‹ Sir Robert PeelChapitre 26 sur 67 · LES LOIS SUR L’IMPORTATION DES GRAINS (184S · texte numérisé non relu

LES LOIS SUR L’IMPORTATION DES GRAINS (184S

supposent quelques personnes, à l’influence des lois sur les grains... Il tient, selon moi, à d’autres causes qui suffisent à l’expliquer. » Il apporta la même sincérité dans la discussion et dans l’appréciation de la valeur pratique de ses mesures , évidemment perplexe quoique décidé, et très-combattu dans son âme entre son ardent désir d’améliorer le sort des classes ouvrières et les ménagements qu’il voulait garder, non-seulement par prudence parlementaire, mais par justice et nécessité permanente, envers la propriété foncière et l’agriculture nationale : « Il est impossible, dit-il, de ne pas sentir que ceux qui demandent la complète abolition des lois sur les céréales peuvent faire appel à des arguments qui leur donnent de grands avantages; ils peuvent se récrier contre une taxe sur le pain, sur la nourriture du peuple ; ils peuvent dire que cette taxe est établie pour la protection ou au profit d’une classe particulière... Je persiste pourtant dans l’opinion qu’il est de la plus grande importance, pour les intérêts de ce pays, qu’en fait de subsistances vous demeuriez, autant que cela se peut, indépendants des secours étrangers. Je ne veux pas dire absolument indépendants, ce qui est impossible; rien ne serait plus nuisible que de faire naître par les lois cette impression qu’on veut rendre ce pays absolument indépendant de tout secours étranger; ce que je dis, c’est qu’il importe infiniment, dans un pays où le blé est la principale nourriture du laboureur, que si nous avons recours à des blés étrangers, ce soit uniquement pour com-

bler un déficit accidentel, non pour en tirer le fond permanent de notre subsistance... Les droits que je propose sont, à coup sûr, un abaissement considérable de la protection jusqu’ici accordée au cultivateur indigène; et pourtant, s’il y regarde bien, il verra qu’il peut supporter cette réduction et qu’il est encore efficacement protégé Je n’entends pro-

téger spécialement aucune classe; la protection ne peut être soutenue d’après ce principe ; elle doit être d’accord avec le bien général de toutes les classes du pays. Je ne me croirais pas l’ami des agriculteurs si je demandais pour eux une protection dans l’unique

dessein de maintenir leurs revenus Je désavoue

expressément toute intention semblable. Je crois et mes collègues croient qu’il importe infiniment à notre pays, à toutes les classes de la société dans notre pays, que la principale source de leur alimentation réside dans l’agriculture nationale ; et nous croyons en même temps que toute augmentation de prix sur les grains, imposée pour atteindre à ce but, doit être réclamée non comme une prime particulière pour l’agriculture, mais comme une mesure avantageuse

au pays tout entier Telle est la proposition que le

gouvernement de Sa Majesté soumet à la chambre... Le moment me parait bon pour régler cette question. Il n’y a pas au dehors assez de blé disponible pour alarmer ceux qui redoutent un excès d’importation. Pendant le temps qui s’est écoulé depuis la clôture du Parlement, et au milieu de la détresse commerciale, les esprits sont restés, sur cette délicate matière, aussi

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