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« Les œufs de fourmis, etc. »
Dans la comparaison empruntée à Bacon, ce grand philosophe ignorait peut-être que les œufs des fourmis ne sont autre chose que leurs larves. Mais on se sert encore aujourd'hui de Texpression qui était en usage alors que tout le monde ignorait ce fait.
ÏII. — Pages 440 et suivahtes.
Circonscrit par le but, les limites et le titre d6^ sa dissertation, sir Charles Bell ne pouvait faire entrer dans son plan ni Tappréciation des travaux d'Harvey que vient de trouver un si habile historien, ni Texamen chimique de la composition du sang, soumise récemment à de nouvelles analyses. Il laisse de côté la des* cription des opinions qu'Harvey eut à réfuter pour affermir la sienne, sans se laisser tenter par Tanalogie de ses propres études et de ses difficultés personnelles ; il néglige de faire la part de Servet, de Colombo, de Carpi, de Fabrice d'Aquapendente, de Vesale, de
GesalpiD, de Bartholin» de Pecquet, d'Aselli, de Malpighi, de Spallanzani^ de tous ceux qui ont concouru plus ou moins directement à préparer ou à compléter la grande découverte de tout le système circulatoire comprenant la circulation dans le cœur, les poumons, les artères, les veines, les vaisseaux capillaires, avec celles du chyle et de la lymphe. Il n'est aucun des ouvrages consacrés à ce sujet quin'ofireun intérêt plein d'attrait, sans exiger du lecteur des études physiolo* giques très-profondes. M. Flourens vous prépare admirablement à cette étude et vous pouvez aborder facilement après lui les divers auteurs que je viens de nommer ou les physiologistes modernes, Blainville , Milne Edwards, Bérard, Poiseuille, Rouanet, Gerdy, Volkmann, Nega, Donders, KôUiker, Brown-Séquard, Draper, Wharton Jones, etc., etc. La plupart de ces auteurs ont été utilement mis à contribution dans le Traité élémentaire de M. J. Béclard, chap. iv, p. 208 à 295. Je lui signale pour sa prochaine édition Thypothèse originale de M. Draper (Human physiology) sur le principe des mouvements du sang. M. Draper prétend que le sang artériel saturé d*oxygène va parcourir de lui-môme les diverses parties du corps à la recherche des particules organiques pour lesquelles il a de Taftinité. Dès que cette affinité est satisfaite, le
MDg devenu veineux est poussa en svânt p«r 1* colonne liquide, qui le suit avec le même besoin à sâtis* faire; c'est donc rartërialisation du sang dans les poumons qui est la cause de la circulation ';
m. — Page 154.
f Le sens musculaire, le cervelet, le principe vital , etc. »
Mes premières études en physiologie sous M. Lordat, Téloquent interprète des doctrines de son maître Barthez, ont peut-être laissé dans mon esprit une sorte de prévention en faveur du Principe vital, accepté tour à tour comme un être de raison, une force vivante ou une intelligence indépendante de Tâme, et je crois bien dans quelques notices lui avoir attribué autrefois quelques-uns des phénomènes auxquels la physiologie a plus récemment rattaché un organe spécial. Telle est la fonction de Téquilibration ou coordination de nos
^ Dans ses livraisons de juin etdejuilletl858,le Blackwood" Magazine vient de publier deux excellents articles sur Thistoire de la circulation et sur la physiologie du sang.
inouYementSt ce sens musculaire si bien défini pdr Charles Bell, si ingénieusement localisé par M. V\o\\* rens. Les objections qu'où oppose encore à M. Flourens et Tabsence de quelques cas pathologiques pour confirmer ses expériences sur les animaux laissent planer peut-être quelque incertitude sur la découverte de Yusage exclusif du cervelet. Un médecin physiologiste du premier ordre, sir Henry HoUand, tout en penchant vers Topinion de M. Flourens, mentionne deux cas négatifs, c'est-à-dire deux cas où Tautopsie ne révéla aucune altération dans le cervelet, quoiqu'un des symptômes les plus saillants de la maladie eût été le trouble ou désordre des mouvements du corps. Sir Henry HoUand se hâte d'ajouter que peut-être certaines altérations du cervelet comme de toutes les parties de Tencéphale échappent encore à l'analyse la plus minutieuse. Qui sait si le principe de la fonction ne réside pas dans un point presque imperceptible de l'organe, que M. Flourens déterminera quelque jour avec la même précision que le nœud vital dans la moelle allongée, dont il a fixé les limites de manière à pouvoir dire que ce point duquel dépend la vie du système nerveux, la vie de l'animal par conséquent, en un seul mot, la vie, n'est pas plus gros quune tête d'épmjle.-^yoiv l'ouvrage intitulé : De la Vie de Un-
teltigencej 1858 S dans lequel M. Flourens a consacré plusieurs pages aux théories de Barthez.
Août 1858. — M. Brown-Séquard semblerait attribuer au docteur Garpenter la première idée de faire du cervelet Torgane spécial du sens dit musculairCf et il ajoute que, dans la dernière édition de sa Physiologie humaine, ce physiologiste anglais explique que le cervelet réagit seulement par une action réflexe sur les impressions qui lui parviennent, sans être lui-même Tinstrument communiquant ces impressions à la conscience. — Dans un autre paragraphe de la leçon où M. Brown-Séquard s'exprime ainsi sans citer ni M. Flourens, ni Hartwig qui soutient en Allemagne la même doctrine, il prétend à son tour que c'est par rirritation qu'ils produisent sur diverses parties de la base de l'encéphale que les maladies du cervelet ou son extirpation chezles animaux causent le désordre de mouvements qu'on a regardé comme dépendant de l'absence d'un organe dirigeant. « Par le fait, dit-il, la moindre irritation des diverses parties de l'encéphale avec la
* Chapters.on mental physiology, by sir Uenry Hollaud ; Londres, 1858,
pointe d'une aiguille peut faire naître à peu près le même désordre de mouvements qui suit l'extirpation du cervelet. . . Chez les oiseaux j'ai prouvé, il y a longtemps, que la simple exposition à Tair du ventricule rhomboïdal du cordon spinal lombaire suffit pour produire dans les membres postérieurs le même trouble dans la démarche qui existe après Textirpation du cervelet. »
Pour résumer ce que j'ai dit dans le texte et ce que j'ajoute ici à propos du principe vital de Barlbez et du sixième sens de Bell, j'avouerai que, selon moi, sur ce thème de discussion les physiologistes ont peut - être trouvé plutôt de nouveaux mots que de nouvelles choses, y compris ceux qui supposent l'existence d'une cérébration qui n'a pas la conscience d'ellemême, comme ils appellent, je crois, une activité intellectuelle du cerveau qui fonctionnerait automatiquement, sans le saiwir ou sans l'attention.