‹ Sir Robert PeelChapitre 15 sur 67 · RÉFORME PARLEMENTAIRE · texte numérisé non relu

RÉFORME PARLEMENTAIRE

rant tout ce temps, dans toutes les phases de cette grande lutte, M. Peel, devenu sir ItobertPeel depuis la mort de son père, combattit sans relâche la mesure. Ilia combattit comme née sous de mauvais auspices, comme excessive en soi et dénaturant la constitution du pays, comme soutenue par de mauvais moyens. C’était, dit-il, une réforme soulevée en Angleterre par le vent révolutionnaire venu de France, et dont on poursuivait le triomphe en fo- i mentant parmi le peuple les idées, les [lassions, les pratiques révolutionnaires : « Notre jugement est troublé par ce qui vient de se passer chez nos voisins J’admets que leur résistance à un exercice

illégal de l’autorité a été juste ; mais considérez quels effets a sur la prospérité nationale, sur l’industrie, sur le bonheur des familles, la résistance populaire, même juste Ne vous laissez pas en-

traîner par cette excitation momentanée ; ne la prenez pas pour votre seul guide. Tout ce que je vous demande, c’est du temps pour délibérer sur une question si grave Quand le peuple anglais re-

prendra son ferme bon sens, il vous reprochera d’avoir sacrifié la constitution du pays au désir d’exploiter une explosion de sentiments populaires Vous

n’ajoutez pas il l’édifice social une construction nouvelle pour satisfaire aux progrès de ceux qui l’habitent; vous renversez l’ancien édifice pour lui en substituer un nouveau Je combattrai ce bill jus-

qu’au bout, paire que je le crois fatal il notre heureuse forme de gouvernement mixte, fatal à l’autorité de la

SIK KUUEKT PKKL.

chambre des Lords, fatal à cet esprit de suite et de prudence qui a valu à l’Angleterre la confiance du monde, fatal à ces habitudes, à ces pratiques de gouvernement qui, en protégeant efficacement la propriété et la liberté des personnes, ont donné au pouvoir exécutif de cet Etat une vigueur inconnue à

tout autre temps et dans tout autre pays Aucun

intérêt personnel ne dicte ma conduite ; je n’ai point de bourg à défendre ; je n’ai contracté aucune obligation envers les possesseurs de l’influence que cette

mesure veut détruire le demande qu’on ne me

range point parmi les hommes qui tentent de déprécier les classes moyennes de la société dans notre patrie ; je suis moi-même issu de ces classes et fier de leur appartenir. Et bien loin de faire peu de cas de leur intelligence et de leur influence, je vous dis, à vous qui parlez sans cesse d’en appeler au peuple, que si ces classes moyennes ne montraient pas plus de prudence, de jugement et de modération que leurs gouvernants, je désespérerais des destinées de mon pays.... Si le bill proposé par les ministres est adopté, il introduira parmi nous la pire et la plus vile sorte de despotisme, le despotisme des démagogues, le despotisme du journalisme, ce despotisme qui a poussé des contrées voisines, naguère heureuses et florissantes, sur le bord de l’ablme. »

Ce n’était pas dans le seul parti tory que fermentaient ces alarmes ; un des hommes les plus éclairés et les plus considérés de l’Angleterre, whig de principes et spectateur aussi désintéressé qu’attentif de

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