‹ Singularités historiques et littérairesChapitre 4 sur 5 · ROSCELIN DE COMPIÈGNE · texte numérisé non relu

ROSCELIN DE COMPIÈGNE

Parmi les docteurs du xi® siècle, Roscelin de Compiëgne est assurément un de ceux qui ont fait le plus de bruit. C'est le maître de Pierre Abélard : c'est un philosophe audacieux, peut-être téméraire; c'est un théologien hérétique. Voilà des titres à sa renommée. Cependant l'histoire de sa vie est obscure. Il disparaît en 4093, après le concile de Soissons, où ses opinions sur la Trinité viennent d'être solennellen^ent condamnées, traverse la iner, et va troubler la ville d'Oxford par ses déclamations contre les mœurs dissolues des clercs bretons. Alors on perd sa trace. Puis on croit le retrouver vers l'année H 21. A cette date il est, dit-on, en France, et il reparait sur la scène, venant publiquement s'inscrire contre la doctrine théologique de son ancien disciple Pierre Abélard. Mais entre ces deux époques, à peine précises, qu'est devenu

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le turbulent chanoine de Compiëgne? On ne le sait. Pour justifier sa théologie devant Gilbert, évéque de Paris, Abélard traite Roscelin avec le plus grand mépris. C'est un faux dialecticien, un faux chrétien. Ce misérable vieillard qui ose élever la voix contre lui, quelle gloire a-t-il épargnée? Il a écrit même contre Robert d'Arbrissel, contre Anselme de Cantorbéry. Expulsé de tant de lieux, où cache-t-ii maintenant sa tête? C'est précisèment la question qui nous intéresse. Il s'est réfugié, dit Abélard, chez certains chanoines de Saint-Martin, qui se fatiguent à le battre de verges, et ne réussissent pas toutefois à dompter par ces justes sévices son humeur obstinément indocile : « Qui ob intemperantiam arrogantm sum ab utroque regno in quo conversatus est, iam Anglorum scilicet quam Francorum, cum summo dedecore expulsus est, et in ipsa, cujus pudore canonicVfS dicitur, B. Martini ecclesia, non nunquam, ut aiunt, a canonicis verberatuss morem solitum serva*

André Duchesne avait avant nous remarqué ce passage Curieux, mais n'avait pas su l'interpréter. Les églises autre-

^Abelardi Epist, ad, C. Parh. episc*, dans ses Œuvres, édit. do M. Cousin, t. II, p. 151.

fois consacrées à Dieu sous le vocable de saint Martio étaient si nombreuses au xii^ siècle! Isolée de tout autre renseignement Tallusion d*Abélard pouvait donc inviter h faire des hypothèses, mais sans en confirmer aucune. Une découverte inattendue nous a fait connaître que Tasile de Roscelin, vaguement désigné par Abélard dans sa lettre |t révéque de Paris, est la célèbre abbaye de Saint-Hartiu de Tours, occupée par des chanoines séculiers dès la un du viir siècle. Cette lumière nous est venue d'une charte que nous avons trouvée dans les papiers de Balu^e, à la Bibliothèque Impériale ^ et que nous avons publiée avec empressement dans le quatorzième volume du Qallia Christiana^.

Hélie, comte du Maine, ayant prétendu, comme aei"* gneur de Chàtaau^u-Loir (fief qu'il avait reçu de sa femme, fille de Gervais), imposer d'onéreuses prestations aux colons de quelque domaine appartenant en ces pa« rages aux chanoines de Saint-Martin, Eudes, leur doyen, envoie plusieurs de ses confrères à Château-du-Loir, où se trouvait le comte, et les charge de le réprimander. Ces réprimandes entendues, Hélie déclare renoncer au droit contesté, et Ton prend acte de sa renonciation.

4 Armoire 3, paquet 2, num. 2.

^ 2 Instrumenta, col. 80.

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Le préambule de ce litre est vraiment singulier. Le voici, traduit en français : « De même qu*on ne peut être » assez fou, assez téméraire, pour ne point reconnaître » en Dieu le créateur de toutes les choses visibles ou invi* » sibles, ainsi Ton ne trouvera personne qui ne proclame » Thomme la plus parfaite de toutes les créatures visibles. » Pour le combler de toutes les grâces de sa miseri- » corde, Dieu, l'universel créateur, lui a dispensé la rai- » son, au moyen de laquelle il pénètre le secret de toutes » les choses, et, de plus, l'âme où se conservent les images » de tous les objets qu'il a distingués. Cependant, comme » par le fait des ébranlements divers qui viennent sans » cesse agiter le monde, et de la mort, à laquelle nul ne » saurait échapper, rien ne peut être éternellement con^ » serve par la mémoire seule, le genre humain , voulant » transmettre certaines choses à la troisième génération, à » la quatrième, aux âges les plus lointains, comprit qu'il » ne pouvait sauver de l'oubli ce qui se dit et ce qui se fait » autrement que par l'écriture. » Voilà, certes, un début bien solennel pour introduire une aussi médiocre affaire que celle des colons de la Cour-Canut ^ Mais parmi les té-

* Curia Canucii, et, parmi les témoins, Erchambaudus df Canut. C'est naisemblablement Chenu, près de Cbàteau-da«Loir,égli86 qui avait saint

moins de Tacte se rencontrent deux philosophes, et c*est l'un d'eux peut-être qui Ta rédigé. Ces deux philosophes sont Hildebert de Lavardin et Roscelin de Compiëgne^ Roscelinus de Compendio.

Rencontre bien étrange I Hildebert de Lavardin et Roscelin de Compiègne sont, au commencement du xii® siècle, les porte-enseigne des deux partis les plus opposés. Roscelin a, dit-on, prononcé le dernier mot du nominalisme : Hildebert s'est confiné dans le réalisme le plus absolu. Adversaires déclarés, ils ne s'étaient peut-être jamais vus, avant d'être amenés, l'un en face de l'autre, dans ce coin du Maine, pour témoigner en faveur des colons de Saint-Martin. Mais combien leur fortune est dififérentel Pour avoir scandalisé l'Église par l'audace de ses nouveautés, Roscelin a été chassé d'abord de son école, puis de la France, puis de l'Angleterre, et cet apôtre d'une éternelle doctrine, lointain disciple d'Arislote, précurseur de Guillaume d'Ockam, dissimule tristement sa confusion impénitente sous le modeste habit d'un chanoine souvent flagellé. Pour avoir obstinément défendu la foi des simples, même avec des arguments que condamne

Martin pour patron. M. Cauvin, dans sa Géographie ancienne du Maine, ne notts apprend rien à cet é^ard.

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la droite raison, et qui pourraient être facilement poussés aux conclusions les plus dangereuses, Hildebert de Lavardin a été porté sur le siège épiscopal du Mans, et il se présente au rendez-vous assigné par le doyen de Saint* Martin avec le somptueux équipage qui convient au premier suffragant de Tarchevéque de Tours. Le contraste est éclatant.

Il s'agit maintenant de rechercher la date incertaine de notre document.

Parmi les personnes qu'on y voit nommées figurent Eudes, doyen de «Saint-Martin de Tours, qui poursuit le redressement de Tinjure faite à ses colons, et Geoffroy, doyen de Fégli^e du Mans, qui marche à la suite de son évéque.

On ne sait pas précisément en quelle année Eudes parvint au décanat de Saint-Martin. Quelques annalistes font mourir Pierre de Doué, son prédécesseur, au mois de juillet m2; mais ils se trompent : le dernier acte connu de Pierre de Doué est de Tannée U0\. Quant à Geoffroy, doyen du Mans, frère de Judicael, évéque de Saint-Malo, il quitta son chapitre en l'année 4 m pour monter sur le siège archiépiscopal de Rouen. C'est une date positive, et qui n'est pas contestée.

U est donc désormais acquis à l'histoire que Roscelin

était de retour en France, rejeté par TAngleterre, entre les années H 01 et m 1 , et qu*il avait alors choisi ou bien accepté pour asile Tabbaye de Saint-Martin de Tours.

Cela ne s^accorde' ni avec Topinion* de du Boulay, qui le représente, vers cette époque, parcourant TAquitaine et l'édifiant par ses pieuses prédications; ni avec l'hypothèse de Mabillon, qui croit voir dans Roscelin de Compiègne, en l'année 4 i 06, le successeur de l'abbé Arnoul, à Sainte- Colombe de Sens: mais, ce qui importe davantage, notre découverte vient en confirmer une autre, récemment faite à Munich par M. Sohmeller. Il s'agit d'june lettre pleine d'invectives adressée par Roscelin à Pierre Abélard.

M. Schmeller ayant trouvé cette lettre dans un manuscrit de la grande bibliothèque dont il est un des gardes, l*a publiée le premier. M. Cousin vient de la joindre aux Œuvres d' Abélard ^ Si, dans le volume d'où elle a été tirée, elle ne porte ni le nom de celui qui Ta dictée, ni le nom de celui qui l'a reçue, les personnalités y abondent et déclarent assez les noms absents. Mais n'est-elle pas d'un faussaire? Il y a eu beaucoup trop de faussaires au moyen âge ; on le sait : cependant il ne faut pas, par juste défiance à l'égard des faussaires, douter de tout. Beaucoup

* Àppendix, p. 702.

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de preuves établissent l'authenticité de la pièce publiée par M. Schmeller. Nous en produirons une. Roscelin se plaignant d'une dénonciation rédigée contre lui par Abélard, s'exprime ainsi, au début de son épitre : «La Vérité » dit î Si ton frère a péché contre toi, avertis-lé seul à » seul; s'il ne V écoute pas ^ prends des témoins; si, cela » fait, il continue, avertis VÉglise : et toi, dans Téclat » subit de ta fureur, foulant aux pieds les deux premiers » commandements, tu as sauté d*un bond au troisième, » et tu as fait parvenir à l'éminente, à l'illustre église' de » Saint-Martin de Tours une lettre remplie de calomnies » contre ma personne, une lettre aussi fétide que le vase » immonde d'où elle est sortie....» Or la pièce publiée par U. Schmeller est dans un manuscrit du xiii® siècle. Un faussaire de ce temps aurait certainement ignoré cette circonstance de la vie de Roscelin, dont ne parle aucune chronique, sa retraite à Saint-Martin de ^Tours. La pièce est donc authentique.

Elle est alors d'une très-grande importance, puisqu'elle contient des renseignements nouveaux et dont aucun historien n'a fait encore usage, sur la vie de deux hommes célèbres, Roscelin etÂbélard.

< Comment, écrit Roscelin, peux-tu soutenir que j'aie été » chassé du monde entier, quand Rome» cette capitale du

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» moDde, m*accueille avec faveur, demande avec plus de » faveur à m^entendre, et, m'ayant entendu, me témoigne » une faveur plus grande encore? Sans doute Téglisede » Tours et Téglise de Loches, où si longtemps tu t'es assis » à mes pieds, le moindre des disciples de ton mattre, et » cette église de Besançon, dont je suis un des chanoines, y> ne sont pas hors du monde : or toutes ces églises me » respectent, m'honorent, et, lorsque j'enseigne, prêtent » une oreille complaisante à mes paroles. De la fausseté » manifeste de cette assertion on doit donc conclure que » les autres fables contenues dans ta lettre sont égaley> ment fausses. »

Sur quelles pièces a-t-on jusqu'à ce jour parlé de Roscelin? Plusieurs phrases extraites des lettres, des autres écrits d'Abélard, ont servi de matière & diverses conjectures, et l'on a joint ensuite & ces faits douteux des détails de pure invention, rapportés par des annalistes dépourvus d'autorité. Voici Roscelin racontant lui-même quelques circonstances de sa vie. Sur ce document nouveau contrôlons la plupart des assertions traditionnelles.

Dans ses Annales de Bavière^ Aventin, historien du XV* siècle, fait naître Roscelin en Bretagne : Ru- € celinum Britannum^ magistrum Pétri Abaelardi. » Mais, d^autre part, un chroniqueur anonyme, cité par du

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BoulayS l'appelle Rosceliniis CompendiensiSf Roscelin de Compiègne. Pour mettre d'accord ces deux autorités, André Duchesne suppose donc que Roscelin, né Breton, vint habiter Compiègne, et y fut chanoine*. Cette supposition, qui s'est accréditée, n'a plus de valeur. Roscelin fut, il est vrai, chanoine. A ce titre il put être compté parmi les hôtes de Saint-Martin de Tours. Mais il fut chanoine titulaire de Besançon^ comme il nous l'apprend ici, non de Compiègne. Il est incontestable qu'il se faisait appeler Roscelin de Compiègne. Non-seulement cela nous est attesté par le chroniqueur anonyme, mais Roscelin luimême, lorsqu'il signe la charte du comte Hélie, écrit en toutes lettres Roscelint^s de Compendis. Or, puisque la ville de Compiègne ne fut pas le siège de son canonicat, elle fut le lieu de sa naissance. Cela paraît évident. Aventin nous a donc trompés. Roscelin était Picard.

Mais, pour des raisons qui nous sont inconnues, il quitta son pays natal, et vint en Bourgogne, où son mérite éminent le fit pourvoir d'un bénéfice, soit dans le chapitre métropolitain de Besançon, soit dans une des collégiales de cette ville, si riche en clercs de tout ordre. Et c'est là

1 Ândr. Quercetani Notœ in epist* Abœtardi ; 1. 1" de l'édition des Œuvres d'Abélard, par M. Cousin, p. 40.

2 HisU univ. Paris, ^ 1. 1, p. 443.

qu'il proposa sur le mystère de la Trinité Topinion qui fut «)ndamDée parle concile de Soissons. En voici la preuve. Dans son Introduction à la Théologie, Âbélard fait le recensement des docteurs, qui, de son temps, ont professé des doctrines hérétiques, et il en désigne quatre qu'il ne nomme pas, le premier en France, le second en Bourgogne, le troisième en Anjou, le quatrième dans le pays de Bourges. Voici comment il s'exprime sur le second : « Alter très in Deo proprietates, secundum quas très distinguuntur personm^ très essentias ab ipsis personis et ab ipsa divinitatis natura constituit, ut scilicet pater-nitas Deiy ml filiation vel processio, tes qumdam sint tam ab ipsis personis^ quam ab ipso Deo dimrseB * ; » » le second soutient que les trois propriétés, selon les- » quelles on distingue en Dieu trois personnes, sont trois j» essences différentes des personnes elles-mêmes et de la )> nature divine, etc. etc. » Selon Duchesne, qui invoque à ce propos le témoignage de saint Anselme, archevêque de Cantorbéry, il s'agit ici de Roseelin. Les termes employés par saint Anselme pour exprimer la doctrine de Boscelin sur la Trinité sont, en effet, conformes à ceux dont Abélard fait usage en parlant de l'hérétique bour-

^ Œuvres d' Abélard, édit. de M. Cousin, t II, p. 84.

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guignoD. Mais on ne voit pas^ disenl les auteurs de VHistoire Littéravre S que Roscelin ait jamais enseigné dans la Bourgogne. C'est une objection désormais sans valeur, puisque Roscelin lui-même la réfute. La conjecture de Ditchesne jfôt conforme à la vérité.

Roscelin professe donc son erreur à Besançon» dans la ville principale du comté de Bourgogne; et puis cité devant un concile assemblé dans la province qui l'a vu naître, à Soissons, il est condamné. Les ténèbres se dissipant. Nous coYnmençons à connaître la vie de notre docteur. Que cela nous encourage à continuer Texamen de sa lettre.

Ciontre le rapport d'un contemporain, Othon deFreissingen, les auteurs de V Histoire Littéraire* s'efforcent d'établir qu'Abélard n'a pas eu Roscelin pour mattre. M. Cousin maintient le dire du chroniqueur allemand, et le justifie en alléguant le témoignage d'Abéiard. Ce témoignage est aujourd'hui confirmé par celui de Roscelin. Mais en quel lieu, dans quel temps, Abélard fut-il à cette école? On a prétendu que Roscelin, introduit sous le toit seigneurial de Palais, avait été pour Abélard un précepteur domestique. C'est une assertion à bon droit rejetée par

T. Xn,p.l22.

T. IX, p. 859, et t. XU, p. 87

M. de Rémusat. Suivant M. Cousin, Roscelin enseignait probablement àCompiëgne*. Cette supposition ne parait pas mieux fondée. M. de Rémusat remarque qu'Abélard avait à peine atteint sa treizième année lorsque Roscelin fut condamné par le concile de Soissons, et il^st conduit par celte remarque à déclarer qu'Abélard ne peutavoir connu Roscelin qu'après les dernières infortunes de cet infatigable réformateur, c'est-à-dire après son exil d'Angleterre et-son retour en France*. Cela n'est plus douteux. Nous apprenons même de Roscelin, où, r^eté sur la rive française, il obtint un asile, une chaire, réunit autour de cette chaire de nombreux auditeurs, et commença Téducation philosophique d'Abélard. Ce fut dans l'église collégiale de Sainte-Marie de Isoches, à quelques lieues de la Haye, la patrie de Descartes. Et vers quelle année? Au début de sa lettre, Roscelin dit avoir instruit Abélard depuis son enfance jusqu'à sa jeunesse, a puero usque ad juvenem. Or nous connaissons avec certitude la date de la naissance d' Abélard. Né en 4079, il était encore presque enfant en 1 096 et devenait jeune homme en 4 4 00. C'est donc vers celte année 1 096 que dans la petite ville de Loches, en Ton-

A Fragments. Scolastique, p. 133.

Abéiard, 1. 1, p. S.

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raine, le nominalisme, compromis déjà par plnsienrs disgrâces, osait appeler des sentences rendues, et préluder par des escarmouches hardies, téméraires, aux entreprises mieux réglées qui seront plus tard conduites par l'ingrat disciple de Fimpétueux Roscelin, Pierre Abélard.

On hésite à croire que, si peu d*années après le concile de Soissons, Roscelin ait pu résider, enseigner dans la collégiale de Loches, san» avoir fait une paix quelconque avec l'Église. Tout porte donc à supposer que ce voyage à Rome dont nous parle sa lettre eut lieu quelque temps auparavant. Nous tenons du moins pour certain que l'église de Saint-Martin de Tours, qui avait le roi de France pour abbé, ne Taccueillit pas autrement que pénitent et réconcilié.

Il était, avons-nous dit, chez les chanoines de Saint- Martin entre les années H0\ et 1 4 1 r. La lettre découverte par M. Schmeller est à l'adresse d'Abélard, encore moine à Saint-Denis. Comme elle est toutefois antérieure à la condamnation d'Abélard, il convient de lui donner pour date Tannée 1420. Ainsi de Tannée 1096 à Tannée 4120 Roscelin vécut en Touraine.

Par cette dernière date se trouve confirmée Tauthenticité d'.une autre pièce, la lettre d'Abélard à Gilbert, évoque

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de Paris. Roscelin, que Fou a fait mourir beaucoup plus tùlf était encore en 4120, en 4421» un ardent lutteur, qui menaçait Abélard de Taller trouver à Saint-Denis, pour le convaincre de mensonge devant son abbé.Il aura pris ud autre parti } il Faura dénoncé comme hérétique à son év6qU6. Dans Finsigne abbaye de Saint-Martin de Tours, où Béranger ât ses premières études, Roscdin acheva sans doute son enseignement et sa vie. Ces deux noms se rapprochent d'eux-mêmes sous notre plume, et nous rappellent ceux d*Alcuin, de Fridugise, fondateurs de l'école de Saintr-Hartin. Là fut instituée au viii® siècle, la première, ou du moins la plus fameuse de toutes les chaires claustrales, et dans cette chaire parurent au xi® siècle, au XII®, les deux chefs de sectes qui ont le plus troublé la paix des cloîtres !

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