IV. — Pack
« Médecins pécheurs, etc. »
Je sais un docteur non moins amoureux de la pêche que sir Charles Bell, mon confrère le docteur
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Allègre d*Hyères. Ce nom réveille en moi le soutenir d'une année d'études cliniques dtns les bospices de la marine, i Toulon, sous les professeurs Droguet et Fleury, avec nos condisciples Gaymard, Ruy, Mouriés, intelligences d'élite, comme le docteur Allègre. J'ai un peu oublié les leçons, mais non les amitiés de cette année heureuse !
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« Il y avait heureusement pour Charles Bell, etc. »
En écrivant ce paragraphe, je me reportais par la pensée au temps où c'était M. Lordat qui réalisait pour moi Tidéal de renseignement oral. J'aime à extraire d'un ouvrage fait il y a plus de trente ans, en collaboration d'un de mes condisciples (Eug. de Salles), cette espèce de péroraison du cours de seconde année, où iM. Lordat nous exposait le secret de sa méthode et de son talent :
i( Quel est le but d^un cours oral ? Doit-il renfermer tous les principes et tous les faits dont se compose la Mulence qui en est Tobjel? Non, cet ensemble systématique doit se trouver dans un trailé; mais les obligations du professeur ne sont pas celles de r«ut«ur.
(i Geliti-ci ne saurait mieux faire que d'aspirer à rendre superflus tous les livres écrits avant lui sur la même matière ; celui-là fait assez s'il incite à les lire et s'il en rend la lecture facile et proû table.
a L'exactitude et la concision dont les bons auteurs se piquent dans l'exposition des principes sont inséparables d'une sorte d'abstraction et de sécheresse qui peuvent rebuter les commençants. L'enseignement oral doit gagner les esprits à l'étude de ces dogmes, en répandant sur les plus abstraits la clarté que produit la multiplicité des exemples^ nn certain attrait qu'engendre l'accent logique de l'expression et je ne sais quel intérêt séduisant qui naît du commerce immédiat du maître avec ses disciples. L'auteur se contente d'établir les propositions essentielles^ et il omet ce que la réflexion peut suppléer. Le professeur conduit Téléve par la main dans toutes les opérations mentales qui doivent remplir les espaces intermédiaires ; il pense à haute voix, comme l'ouvrier qui dresse un apprenti exécute en sa présence ce qu'il veut lui enseigner avant de lui conGer Tinstrument et de commettre sa^ conduite aux seuls préceptes de l'art.
(( Tous les objets qui entrent dans le domaine d'une science et que l'auteur croit devoir comprendre dans son ouvrage ne sont ni de la même difficulté ni delà même importance pour le but Gnal qu^on se propose en l'écrivant. C'est au professeur de chercher ceux qui ont le plus besoin de ses explications et ceux qu'il sent devoir exercer le plus d'influence sur les progrés futurs de ses disciples.
« C'est encore à lui de suppléer des principes utiles qui ont échappé â l'attention des auditeurs, de discuter les opinions du jour que la célébrité d'un écrivain accrédite, de prévenir le dégoût et la lassitude en changeant de sujet dès que celui qu'il traite commence à fatiguer.
« Des diverses formes dont une idée peut être revêtue, il n'en est aucune qui trouve également accès auprès de tous les esprits. Une expression claire et précise pour Tun est obscure et ambiguë pour l'autre : soit que les mots ne présentent pas à tous la même acception, soit que de grandes différences dans la première culture en aient introduit de pareilles dans renlcndement.
« Or, dans l'enseignement oral, il se tient un véritable colloque où Taudileur s'exprime automatiquement par les traits de son visage, où, sans qu*il le veuille, sa figure décèle Timmobilitc ou Tactivité de son intelligence. Le professeur attentif entend ce langage; il entend jusqu'aux objections qu'on lui oppose, et, en parcourant des yeux son auditoire, il reconnaît la nécessité de reproduire un même dogme sous diverses expressions, de jeter de nouvelles lumières sur ses diverses faces, jusqu'à cequ'un assentiment général lui permette de passer outre. »
N'oublions pas que Técole de Montpellier a produit non-seulement des professeurs idéalistes comme Bar- Ihez, mais encore des anatomistes comme Pecquet, dont la découverte (le réservoir du chyle) ne le cède qu'à celles de Harvey et de Bell. A un professeur de Montpellier, Fuuquet, est dû renseignement clinique médical; à un autre, Pages, l'enseignement clinique chirurgical.