‹ Sir Joshua ReynoldsChapitre 40 sur 123 · J. REYNOLDS · texte numérisé non relu

J. REYNOLDS

En relisant ma lettre, je crois qu'elle demande quelque excuse pour la rudesse apparente du ton dictatorial dont j'ai l'air d'imposer mon avis. Je suis forcé d'écrire en grande hâte, et je n'ai guère le temps de polir mon style.

Après la mort de Barry, on a trouvé dans ses papiers une autre lettre sans signature. Northcote croyait qu'elle avait été écrite en collaboration par Burke et Reynolds ; mais les opinions qui y sont exprimées ne sont guère de nature à exiger le concours de deux personnes :

La peinture de portrait doit être au peintre ce que la connaissance pratique du monde est au poète, pourvu qu'il la considère comme une école grâce à laquelle il acquerra les moyens d'arriver à la perfection dans son art, et non pas comme l'objet de cette perfection. C'est la connaissance pratique du monde qui a donné à la poésie d'Homère et de Shakespeare cette supériorité qu'elle a encore sur toutes les autres œuvres du même genre, et c'est l'attention philosophique apportée à l'imitation de la nature ordinaire — ce qui doit être la tâche de la peinture de portrait — qui a donné aux écoles de Rome et de Bologne leur supériorité sur celle de Florence, si supérieure dans la théorie des arts.

Le ton général de ces lettres fait penser que Barry était redevable à Reynolds, de même qu'à Burke, d'autre chose que de bons conseils. Je ne puis trouver de preuve directe que le Président ait aidé l'étudiant de secours pécuniaires ; mais il est tout à fait inconsistant avec son caractère — du moins d'après l'idée que j'en ai — d'écrire ainsi à quelqu'un qui n'aurait pas été dans l'obligation d'écouter. Barry, bien entendu, ne profita en rien de la sollicitude de Sir Joshua. La Nature lui avait refusé toute capacité de recevoir des avis, ou, plutôt, de voir aucun autre sentier que celui que lui traçaient son intelligence étroite et sa volonté obstinée.

L'année 1770 fut une des moins remarquables de la carrière du peintre. Dans le monde politique elle fut assez orageuse, et il se peut qu'il ait consacré une grosse part de son attention aux aventures de ses amis dans le parti du Gouvernement et dans celui de l'Opposition. C'est l'année de " Wilkes et la Liberté," de la réplique de Beckford au Roi, de la formation du ministère qui devait perdre les colonies d'Amérique. Les événements politiques peuvent expliquer l'absence complète d'hommes d'état dans son atelier. Les séances de pose inscrites au carnet montent seulement à quarante-quatre, tout compté, et si l'on en excepte le Roi, elles ne comprennent pas un seul personnage politique. L'Exposition ouvrit le 24 avril. Les envois de Sir Joshua étaient : Lord Sydney et le Colonel Acland

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