‹ Sir Robert PeelChapitre 4 sur 67 · SA NAISSANCE (17881 ET SA FAMILI.E · texte numérisé non relu

SA NAISSANCE (17881 ET SA FAMILI.E

Ils se partagent inévitablement entre les deux principes, le mouvement et la résistance. Ce fut en 1789 la fortune de l’Angleterre que, depuis plus d’un siècle, ces deux principes s’y étaient incorporés et organisés dans deux grands partis politiques portés et exercés tour à tour au gouvernement de leur pays. L’exercice contrôlé et contesté du pouvoir enseigne la sagesse, et c’est en gouvernant les antres qu’on apprend le mieux i\ se gouverner soi-mème. Nous avions en France, en 1789, des amis passionnés et des adversaires alarmés de la liberté et du progrès social, les uns et les autres également livrés, sans expérience ni mesure, à leurs désirs ou à leurs terreurs. L’Angleterre avait des whigs et des torys accoutumés ù se régler eux-mêmes en combattant leurs rivaux. L’tjst la liberté politique qui l’a préservée de la révolution.

Né le o février 1788', Robert Peel eut en naissant sa part de cet heureux privilège de son pays; il fut dispensé de choisir lui-même sa foi et son drapeau. Il naquit tory. Non qu’il appartint i\ l’une de ces grandes familles où les opinions et les devoirs politiques se transmettent héréditairement comme une portion des biens et de l’honneur de la maison. Il était issu d’une ancienne famille bourgeoise et saxonne établie d’abord dans le comté d’York, puis dans celui de Lancaster, et adonnée tour à tour à l’agriculture

1 Dans un cottage voisin de Chambcr-hall, maison de son père qui se trouvait dans ce inomml en étal de réparation, — aux environs de Bury, dans le comté de Lancaster.

SIR ROBERT PERL.

et à l’industrie. Son grand-père commença et son père acheva, dans la fabrication des étoffes de coton, une fortune immense ; et lorsqu’en 1 71H) le premier sir Robert l’eel entra pour la première fois dans la chambre des Communes, élu par cette même petite ville de Tamworth qui, depuis cette époque, y a constamment envoyé le père, le (ils et le petit-fils, il était l’un des plus riches comme des plus habiles manufacturiers de l’Angleterre. Aussi honnête que riche, il prit en haine comme en effroi le mouvement révolutionnaire, s’engagea avec passion dans le parti qui le combattait, et mit au service de M. l’itt sa fortune et sa vertu, ses terreurs et son courage. Le 1 1 décembre 175)2, il provoqua dans la ville de Manchester nn grand meetiny de maîtres et d’ouvriers pour former une association vouée au maintien de l’ordre légal et constitutionnel : « Il est temps, dit-il dans cette réunion, que le peuple sorte de sa léthargie, car il y a des incendiaires dans le pays. » Ce peuple conservateur commit, en se dispersant, quelques désordres qui furent vivement dénoncés dans la chambre des Communes par un jeune aristocrate libéral, lord llovvick, depuis lord Grey. M. I'eel soutint les ouvriers ses amis, et sommé de nommer les incendiaires qu’il avait indiqués, il s’en défendit en disant : « Je n’ai fait que crier : Dieu sauve le roi ! » La grande majorité de la population de Manchester se rallia autour de lui, « et cette ville, dit l’un des biographes de son fils, qui avait eu d’abord deux partis, les pittistes et les foxistes, n’en eut

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