DEBAT DES LOIS SU R LES GRAINS
rent dans la discussion que rarement , pour bien constater que leur adhésion était aussi ferme que nécessaire, mais sans prendre , au-delà de la question des grains, aucun engagement, en évitant même avec soin tout ce qui eût pu l'aire croire, entre eux et sir Robert Peel, à une alliance systématique et générale: « On répète souvent, dit lord John Russell, que l’honorable baronet réussira mieux que nous ne l’aurions pu à faire adopter ces mesures ; je répète à mon tour que c’est avec notre aide et à cause de la conduite que nous tenons. J’y dois insister pour que justice soit rendue aux personnes qui votent avec moi. Si l’honorable baronet a l’honneur d’établir un système de liberté commerciale qui mettra le pauvre en état d’obtenir pour son travail un meilleur salaire , qui augmentera la demande pour les productions de notre pays, qui ouvrira les voies au perfectionnement moral du peuple, comprimé jusqu’ici par l’insuffisance de ses moyens de bien-être; — si c’est à l’honorable baronet que reviendra la gloire d’une mesure accompagnée de si grands et si salutaires effets, ayons du moins, nous, le sérieux contentement de nous être unis, en dehors du pouvoir, au ministre de la couronne pour assurer son triomphe... Dans le cours de notre administration passée, nos motifs n’ont pas toujours été justement appréciés, et nos mesures n’ont pas toujours obtenu, de ceux qui étaient alors nos adversaires politiques, un impartial examen. » Sir Robert Peel ne se trompa point sur le sens de cet amer souvenir, et prit soin lui-même de dégager
envers lui les whigs de tout autre lien que leur rapprochement spécial et momentané : « On me raille, dit-il, on me répète que mes jours comme ministre sont comptés. Je n’ui pas proposé cette mesure pour prolonger mon existence ministérielle, mais pour écarter une grande calamité nationale et pour faire triompher un grand intérêt public. On me demande souvent pour combien de temps je crois pouvoir compter sur l’appui des honorables membres qui siègent en face de moi, et dont les votes peuvent seuls me faire espérer que ce bill sera adopté. Je n’ai aucun titre à la confiance et au concours de ces honorables membres. Si mon plan réussit, je reconnais que je le devrai à leurs suffrages. Je ne dis point ceci comme homme privé, ni par aucun motif d’intérêt personnel : je sens et je reconnais, comme homme public, toute l’obligation que j’aurai aux honorables membres pour leur loyale adhésion à cette mesure et pour le soin qu’ils ont mis à déjouer tous les embarras qu’on a essayé de lui susciter; mais hors de là nos dissidences demeurent les mêmes; si la mesure passe, notre union temporaire cesse; je n’ai nul droit d’attendre d’ailleurs des honorables membres aucun appui, aucun ménagement, et je le dis hautement, je ne ferai, pour me les concilier, aucun sacrifice sur ce que pourra exiger de moi mon devoir public. » Au milieu de cette franchise mutuelle, après dixneuf jours de lutte acharnée, la chambre des Communes adopta, à 98 voix de majorité, le plan complet de sir Robert Peel. Dans ce dernier vote, parmi les
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