‹ Sir Henry RaeburnChapitre 23 sur 71 · SES PREMIERS OUVRAGES · texte numérisé non relu

SES PREMIERS OUVRAGES

donnait de plus hautes espérances, le présenta à Martin, dans la maison duquel il eut du moins l'occasion de prendre quelque idée de ce qu'on peut faire avec la peinture à l'huile. Il dut s'en rapporter à ses propres observations pour des choses telles que la préparation de la palette, le mélange des teintes et le maniement de la brosse. En tout cela il fit des progrès si rapides qu'il se trouva, n'étant encore qu'un enfant au point de vue légal, en situation de regarder au-delà des arts modestes qui l'avaient jusqu'alors fait vivre, et de se mettre hardiment sur les rangs pour prendre sa part des commandes de portraits que ses concitoyens avaient à donner. Quel fut son succès dans les premières années de son émancipation, il est trop tard maintenant pour le découvrir. On peut assigner à cette première période un petit nombre de portraits, mais pas assez, je crois, pour impliquer une affluence de clients. Ce qui est probable, c'est qu'il demeura avec son frère, versant ses gains au fonds commun, jusqu'à ce qu'un événement eut lieu qui le mit au-dessus des soucis d'argent pour le reste de ses jours, et qui en d'autres choses encore contribua largement à son bonheur. La personnalité de Raeburn déjoue l'examen direct. Elle n'a point laissé de documents. Ils nous faut la deviner d'après la manière d'être des autres, exactement comme l'astronome déduit la nature de quelque corps invisible dans l'espace de son effet sur les corps visibles qui l'avoisinent. Jugé d'après cette méthode, Raeburn semble avoir eu tout ce qu'il faut pour se faire aimer. Tous ses amis l'aidaient dans ses désirs, et plus tard dans la vie nous le trouvons entouré d'affection là où un sentiment plus tiède est de règle. Avant d'avoir cessé d'être un jouvenceau, son charme lui avait conquis la fortune et une femme auprès de laquelle il chercha son réconfort jusqu'à la fin de ses jours.

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