon,
galant, bien fait, et qu'il me voulait marier avec
lui. Il parlait souvent de ces sortes de mariages.
Pour maintenir cet esprit de galanterie dans le couvent de ces filles, les provinciaux avaient toujours soin de nommer des abbesses et des maîtresses qui pouvaient s’accommoder de cette joyeuse vie. Voilà comme à ce sujet s'explique une des religieuses :
Il ya dix années qu’au temps de l'élection de madame d’Ossonville, premiere abbesse de ce nom, ils firent tous leurs efforts pour mettre en sa place madame..…., qui avait fait le dernier mal avec le père, cordelier….
La sœur N... montrait librement les lettres d'amour qui lui étaient écrites par les cordeliers, racontait tous les songes. qu’ils faisaient pour elle. Elle leur donnait accès dans sa chambre nuit et jour, et pour récompense. .elle fut faite mat-
tresse des novices.