XXVI PRÉFACE DE L'AUTEUR
nents collègues ont dit que sans lui la confédération n'aurait pas été possible. Loin de moi, en disant cela, la pensée de vouloir déprécier les excellentes esquisses biographiques de Cartier qui sont déjà parues. La Vie de Cartier, de A. D. DeCelles, dans la série des " Makers of Canada ", est en particulier une œuvre admirable qui jette le plus grand lustre sur cet écrivain Canadien-Français distingué, à qui l'on doit déjà tant d'ouvrages remarquables. L. T. Turcotte, Benjamin Suite et L. O. David ont aussi écrit d'excellentes analyses de la carrière du grand homme d'Etat canadienfrançais. Mais tous ces écrits, quels qu'en soient les mérites, ne sont après tout que des esquisses de cette grande carrière, car il était impossible, dans les limites assignées à ces historiens, de rendre pleine justice aux événements importants de la carrière de Cartier et à la période de notre histoire avec laquelle il s'est identifié.
Mon principal objet, je ne saurais trop le redire, a été de présenter Cartier comme un grand Canadien, et comme l'un des principaux fondateurs du Dominion, car c'est en reconnaissance des services qu'il a rendus pour l'établissement du Dominion que sa renommée est assurée d'une durée impérissable parmi les Canadiens. La confédération étant donc la grande période de la carrière de Cartier, c'est celle-là qui a reçu ici le plus de considération. Les Canadiens de langue anglaise, en particulier, feront bien, ce semble, de se rappeler la grande part que des Canadiens- Français éminents comme Papineau, LaFontaine et Morin ont prise pour assurer les libertés politiques de tous les Canadiens, et ils devront aussi ne jamais perdre de vue que si ce Dominion existe comme nous le voyons aujourd'hui cela est dû en grande partie à un Canadien-Français qui avait nom George-Etienne Cartier. Tant que subsistera ce Dominion, le nom de Cartier devra vivre à jamais comme étant celui d'un de ses grands fondateurs, d'un homme d'Etat aux aspirations les plus élevées, et aux vues les plus larges et les plus tolérantes, et surtout comme ayant été celui d'un grand Canadien.
Comme cet ouvrage n'est pas destiné à remplacer mais plutôt à complémenter le recueil des " Discours de sir George Cartier," de Joseph Tassé, qui fait le plus grand honneur à la diligence et au discernement de cet éminent journaliste canadien-français, je n'ai pas considéré nécessaire d'alourdir le récit de discours, sauf aux endroits où la chose était essentielle pour mettre le texte plus