LETTRES D APPRECIATION XIII
sur sa nation et dans le pays. tLa nature de cette influence a été souvent mal expliquée. Ce sera votre grand mérite d'avoir représenté ce clergé comme l'un des groupes les plus loyaux de notre peuple. Vous imposez dès lors à l'un de ses humbles chefs un devoir des plus agréables, celui de vous remercier de cette largeur de vues.
Puisse chacun de nos historiens le comprendre, comme chaque page de votre livre témoigne que vous l'avez vous-même compris : le meilleur moyen de consolider le lien qui doit unir les deux éléments fondamentaux du peuple canadien, c'est encore de reconnaître les qualités réelles de chacun d'eux, de ne jamais exagérer leurs défauts, de ne leur prêter aucun travers !
Puisse aussi votre ouvrage, mon cher Monsieur Boyd, accroître dans le cœur de tous vos compatriotes, quelle que soit leur origine, un triple sentiment: une vive admiration pour Cartier, le sens profond du respect qu'ils se doivent réciproquement, le désir ardent de concourir au bien-être de la Confédération !
Je vous remercie de nouveau pour l'hommage que vous m'avez fait de votre livre et je lui souhaite l'abondante diffusion à laquelh vous donnent droit ses qualités littéraires et historiques.
Votre bien dévoué,
f Paue, Arch. de Montréal.
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LETTRE DE SIR LOMER GOUIN, K.C.M.G., Premier Ministre de la Province de Québec.
Québec, 2 février 191 7.
Monsieur John Boyd,
Montréal.
Cher Monsieur Boyd,
C'est une excellente idée que vous avez de publier une version française de votre intéressant travail sur Cartier et je vous en félicite cordialement.
Sir George était un grand Canadien et il est juste que vous fassiez connaître à nos deux races les belles pages que vous avez écrites à son sujet.
La Confédération aura bientôt cinquante ans ; elle est déjà forte et vigoureuse et elle est remplie des plus séduisantes promesses pour l'avenir. Qui pourrait lire sans intérêt la vie de celui qui en fut un des principaux artisans? D'ailleurs, pour ne jamais perdre l'esprit du pacte fédératif, il convient de relire la pensée qui l'a inspiré, et c'est en quoi votre volume sera utile à tous.
Sans cette nouvelle édition que vous vous proposez de publier prochainement, il me semble que votre œuvre n'aurait pas été absolument complète. Cartier était un citoyen britannique d'une indiscutable loyauté, mais il était également français de race et d'éducation. C'est en français surtout qu'il a pensé, qu'il a parlé et qu'il a écrit, et les jolis mots de notre langue sont encore les plus belles pierres que vous puissiez choisir pour le monument que vous élevez à sa mémoire.
Soyez assuré que les Canadiens-Français vous sauront gré d'avoir fait revivre la haute personnalité de leur distingué compatriote dans le langage qui leur tient si cher au cœur.
Veuillez agréer, cher monsieur Boyd, l'expression de mes sentiments bien dévoués.
Lomer Gouin.