DEBAT DES LOIS SUR LES DRAINS
329 membres qui votèrent pour le bill, on comptait lOti conservateurs fidèles à sir Robert et 223 whigs ou radicaux; 222 anciens conservateurs et (i voix éparses repoussèrent obstinément la mesure.
Portée le 18 mai à la chambre des Lords, elle y fut aurfsi ardemment contestée ; pendant onze jours, tous les faits, tous les arguments, tous les intérêts, toutes les passions qui avaient été aux prises dans la chambre des Communes se déployèrent sur ce nouveau théâtre, avec moins d’emportement et de personnalité, le chef ennemi n’était pas là, mais avec d’autant plus d’insistance que là les adversaires de la mesure pouvaient prétendre au succès. Cinquante-trois des nobles lords prirent part à la discussion , lord Stanley et lord Àshburton à la tète des opposants, — lord Brougham, lord Grey, lord Clarendon et lord Lansdowne, les premiers parmi les défenseurs du plan libéral. Le troisième jour du débat sur la seconde lecture du bill, le duc de Wellington prit la parole : « My lords, dit-il , je sais avec combien de désavantages je m’adresse aujourd’hui à vous, .le viens , comme ministre de la couronne, vous demander l’adoption d’une mesure très-déplaisante, je le sais, pour beaucoup d’entre vous avec qui j’ai constamment agi dans la vie politique, sur la bonne opinion de qui j’ai toujours compté, et dont j’ai eu la bonne
fortune d’obtenir à un degré rare l’approbation
Je vous trouve pleins de prévention contre moi à raison de la conduite que j’ai tenue, conduite que je suis peu capable de justifier devant Vos Seigneuries,
SIR ROBERT PEEI..
mais que je me suis cru obligé de tenir, et que je tiendrais encore demain si j’avais de nouveau à en délibérer. Je suis au service de Sa Majesté. Je suis lié à Sa Majesté et aux souverains de ce pays par des liens de reconnaissance dont je n’ai pas besoin de vous parler longtemps. Peut-être est-il vrai, Mylords, et certainement il est vrai que, dans une telle situation, je ne dois être d’aucun parti, et qu’aucun parti ne doit compter sur moi. En tout cas, au mois de décembre dernier, je me suis cru tenu, par mon devoir envers ma souveraine , de reprendre mon siège dans ses conseils, et de ne pas refuser mon concours au gouvernement de mon très-honorable ami sir Robert Peel, sachant bien qu’il ne pouvait faire autrement que de proposer au Parlement uue mesure de ce genre, la mesure même sur laquelle vous délibérez... Je vous ai dit les motifs qui m’ont fait agir, Mylords; ils m’ont satisfait moi-même, et je serais très-peiné s’il restait à ce sujet quelque blâme dans l’esprit de quelqu’un d’entre vous... Maintenant je ne veux pas ce soir, la dernière fois peut-être où je me hasarderai encore à vous donner un avis, je ne veux pas manquer de vous dire le mien quant au
vote que vous avez à émettre dans cette occasion
Mylords, considérez un peu, je vous prie, par quelle voie et dans quel état cette mesure arrive devant vous... Elle a été recommandée dans le discours du trône ; elle a été adoptée par une majorité notable de la chambre des Communes... C’est un bill sur lequel les deux autres branches de la législature sont d’ac-
DÉBAT DES l.OIS SUR LES GRAINS (I81C). 2fï7
cord ; si la chambre des Lords le rejette , elle sera seule. Mylords, je vous demande la permission de vous rappeler que plus d’une fois je vous ai dit que vous ne deviez jamais vous mettre dans cette situation... Vous avez une grande influence sur l’opinion publique ; vous devez avoir une grande confiance dans vos propres principes ; mais, sans la couronne ou la chambre des Communes, vous ne pouvez rien. . . Que Vos Seigneuries me permettent de les conduire un pas plus loin et de leur faire voir quelles seront les conséquences immédiates du rejet de ce bill. Un autre cabinet sera, je crois, formé; mais soit qu’il se forme ou non un autre cabinet, Vos Seigneuries ne peuvent se flatter de n’avoir pas à délibérer de nouveau sur la même mesure. La rejetterez-vous une seconde fois? Tiendrez-vous le pays pendant deux ou trois mois encore plongé dans ce débat? Je sais que le but des nobles lords opposés à ce bill est d’arriver à la dissolution du Parlement; ils désirent que le pays soit appelé à examiner la question, et qu’on voie si la nouvelle chambre des Communes agréera ou non la mesure. Mylords, si vous avez dans le résultat des élections futures tant de confiance, elles doivent se faire, par le cours ordinaire et légal des choses, dans un an d’ici ; laissez au Parlement qui viendra alors à décider quel parti il voudra prendre à l’expiration du bill même qui vous occupe, car ce bill ne doit durer que jusqu’en 18i9 ; ne forcez pas la reine à dissoudre aujourd’hui le Parlement. Vous pouvez ou rejeter le bill et avoir sur-le-champ ces