SUR LES AFFAIRES DE GRÈCE
appui positif donné aux réclamations formées contre im gouvernement faible, et dans un langage qu’on ne tient pas envers les forts?... C’est de 1830 que l’honorable membre fait dater le commencement <l’une meilleure ère dans notre politique extérieure, ■et ce commencement fut, dit-il, la reconnaissance de la maison d’Orléans sur le trône de France ; mais mon noble ami, le comte d’Aberdeen, était alors seerétaire d’Etat pour les affaires étrangères,... et pourtant on me demande d’approuver la politique du cabinet actuel comme distincte de celle de ses prédécesseurs. La déclaration du noble lord qui est à la tête du cabinet (lord John Russell) ne m’a laissé aucun doute à cet égard. Il a dit dans ce débat que son noble ami, le secrétaire d’Etat actuel pour les affaires étrangères, ne voulait pas être ministre d’Autriche, ni de Russie, ni de France, mais ministre d’Angleterre. Qu’est-ce à dire, sinon que le noble lord a voulu mettre en contraste la conduite du ministre actuel des affaires étrangères et celle du comte d’Aberdeen? C’est-à-dire qu’on me demande de voter un blâme contre la politique du comte d’Aberdeen, contre la politique dont j’étais moi-même responsable. J’ai été lié avec mon noble ami, le comte d’Aberdeen, pendant tout le temps qu’il a été ministre des affaires étrangères. J’étais uni à lui en 1830, quand nous déclarâmes que nous avions reconnu la maison d’Orléans, et que nous étions décidés à maintenir avec la France les relations les plus amicales ; je suis resté uni à lui jusqu’au mois de juillet 1816,
lorsqu’en déposant le pouvoir devant la majorité de cette chambre, j’annonçai la fin du seul différend
qui subsistât encore entre nous et les Etats-Unis d’Amérique, l’arrangement de l’affaire de l’Orégon. En reportant mes regards sur mes rapports avec mon noble ami, je n’éprouve point d’autres sentiments que ceux d’une cordiale satisfaction. Je ne crois pas que jamais aucun ministre ait été moins disposé h sacrifier l’honneur et les intérêts de ce pays, ni plus sincèrement disposé à maintenir non-seulement la paix, mais les meilleures relations avec tous les pays auxquels l’Angleterre est liée par sa situation ou ses affaires. Je n’ai jamais vu que la chambre ait désapprouvé la politique démon noble ami... Je lui dois à lui, je dois au parti qui nous a soutenus, je dois à cette chambre, je me dois à moi-méme de n’acquiescer à aucun blâme détourné de la politique de mon noble ami, de la politique de la paix d’accord avec l’honneur du pays... Je n’ai pas voulu éluder, par l’absence ou le silence, la difficulté de cette situation. Je proteste contre une résolution dont l’adoption aurait pour effet d’accréditer, sur la dignité et l’honneur de l’Angleterre, des idées fausses, et de poser des principes que vous ne pourriez mettre à exécution sans un imminent danger pour ses plus précieux intérêts. » v L’effet de ce discours fut grand. Jamais, depuis sa sortie des affaires, sir Robert Peel n’avait parlé de la politique extérieure avec autant de développement et de précision. La motion de M. Roebuck n’en fut pas moins adoptée par 310 voix contre 20i. C’était