‹ Sir George Étienne Cartier, baronnetChapitre 6 sur 66 · PREFACE DE L'AUTEUR POUR L'EDITION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

PREFACE DE L'AUTEUR POUR L'EDITION FRANÇAISE

L'édition française de Cartier, sa Vie et son Temps paraît à une époque de notre histoire où, malheureusement, l'idéal d'un Canada uni, si ardemment caressé par Cartier et les autres pères de la Confédération, semble être d'une réalisation encore très éloignée. La discorde, plutôt que la concorde, règne parmi nous, et de loin comme de près ne nous parviennent que grondements de désunion et de division.

C'est un fait avéré — et tous ceux qui aiment sincèrement leur pays doivent le déplorer au plus haut point — que jamais, depuis l'établissement de la Confédération, les animosités de races et de provinces n'ont été aussi prononcées que dans le moment actuel. La faute ne doit certainement pas, en toute justice, en être attribuée aux Canadiens-Français. On chercherait en vain dans toute notre histoire un seul exemple où les Canadiens- Français aient voulu causer du tort ou des injustices à leurs compatriotes d'autres races et croyances. D'un autre côté, on ne saurait nier que les Canadiens-Français ont été trop souvent en butte aux calomnies et à des attaques injustes, et que l'hostilité que l'on nourrit contre eux en certains quartiers en est arrivée à dégénérer en une campagne systématique de mensonges et de diffamations. Bien plus, on a même été jusqu'à mettre en doute leur loyauté et leur patriotisme.

Comment s'étonner qu'un peuple, et en particulier un peuple aussi fier et aussi sensible que le ipeuple canadien-français, puisse répudier avec indignation de pareilles imputations et ressentir les attaques injustes et ignobles dont eux-mêmes, leurs institutions et leurs coutumes ont été l'objet. Ardemment attachés comme ils le sont à leur terre natale ils s'indignent naturellement et avec raison qu'on puisse les considérer et les traiter comme des parias dans un pays dont leurs ancêtres ont été les découvreurs et les colonisateurs et au développement et à l'édification duquel ils ont eux-mêmes contribué dans une si grande mesure.

Les plus grands ennemis de la Confédération Canadienne, je crois pouvoir l'affirmer, sont ces fanatiques à l'esprit étroit

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