‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 91 sur 219 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

iisme, était curé de Saint-Nicolas-des-Champs, et y fut enterré.

Lorsque Henri IT fit publier l’édit de pacification entre le roi, les huguenots et les catholiques mécontens, Poncet, en prêchant dans l'église de Saint-Sulpice, fit un dialogue trèsplaisant dans lequel il prétendait prouver que l’édit, et ceux qui l'avaient fait, ne valaient rien, et que la guerre était plus profitable œu royaume que la paix.

Après la mort des mignons, Quelus, Maugironet Schomberg , auxquels Henri IIT avait fait faire de superbes funérailles, le prédicateur Poncet disait en chaire, qu'il fallait traîner à la voirie Maugiron ‘qui expira en reniant Dieu, et en faire autant à ses compagnons.

Lorsque Henri III eut institué la confrérie des battus ou pénitens, Poncet, qui prêchait le carême à Notre-Dame, dit que c'était la confrérie des hypocrites et des athérstes. « J'ai » été averti, continue-t-il, de bon lieu, qu'hier »soit vendredi, jour de la procession, la bro- » che tournait pour le souper de ces bons pé- » nitens , et qu'après avoir mangé le gras cha- » pon , ils eurent pour collation de nuit, le pe- » tit tendron qu’on leur tenait prêt : ah! mal- » heureux hypocrites, vous vous moquez done

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» de Dieu sous le masque, et portez pour con- »tenance un fouet à votre ceinture; ce n'est » pas là, de par Dieu , où il faudrait le porter, »c'est sur votre dos et vos épaules, et vous » en étriller très-bien ; il n’y à pas un de vous » qui ne l’ait bien gagné. »

Le roi le traita de vieux fou, et le fit conduire à Melun , en son coche, par le chevalier du guet, dans le monastère des Saints-Pères, dont il était religieux. Le duc d’Epernon, avant son départ, lui dit : Monsieur notre maître , on dit que vous faites bien rire les gens à votre sermon, cela n’est guere beau. Poncet répliqua hardiment, &{ ne vient de gens à mon sermon pour rire, s’ils ne sont méchans ou athéistes , et aussi n’en ai-je jamais tant fait rire en ma vie, que vous en avez fait pleurer.

Au bout de quelques mois, le roi le rappela de Melun, et lui enjoignit de ne plus prêcher séditieusement.

Il mourut le 23 novembre 1586, « grande- » ment estimé, dit le Journal de Henri HIT, par- »ce que dans ses sermons , il n'épargnait per- » sonne , et était de bonne vie.»

Il ne suffisait pas aux chefs des ligueurs, d’avoir usurpé l'autorité royale; pour établir leur puissance sur des fondemens plus solides, il

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