LA FIN DE SA CARRIÈRE
Cupidon et Psyché ; * Miss Gwatkin ; f Mrs. Watson ; } R. B. Sheridan ; § Lord Henry Fitzgerald ; || Lord Lifford ; f Lord Rodney, ** et Lord Vernon.ff Quatre au moins, sur ces onze, doivent figurer dans toute liste des plus belles œuvres de Reynolds ; je veux dire le " Cymon et Iphigénie," le "Robin Goodfellow," la "Simplicité" et le "Lord Lifford." Le tableau du Palais de Buckingham n'a jamais, je crois, reçu l'admiration qu'il mérite. C'est, et de beaucoup, la meilleure des expériences de nu complet faites par Sir Joshua. L'idée première est contrôlée par un goût parfait, la ligne d'arabesque est agréable, et si la sombre couche de vernis à l'huile par laquelle Seguier prétendait le protéger était enlevée, la beauté de sa couleur en sortirait certainement comme d'une exhumation. XX Le " Robin Goodfellow" ou " Puck," comme on l'appelait, a été un des tableaux les plus fameux de Sir Joshua. Rogers raconte que les gens criaient, " Le voilà ! " dans la rue, pendant qu'on l'enlevait de la salle des enchères de Christie, le jour de la vente Boydell, en 1805. Le " Lord Lifford," Chancelier en robe, avec le grand sceau d'Irlande et tout l'attirail d'un portrait de parade, est, dans son genre, un des morceaux les plus satisfaisants qui existent, et le " Sheridan " renouvelle le succès avec lequel le peintre avait réalisé la personnalité de Fox, sept ans auparavant.
La fin de la carrière artistique de Sir Joshua vint avec une abrupte soudaineté. Le 13 juillet il travaillait au portrait d'une jeune fille, lorsque, tout à coup, son œil gauche s'obscurcit au point qu'il dut déposer son pinceau. Il ne le reprit jamais sérieusement. "Toutes les choses ont une fin," dit-il tranquillement; "et je suis arrivé à la mienne." Sa nièce, Mary Palmer, qui avait la curieuse habitude de parler de l'art de son oncle comme si c'eût
* Appartient à Lady Burdett-Coutts, qui en possède aussi l'esquisse.
f Connu sous le nom de " Simplicité." Il en existe de nombreuses copies anciennes, et peutêtre une ou deux répétitions. Lord Tweedmouth a une de ces dernières. Le tableau original est à Waddesdon.
% Au château de Rockingham, Northamptonshire.
§ Possesseur inconnu. Il Possesseur inconnu.
11 Appartenait naguère à l'Hon. Edward Hewitt.
** Au Palais de St. James. tt Possesseur inconnu.
+ + L'histoire que Leslie raconte (Vol. II. pp. 536-7) de sa conversation avec Seguier est incompatible avec l'aspect actuel. Sous le terrible vernis de Seguier— mixture de mastic et d'huile de lin —la peinture est assez propre. La surface doit en avoir été nettoyée avant l'application du vernis. Le sombre voile jaune à travers lequel les charmes d'Iphigénie percent de si touchante façon, est entièrement dû à la présence du lin sur laquelle Seguier comptait pour empêcher les gerçures.
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été un amusement inoffensif, en dehors des affaires sérieuses de la vie,* dit dans une lettre de cette même année : " Il s'amuse quelquefois à nettoyer ou à corriger un tableau, car sa passion dominante persiste dans toute sa force, et il jouit de ses peintures autant que jamais. ... Il prend plaisir à la compagnie, de façon tranquille, et il aime une partie de cartes de même que jadis." La sérénité dans laquelle il passa les années qui lui restaient à vivre ne fut interrompue qu'une seule fois. L'histoire de la misérable querelle qui l'amena à abandonner pour un temps le fauteuil présidentiel de Somerset House a été racontée si souvent et est si peu à l'honneur d'aucun de ceux qu'elle concerne, que je ne me propose nullement de la raconter de nouveau en détail. Voici en gros ce qui arriva. En 1790, il y avait à élire un Associé à l'Académie. Le vote ayant eu lieu, les suffrages se partageaient également entre Sawrey Gilpin et Bonomi, l'architecte italien récemment établi en Angleterre. Reynolds les départagea en donnant sa voix, qui était prépondérante, au dernier, et il se justifia, sans nécessité aucune, en expliquant qu'il avait agi dans l'espoir que, lorsqu'une vacance se présenterait, Bonomi pourrait être promu " aux honneurs complets," et être ainsi rendu éligible à la chaire de professeur de perspective. Les autres membres furent froissés de cette manière de faire qui avait l'air de leur dicter leur conduite, et l'attribuèrent au désir du Président de servir Lord Aylesford, le protecteur de Bonomi. Bientôt après, une vacance se présenta chez les Académiciens. Reynolds fit de son mieux pour Bonomi ; il contribua même à faire étaler un certain nombre des dessins de l'architecte dans la salle où le vote devait avoir lieu. Ceci froissa encore la plupart de ceux qui étaient présents, et il fallut enlever les dessins. L'élection se fit alors, et Fuseli fut préféré à Bonomi par une grande majorité. Sur ce, Sir Joshua résigna la Présidence. Ce sec exposé comprend, je crois, tous les faits sur lesquels les différents récits s'accordent. Il semble que, dans le cours de la querelle, on ait montré un considérable défaut de courtoisie envers Reynolds ; Sir William Chambers, l'esprit dirigeant de l'Académie, prêta au soupçon d'avoir eu peur que Bonomi ne prît trop fermement pied dans sa profession, à lui, Sir William ; et d'un autre côté, Sir Joshua manqua un peu de son tact ordinaire. C'est ce qui appert, je crois, du long mémorandum portant au dos " Satisfaction dans la question Bonomi et la
* En janvier 1786, elle écrivait au même correspondant : " Mon oncle semble plus ensorcelé que jamais par sa palette et ses pinceaux. Il peint du matin au soir," etc.