‹ Sir Robert PeelChapitre 7 sur 67 · PRINCIPAL SECRÉTAIRE POUR L’IRLANDE · texte numérisé non relu

PRINCIPAL SECRÉTAIRE POUR L’IRLANDE

le soutiennent avec le plus d’ardeur. L’Angleterre d’ailleurs demeurait intimement unie aux monarchies absolues du continent; ses conseillers avaient contracté avec les leurs, dans les rudes épreuves de la coalition , ces liens de pensées, d’intérêts et d’habitudes que créent des combats et des succès communs ; sa politique extérieure pesait sur sa politique intérieure, et lord Castlereagh était plus enclin à s’assimiler au prince de Metternich qu’à s’en distinguer. Pour le malheur de l’esprit de liberté renaissant, l’esprit révolutionnaire renaissait aussi, répandant son venin dans les institutions comme dans les âmes, et tenant partout les gouvernements sur le qui-vive. Pendant ces douze années de paix, l’Angleterre vit chez elle le pouvoir plus inquiet, plus immobile, plus inaccessible à toute réforme et à toute innovation libérale, qu’il ne l’avait été au coeur de la guerre, pendant ses plus grands efforts et ses plus grands dangers.

Robert Peel s’associa sans hésitation à cette politique, et partout, dans l’administration de l’Irlande comme dans les débats du Parlement, il la soutint avec une conviction sincère, mais comme on soutient l’ordre établi, la loi du pays, la nécessité actuelle, plutôt que par attachement à des principes systématiques et fixes. La discussion publique, ardente et sans cesse renouvelée, entraîne les hommes, soit du gouvernement , soit de l’opposition , au delà de leur sentiment réel; les paroles dépassent non-seulement les intentions, mais les actes mêmes, et les specta-

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