SIH ROBERT PEEL EN DISSIDENCE
grité, et à l’élévation de ses principes comme homme d’Etat et comme homme. Nul homme d’Etat, je le sais, n’aura probablement plus d’influence sur cette question, et il n’y a point d’homme dont l’adhésion à ce que j’appellerai des préjugés sans fondement doive faire plus de mal à mon pays. » La courtoisie sérieuse et sincère est douce de la part d’un digne adversaire, et M. Peel était courtois à son tour; mais le séjour de l’Irlande lui devenait insupportable : triste condition que d’avoir à chaque instant sous les yeux le spectacle des abus et des maux qu’on défend. Une circonstance inattendue permit à M. Peel de s’en affranchir; en 1817, la représentation de l’université d’Oxford à la chambre des Communes devint vacante. M. Canning en sollicitait vivement l’honneur; mais Canning était le défenseur éclatant de l’émancipation des catholiques; le ministère et l’Eglise anglicane lui opposèrent M. Peel, qui fut élu sans difficulté, et peu de mois après ce succès qui l’engageait de plus en plus dans la cause du torisme anglais en Irlande, il quitta son poste de principal secrétaire à Dublin, et revint en Angleterre s’adonner tout entier aux luttes du Parlement.
Il fut bientôt appelé t\ une épreuve qui devait être, à plusieurs reprises, l’épreuve éclatante de sa vie et en former le principal et original caractère; il eut à se séparer de ses opinions et de ses amis, et cette fois l’ami avec lequel il entra en dissentiment était son père. Depuis 171)7, la banque d’Angleterre était autorisée à ne pas échanger à vue ses billets contre des