‹ Sir Robert PeelChapitre 5 sur 67 · SON EDUCATION · texte numérisé non relu

SON EDUCATION

guère plus qu’un , qui s’appela les royalistes. » Ce n’était pas assez, pour M. Peel, de faire de son fils un tory'; son ambition et sa confiance portaient plus loin : « Il avait, a dit de lui le démagogue Cobbett, le pressentiment qu’il fonderait une famille. » Ce bourgeois enrichi par le travail et l’économie savait faire, pour sa cause, de grands sacrifices, et poursuivre avec patience ses désirs d’élévation pour ses enfants. Il donna un jour 10, (XK) livres sterling (2o0,000 francs dans une souscription ouverte pour soutenir la politique de M. Pitt, et voua pour ainsi dire dés l’enfance son fds à être non-seulement un partisan comme lui, mais un continuateur de M. Pitt, un autre grand ministre au service des principes et des intérêts conservateurs de son pays. Il poursuivait ce désir avec une passion si persévérante que, tous les dimanches, en revenant de l’église, il voulait que l’enfant, debout sur une table, répétât le sermon qu’il venait d’entendre, pensant qu’il ne pouvait lui imposer trop tôt ces forts exercices de la mémoire et de la parole qui aident si efficacement à former les g^rands orateurs. Que de sentiments divers et combattus auraient agité M. Peel s’il eût entrevu dans l’avenir son fils aussi grand, aussi puissant qu’il l’eût jamais osé prétendre, mais faisant souvent de son pouvoir un bien autre usage que son père ne l’eût souhaité! Frappant exemple des combats que se livrent, au sein des familles comme dans l’Etat, l’esprit de tradition et l’esprit de liberté, et aussi des mécomptes qui peuvent s’unir, dans le coeur d’un

SIR ROBERT PE El.

père, aux plus éclatantes satisfactions de l’orgueil paternel !

De très-bonne heure le jeune Peel donna lieu de penser que l’ambition et la confiance de son père ne seraient point déçues. Dans tout le cours de son éducation, au collège de Ilarrow connue à l’université d’Oxford, ses travaux et ses succès firent présager pour lui une brillante destinée : « Peel, l’orateur et l’homme d’Etat, était mon camarade de classe, dit lord Byron dans ses Mémoires ; nous étions bien ensemble Il y a toujours eu sur son compte, parmi

nous tous, maîtres et écoliers, de grandes espérances qu’il n’a point trompées. Dans les études classiques, il m’était très-supérieur ; pour déclamer et comme acteur, j’étais au moins son égal. Hors de l’école et dans notre vie libre, je me mettais toujours dans de grands embarras, lui jamais. Dans l’école, il savait toujours sa leçon , moi rarement ; mais quand je la savais, je la savais presque aussi bien que lui. En instruction générale, en histoire, etc., je crois que je lui étais supérieur, comme à la plupart des garçons de mon temps. » A l’université d’Oxford, lorsqu’il subit les examens exigés pour les grades, le jeune Peel obtint un honneur presque sans exemple, dit-on, le premier rang dans les études mathématiques et physiques aussi bien que dans les études classiques. Dès qu’il sortit de l’université, son père, qui ne voulait pas perdre un jour de l’avenir auquel il aspirait pour lui, s’assura la vacance électorale du bourg de (’.ashel, dans le comté de Tipperary, en Irlande, et

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