I.a Guyane
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Calcutta
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Madras
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Cevlan
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Botnbav
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Auatrafie
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Nouvelle-Zélande
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Tasmanie
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Total..
. 16 évôquet».
missionnaires.
3» La Société des Missions baptistes, fondée en 4 792. —Elle avaii en 4846 :
Revenu... 22,586 liv. si. =564,650 fr.
Dépense.. 27,589 liv. si. = 689, 725 fr.
En activité 200 stations et 150 missionnaires , avec un grand nombre d'aides.
Les baptisles ont en outre quatre sociétés de missions spéciales, qui avaient eu 1816 un revenu de .. 11,651 liv. st. =366,350 fr. cl une dépense de 4 1 ,24 0 liv. st.=355,250 fr.
4» La Société des Missions de Londres, fondée en 1795. — Elle avait en 1816 :
Revenu... 79,545 liv. st. = 4, 988 625 fr.
Dépense.. 74,497 liv. st. = 4,862, 425 fr.
Elle entretenait 70 stations et 244 missionnaires.
5° La Société des Missions de l'Eglise anglicane en Afrique et dans l'Orient, fondée en 4800. — Elle avait en 1816 :
Revenu... 406,059 liv. st. =2, 654, 475 fr.
Dépense.. . 96,662 liv. st. =2, 416, 550 fr.
Elle entretenait 4 05 stations et plus de 600 missionnaires.
6° La Société des Missions wesleyennes. Ses travaux ont commencé en 4786; elle a été organisée en 4846. — Elle avait en 1846: Revenu... 412,823 liv. st. =2, 820, 575 fr.
Dépense.. 412,056 liv. st. =2, 801 ,400 fr.
Elle entretenait 263 stations principales, et 364 missionnaires, sans compter un très-grand nombre d'aides-missionnaires, maîtres d'école, etc.
raie des missions protestantes anglaises se sont notablement accrus.
C’était l’une des plus considérables et des plus actives entre ces associations pieuses, la Société des Missions de Londres, qui avait envoyé dans l’ile de Tal'ti ses missionnaires. Ils y résidaient depuis longtemps, travaillant avec ardeur à la conversion et à la civilisation des indigènes. Je dis à la civilisation comme à la conversion. Quand les jésuites s’établirent au Paraguay, ils ne se contentèrent pas de prêcher et de convertir; ils s’appliquèrent à civiliser le nouveau peuple chrétien en le gouvernant. En dépit des dissidences profondes et probablement aussi de l’antipathie qui les séparent des jésuites, les missionnaires protestants ont avec eux, au point de vue social, une remarquable analogie. En portant le christianisme chez les Indiens du Paraguay, les jésuites n’y vinrent pas en simples apôtres , uniquement préoccupés de planter la croix et de semer la parole divine dans un inonde idolâtre; c’était une société organisée, un essaim d’une congrégation ailleurs ancienne et puissante, une grande famille religieuse, selon leur propre langage, qui se transportait au milieu des peuplades sauvages pour les faire vivre sous la loi d’une autorité chrétienne, en même temps qu’elle leur prêchait la foi chrétienne. Avec des principes très-divers, les missions protestantes ont un semblable caractère : ce ne sont pas non plus des individus isolés, exclusivement voués à l’œuvre de l’apostolat chrétien ; ce sont des familles chrétiennes
SIR KOUKItf PE El
qui vout vivre au milieu des païens, et leur enseigner, avec l’autorité de l’exemple comme de la parole, les mœurs chrétiennes, les vertus domestiques chrétiennes, la civilisation chrétienne telle qu’elle s’est développée dans leur patrie. Eux aussi, ils racontent, ils prêchent l’Evangile ; ils meurent, s’il le faut, pour l’Evangile; mais, en attendant le succès ou la mort, ils vivent selon l’Evangile, dans toutes les relations naturelles des hommes, sous les yeux de ces peuples qu’ils veulent lui conquérir. Ce sont des maris et des femmes, des pères et des mères, des parents et des enfants, des frères et des sœurs, des maîtres et des serviteurs chrétiens, en même temps que des missionnaires et des Anglais. Je déteste les comparaisons jalouses : personne ne respecte et n’admire plus que moi les missionnaires catholiques qui vont vivre et mourir seuls dans un monde ennemi, ayant pour unique affaire et pour unique joie la propagation de la foi chrétienne, et pour unique perspective, dans leur austère et solitaire travail, le salut de queU ques pauvres Ames ignorées et la chance du martyre ; mais Dieu a des voies diverses pour ses serviteurs, et la famille missionnaire dans sa vertueuse activité n’est, à coup sûr, ni moins belle à ses yeux, ni moins utile à son service , que le prêtre missionnaire dans son pieux isolement. • .
Les missionnaires anglais étaient à Taïti de véritables magistrats moraux, puissants auprès de la population et de ses chefs, prédicateurs et réformateurs vénérés, jouissant à la fois des succès de la parole et
des plaisirs de la domination. L’établissement du protectorat français leur devait être et leur fut très-amer : c’était un péril pour leur foi, la chute de leur prépondérance et un échec, dans l’Océan Pacifique, pour le nom de leur patrie. Dès que la nouvelle en arriva à Londres, toutes les sociétés de missions s'émurent, tinrent des meetings, envoyèrent des députations au cabinet anglais, à l’ambassadeur de France, déclarant que leur œuvre était compromise dans toute l’Océanie , et demandant que le protectorat commun de l’Angleterre, de la France et des Ktats-l'nis d’Amérique remplaçât, dans Taïti, lp protectorat exclusivement français. Onze des peidtrpaux patrons de ces sociétés, tous hommes considérables par le rang et le caractère, adressèrent à lord Aberdeen une lettre pressante à l’appui de ces réclamations l. L’un d’entre eux, sir George Grey, témoigna l’intention d’interpeller le cabinet dans la chambre des Communes. Le mouvement devient bien plus vif encore quand on apprit, quelques mois après, que ce n’était plus du simple protectorat français qu’il s’agissait ù Taïti, et que l'amiral Dupetit-Thouars avait pris pleine possession de l’He et de la souveraineté. Le parti des saints éclata politiques les
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• Les 'signataires de celte lettre étaient : le inïirq ni s de f.holmondeley, l'évêque de Chester, 1 évéque de Chichesler, le comte de Galloway, lord Bexley, lord Asldey-Cooper (aujourd'hui le comte de Shaflesbury ), lord Sandon (aujourd'hui le comte llarrowby), lord Teignmoulh, sir Geerge Grey, sir Thomas Baring et sir Robert Inglis.
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moins dévots et les plus amis de la France se montrèrent troublés ; sir George Grey interpella sir Robert Peel , «jui répondit en éludant, mais avec une émotion péniblement contenue. Les diplomates étrangers eux-mômes prirent l’affaire en vive sollicitude, la jugeant très-grave : « Taïti, dit l’un d’eux, sera pour le cabinet anglais un plus gros embarras que l’Irlande. » Une extrême froideur, sinon une rupture entre la France et l’Angleterre, en paraissait la conséquence inévitable.
Le cabinet anglais était très-agité. Avant même qu’il bit question de Taïti, à la seule nouvelle de notre occupation des Marquises, il avait vu percer, • parmi ses amis, des symptômes d’humeur et d’inquiétude : « Ceci est une bonté et un danger pour l’Angleterre, » avait dit à lord Aberdeen un homme sérieux. L’hostilité jalouse contre la France n’est plus en Angleterre un sentiment général et permanent, ni qui domine la politique; mais ce sentiment vit toujours dans beaucoup de cœurs anglais, et s’y réveille aisément avec ses susceptibilités, ses aveuglements et ses exigences. Sir Robert Peel, sans les partager, prêtait volontiers l’oreille ces impressions, et en tenait grand compte. Un autre sentiment, la crainte d’être pris pour dupe, le préoccupait vivement lui-même : « Ltait-on bien sûr que l’amiral Dupelit-Thouars n’eût pas agi en vertu d’instructions secrètes du gouvernement français? Ne l’avions-nous pas engagé nous-mêmes à saisir le premier prétexte pour transformer notre protectorat de Taïti en corn-
plète et souveraine possession ? Pourquoi avions-nous dans ces mers-là trois frégates? Elles n’étaient assurément pas nécessaires contre les naturels de Taïli ; nousavions prévu sans doute un conflit plus sérieux.» Lord Aberdeen, pour maintenir entre les deux pays la politique de conciliation et de bonne entente, avait sans cesse à lutter , et contre ces impressions publiques, et contre ces méfiances intérieures; il fallait non-seulement qu’il prévint, de la paît du cabinet, toute résolution, toute démarche brusque ou excessive , mais souvent aussi , et c’était là peut-être son plus difficile soin, qu’il arrêtât sur les lèvres du chef du cabinet les paroles de soupçon ou d’irritation que, dans les entraînements ou les embarras de la discussion au sein de la chambre des Communes, sir Robert était enclin à laisser échapper.
Lord Aberdeen jugeait bien de la situation, et faisait preuve d’autant de sagacité que de prudence. Nous n’avions, et nous n’avions jamais eu, dans cette, affaire, ni dessein secret, ni arrière-pensée, ni désir même au delà de nos actesetde nos paroles. Nous voulions acquérir dans l’Océan-Pacifique un point qui pût être à la fois un lieu de déportation salubre et sûr, et une station de ravitaillement et de refuge pour notre marine marchande, sans nous engager dans les charges et dans les chances d’un grand établissement territorial. Le petit archipel des Marquises paraissait satisfaire à ces conditions; il n’appartenait à nulle autre puissance ; l’amiral Dupetit-Thouars reçut la mission de l’occuper. Il ne s’agissait nullement de Taïli dans
ses instructions, et nous u’avious formé sur cette lie, ui dans le présent, ni dans l’avenir, absolument aucun dessein. Quand nous apprîmes que, quatre mois après l’occupation des Marquises, l’amiral Dupetit- Thouars, à la suite d’incidents compliqués que je n’ai garde de reproduire ici, avait été amené à établir dans Taïti le protectorat français, nous prévîmes, non sans regret, qu’il en pourrait résulter dans nos rapports avec l’Angleterre quelques difficultés, mais nous ratiiiAmes l’acte sans hésiter. De toutes nos raisons, je n’en rappelle qu’une, la raison décisive : le drapeau français venait d’ètre planté dans l’Océanie; nous ne voulûmes pas qu’au moment même de son apparition il y reculât. Nous ne portions atteinte aux droits ni même aux prétentions d’aucun Etat; le traité conclu par l’amiral Dupetit-Thouars, en établissant le protectorat, respectait la souveraineté et les droits intérieurs de la reine de Taïti. Nous dîmes hautement les motifs et les limites de notre résolution. Le cabinet anglais les comprit, et ne réclama point. Nous 'comprimes à notre tour son déplaisir et ses embarras, et nous nous promîmes mutuellement la prudence et les ménagements que se doivent, dans les affaires à la fois petites et délicates , de grands gouvernements qui ne veulent ni faiblir l’un devant l’autre, ni se brouiller pour des misères.
.le dis des misères, et en maintenant ce mol, je l’explique ; je ne voudrais, à aucun prix, être soupçonné de méconnaître la grandeur des intérêts et des sentiments engagés dons cette question , des intérêts
et des sentiments chrétiens. Protestant et ministre d’un roi catholique daiis un pays de liberté religieuse, mais essentiellement catholique, je n’ai jamais cherché à surmonter les difficultés de cette situation qu’en l’acceptant tout entière, et en en remplissant tous les devoirs divers, mais,*à mon sens, point opposés. J’ai gardé hautement ma foi en servant la politique de mon pays: j’ai soutenu librement la politique de mon pays en gardant ma foi. Dans l’all'aire de Taïti, l’épreuve était, pour moi, délicate ; le catholicisme,- le protestantisme et la politique étaient là en présence ; je ine permettrai de rappeler textuellement ici quels principes j’ai invoqués pour concilier leurs droits, non pas après coup, mais au moment même de l’épreuve et pendant le combat : «Ce serait, disais-je le 10 juin 1813 et le 1" mars 184-1 dàns la chambre des Députés, ce serait pour un gouvernement une entreprise insensée, je ne veux pas dire autre chose, que de se charger de faire de la propagande religieuse et d’imposer sa religion par la force, même aux païens... l’Angleterre ne le fait point. 11 ya des missionnaires anglais uniquement préoccupés du désir de répandre le christianisme, et qui, spontanément, librement, à leurs risques et périls , sans aucune intervention du gouvernement anglais, vont promener leur activité et leur dévouement sur la face du monde pour y porter leur foi. Ils ont bien le droit de le faire ; ils ne sont pas le gouvernement de leur pays. Mais ils portent partout où ils pénètrent la foi, 1a langue, le nom,