‹ Sir Wilfrid Laurier, Premier Ministre du CanadaChapitre 10 sur 38 · Feslv · texte numérisé non relu

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atteinte aux droits et aux intérêts de l'Angleterre. Il déclarait non moins formellement que si la réciprocité commerciale avec les Étals-Unis devait avoir pour efTet de les léser, il n'hésiterait pas à y renoncer.

Son programme, argumenté de sang-froid, précisait nettement ses principes économiques et politiques et faisait ressortir les doctrines libérales qu'il devait mettre en pratique et dont ses actes ont toujours été l'écho sincère.

M. Laurier a surtout à cœur de défendre le parti libéral contre le reproche d'annexion et de réduire à néant cette accusation choquante à Tàme canadienne, accusation que les conservateurs s'efforcent d'enraciner dans les esprits par la magie des mots et des formules.

C'est au milieu d'un grand enthousiasme qu'il déclare à Coburg-Ontario :

Parler de l'annexion est une hypocrisie. Quoique Français il aimait l'Angleterre, autant que quiconque. Il l'aimait parce qu'elle est la mère de la liberté; mais si grand que fût son amour pour l'Angleterre, il aimait le Canada davantage, et si jamais il arrivait que leurs intérêts fussent en conflit, sa sympathie irait dabord au Canada, son pays natal. Le moment viendra d'ailleurs où le Canada prendra sa place parmi les nations.

Un gouvernement responsable a été donné au Canada pour qu'il pût s'occuper de ses propres affaires, et s'il ne le faisait pas il serait considéré avec dédain. La Grande- Bretagne regarde son intérêt comme chose de première importance et le Canada doit en faire autant. John Bull serait fier de voir son fils canadien prospérer aux dépens du vieux gentleman.

M. Laurier énonçait également que le traité avec les États-Unis préparé par le gouvernement tory équivaudrait à une rupture avec la Grande-Bretagne et que

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le parti conservateur était aussi déloyal que le parti libéral.

Le cauchemar de l'annexion, diffusé dans [toutes ses variations par le ban et Tarrière-ban des Tories, avait influé sur le corps électoral. Les élections donnaient gain de cause au parti conservateur. En dépit du libéralisme éclairé de leur programme, le résultat électoral ne répondait point à l'attente des libéraux ; ceux qui se proclamaient loyalistes par excellence, revendiquaient le monopole du civisme, traitaient de subversif le libéralisme et d'annexionnistes ses partisans, ceux-là héritaient dune majorité qui les proclamait victorieux : mais plus dun symptôme était de nature à réconforter les espérances des vaincus et à faire réfléchir les vainqueurs. M. Laurier était élu à l'unanimité à Québec-Est.

La majorité conservatrice était tombée de 50 voix à ."0 voix et cela, malgré l'énorme appui pécuniaire donné au gouvernement par les manufacturiers, malgré ces discours enflammés qui laissaient emphatiquement entrevoir le drapeau étoile flottant à Ottawa au lendemain du triomphe libéral, malgré l'emploi des grands mots de loyalisme, d'annexion, de trahison, auxquels les conservateurs, dans leur désir de frapper limagination plus que la raison, avaient fait un pressant appel.

Toutes harangues se valant pour la pensée et pour l'expression et visant naïvement à détruire un indestructible ensemble d'idées et de principes maîtres de l'avenir.

La politique nationale, qui avait eu le temps de se manifester dans ses traits caractéristiques, en sortait fort compromise, et l'opposition se trouvait ainsi mieux armée

que la majorité. Les élections fédérales grossissaient le contingent libéral et ramenaient ses sommités à la Chambre des Communes; quant au parti conservateur, elles le laissaient en proie aux mêmes anxiétés et lui présageaient le chemin de l'exil.

Le nouveau Parlement se réunissait le oO avril. M. Laurier ne tardait pas à y passer une rapide revue des questions d'actualité dans un discours vivement applaudi par un auditoire qui en avait suivi les développements avec une attention soutenue et une sympathie visible.

Lorsque je me décidai, disait-il, à choisir cette politique, je ne me préoccupai d'abord que des intérêts du Canada. Je suis sujet britannique, il est vrai, et je ne l'oublierai jamais; mais je suis aussi Canadien et je parle, en ce moment, dans le Parlement canadien. Que le sujet britannique qui prend sa place dans le Parlement anglais se préoccupe principalement des intérêts anglais !

Quand cette confédération fut organisée, nul ne sait mieux que le chef du gouvernement qu'un des principaux objets qu'on se proposait fut de former des Canadas unis une nation. Ce chef dut prévoir qu'un jour ou l'autre cette jeune nation aurait des intérêts en conflit avec ceux de la mère patrie.

Il est absurde de supposer que les intérêts du Canada seront toujours identiques à ceux de la Grande-Bretagne. I^e jour doit venir où ces intérêts seront en conflit, et, pour ma part, quand ce jour arrivera, quelques regrets que j'en éprouve, je me rangerai du côté de mon pays natal.

Pourquoi nos ancêtres se sont-ils éloignés de leur patrie? N'est-ce point pour améliorer leur condition? Pour assurer le confort et le bonheur des leurs; ils s'arrachèrent au sol natal, non quils Taimassent moins, mais parce qu'ils aimaient plus encore le Canada.

C'est le même esprit qui nous anime aujourd'hui. Nous avons adopté la politique de la réciprocité, parce que nous

la croyons plus favorable aux intérêts du pays, non parce que nous aimons moins la Grande-Bretagne, mais parce que nous aimons plus le Canada.

Quelque attaché que je sois aux institutions britanniques, je ne leur sacrifierai jamais les intérêts du Canada.

La question de réciprocité entre le Canada et les États-Unis formait l'objet d'une longue controverse à Ottawa.

Au cours du débat, M. Laurier se prononça en faveur d'un tarif mobile comme un moyen sûr de ne pas affecter sans transition le revenu public et le cours des affaires.

Il croyait fermement pouvoir assurer la réciprocité complète, mais dans le cas, où, une fois au pouvoir, il n'y réussirait pas, il verrait s'il ne serait pas possible de favoriser l'établissement d'une ligue de commerce entre toutes les parties de l'Empire britannique.

La première session du septième Parlement canadien était prorogée, le 30 septembre, par le gouverneur général.

M. Laurier saisissait cette occasion pour affirmer les vues de l'opposition :

L'opposition, dit-il. est entièrement d'accord avec l'adresse. Je suis heureux de voir que le gouvernement est graduellement arrivé à cette conclusion que la politique fiscale de la mère patrie et l'intérêt commercial du Canada sont totalement en divergence en tout ce qui touche leurs intérêts matériels. La conclusion logique de cette divergence fait ressortir la politique depuis longtemps défendue par l'opposition : à savoir que non seulement le Canada ne devrait pas être lié par les traités commerciaux négociés par la Grande-Bretagne, mais qu'il devrait jouir du droit de conclure les traités concernant ses propres intérêts. Dix ans se sont écoulés depuis que le Canada a, pour la première fois, formulé le désir d'être exonéré des restrictions que certaines clauses des traités commerciaux lui imposent. La

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Grande-Bretagne a fait preuve de bonnes dispositions, mais, les traités lui étant avantageux, elle n'a eu garde de les dénoncer. Toute tentative pour établir un règlement commercial basé sur le loyalisme ou sur le sentiment est, à n'en pas douter, frappée de non-succès.

La session close, le leader libéral se rendait aux Etats- Unis, où il prononçait quelques discours. Un banquet lui était offert à Boston, auquel prenaient part plus de 600 convives venus de toutes les parties de la Nouvelle Angleterre. Avec une irrécusable autorité, le chef du gouvernement d'Ottav^a examinait la politique canadienne, se prononçait sur l'impérieuse nécessité du libreéchange, qui reste au C4anada la grande préoccupation de l'avenir, et se faisait chaleureusement applaudir par une assistance émerveillée de sa compétence et transportée par la constance de sa foi jointe à la domination de sa parole. Ce banquet prenait les proportions d'un événement aux yeux des nombreuses et patriotiques populations canadiennes et françaises des Etats-Unis.

Au cours de février ISOî?, M. Laurier prononçait un grand discours à la Chambre des Communes.

Le pays n'est ni prospère, ni heureux, s'écrie le "chef du parti libéral. La fécondité de la population est la meilleure preuve de la prospérité d'un pays, mais les résultats du dernier recensement nous éclairent sur l'importante émigration aux États-Unis. Le Canada, poursuit-il, a un grand avenir devant lui et marcherait à grands pas dans la voie du progrès, s"il était convenablement gouverné. Ce qui manque à ce pays, ce sont des marchés plus étendus pour ses produits. Actuellement son commerce est bâillonné,

enchaîné, et le gouvernement attend de la mère patrie qu'elle accorde au Canada des avantages sur les marchés anglais. Cet expoir nous a été dénié, il y a quinze jours, par le Parlement Impérial.

La convention canadienne libérale se réunissait le '20 juin 1895 sous la présidence de M. Laurier.

L'objeclif principal de ce groupement, le plus important alors connu au Canada, avait trait au choix de la plate-forme à choisir en vue des prochaines élections fédérales. Plus de 2000 délégués étaient présents, nombre d'entre eux ayant franchi plusieurs centaines de milles afin d'assister aux délibérations.

M. Laurier prend la parole :

Il se prononce en faveur de la plus large réciprocité possible vis-à-vis des États-Unis. Il demeure loyal envers la Grande-Bretagne, mais il est de son devoir d'être Canadien. Entre les intérêts de l'Angleterre et les intérêts du Canada, son choix est tout fait, ceux de son pays natal réclament la priorité.

Les conservateurs, dit-il, ont le privilège de faire servir à leur usage les vêtements de leurs adversaires. Ils ne désirent une réforme du tarif que dans le but de maintenir leur système protectionniste....

... Notre politique doit être une politique de libre-échange telle qu'elle existe en Angleterre. Il est regrettable que la situation actuelle du pays ne l'admette pas dans toute son intégrité, mais je propose que nous adoptions tout au moins le principe qui en est la base. Qu'il soit bien entendu qu'à partir de ce moment notre but est complètement distinct de celui du parti actuellement au pouvoir. Son idéal est la protection, notre idéal est le libre-échange. Son but imméniat est la protection, le nôtre n'est que le tarif nécessaire

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pour le revenu et le revenu seulement. Sur cette question nous engageons la bataille.

L'éclat de la popularité de M. Laurier, qui ne cesse de croître, récompense légitime d'un dévouement sincère, justifie l'importance qu'on attache à des paroles qui se fortifient d'arguments parfois irrésistibles.

Il s'impose comme le représentant vivant, agissant et populaire de la civilisation sociale, à laquelle il se dévoue avec la plus généreuse abnégation.

Le chef libéral inaugure l'année 1894 par un grand discours prononcé à Québec. Il s'insinue avec maîtrise dans les âmes ; parant ses convictions de tous les charmes d'un beau langage, il intéresse, au maintien d'un ordre social dont la stabilité dépend en partie de son opinion, cette société libérale québecquoise qui l'a choisi jadis comme l'un des plus dignes de la représenter.

Écoutons cette noble éloquence, dont les heureuses inspirations honorent la justice, flétrissent la discorde et défendent la liberté; imprégnons-nous des vertueuses aspirations de ce brillant esprit qui prêche l'unité, défend la concorde et embrasse tous les groupes canadiens dans une seule et même afTection :

Je suis heureux, dit-il, de pouvoir faire cette affirmation dans cette vieille cité française de Québec, je suis heureux de proclamer que la base et le terme de nos idées, de nos espérances comme libéraux, c'est ce que nous sommes : Canadiens, avant tout et après tout, Canadiens dans toute l'acception du mot, Canadiens à Québec, Canadiens à Toronto, Canadiens sur les plages du golfe et jusqu'à ces montagnes fameuses que l'océan Pacifique baigne de ses

flots et dont les crêtes sont rafraîchies par les brises embaumées qui viennent de l'Orient.

Le but que nous poursuivons, c'est le développement de l'œuvre de la Confédération; c'est le rapprochement, c'est l'union des éléments épars qui se trouvent cà et là sur toute la surface de l'Amérique britannique du Nord, au point d'en faire une nation. Voilà comment j'entends, moi, le rôle du parti libéral dans la Confédération, et aussi longtemps que j'aurai l'honneur de prendre part à la formation de nos destinées, c'est l'idéal vers lequel il graviiera.

Maintenant, il n'est peut-être pas hors de propos. Mes sieurs, puisque je dis que notre idéal est de perfectionner l'œuvre de la Confédération, il est peut-être en ce moment opportun de retracer devant vous quelle en fut l'idée initiale et je ne saurais mieux le faire qu'en empruntant le langage de l'homme qui, dans cette occasion, entrahiait après lui tout le Bas-Canada, dans le langage de sir Georges Etienne Cartier lui-même. Dans le cours du débat, sir Georges Etienne Cartier s'est servi de ce langage que je rappelle non seulement à l'attention de mes amis politiques, mais que je rappelle aussi et davantage à l'attention de nos adversaires politiques....

.... Messieurs, je suis heureux, et la chose ne me surprend pas ; je suis heureux, dis-je, que dans une assemblée de libéraux vous applaudissiez ces paroles. Ce sont de grandes, de généreuses paroles. C'est là le langage d'un homme qui avait la fierté de sa race, mais qui avait en même temps le souci des devoirs que lui inspirait la position particulière dans laquelle elle se trouvait. Je n'ignore et n'oublie pas que les libéraux du Bas-Canada redoutaient la Confédération. Je n'oublie pas que sir Dorion et les libéraux Canadiens Français craignaient que la Confédération ne fût le tombeau de choses que nous regardons toujours comme un héritage sacré; mais sir Georges Etienne Carlier ne partageait pas cette appréhension et moi, disciple de Dorion, élève de l'école de Dorion, je n'hésite pas à dire que mes idées sont celles de sir Georges Etienne Cartier, sur ce point, et non pas celles de sir A. A. Dorion. Je crois

que, comme parti, notre intérêt se trouve là où est notre devoir; je crois comme lui que nous sommes de races différentes, non pas pour nous faire la guerre, mais pour travailler à notre commun bien-être.... Lorsqu'un pays a volontairement et délibérément choisi sa destinée, c'est le devoir de chacun de ses citoyens de travailler dans la mesure de ses forces à élever l'édifice et à le faire arriver au but marqué.

Écouté avec avidité, applaudi avec enthousiasme, nul de ceux qui ont entendu M. Laurier ne peut en perdre le souvenir. C'est le guide sympathique et respecté qui se réclame de deux qualités de premier ordre : le sentiment de la justice et le sentiment du devoir, tous deux étroitement liés l'un à l'autre.

Par une indestructible croyance dans les grandes doctrines d'un libéralisme qu'il tient à honneur de propager et de défendre, par son intransigeante fidélité aux principes de loyauté et de conciliation, par l'impeccabilité de ses courageuses harangues, le chef du parti libéral se révèle comme le « coming man ». M. Laurier est le fanal qui éclaire au Canada la marche de la prospérité et du progrès social. Ses actes ont mis en lumière une volonté sans borne, une impartialité sans réserve, une énergie sans limite; le Canada en retour lui décerne un brevet de patriotisme par excellence.

Au mois de juin se réunissait à Ottawa — avec toute la solennité possible — une conférence composée des représentants des colonies anglaises autonomes, dans le but de discuter certaines questions d'intérêts intercoloniaux et impériaux.

Due à l'initiative coloniale et présidée par sir Mac Kensie Bowell, elle devait officiellement « examiner les relations commerciales existantes entre le Canada et ses sœurs en constitution, ainsi que les meilleurs moyens susceptibles de développer ces relations. »

Le banquet oflert par le gouvernement à lord Jersey et aux délégués coloniaux était fort brillant.

M. Laurier s'y fait entendre: dans un constant appel à la saine logique de ses auditeurs et à l'obligation d'agir en commun au profit des intérêts coloniaux, il pèse gravement toutes les questions, résume sous ses aspects principaux l'œuvre politique indispensable, puis laisse éloquemment entrevoir les nécessités de demain et les éventualités de l'avenir.

La meilleure preuve de son loyalisme, ajoute-t-il, réside en ce qu'étant Canadien-Français il a accepté de devenir le leader du parti libéral composé pour la majeure partie de descendants anglais. La conférence, il la considère comme une page ajoutée à l'histoire nationale. Le spectacle qu'elle présente, unique au monde, lui inspire un nouveau loyalisme. Les délégués viennent des parties les i)lus éloignées du vaste empire, et le représentant de la mère patrie est là non pour ordonner, mais pour consulter. Sa conférence laisse pressentir la complète liberté du gouvernement autonome combinée avec l'unité d'action dans tout projet impérial.

Son patriotique exposé de la situation, toute particulière, des Canadiens-Français lui valait de significatifs et enthousiastes applaudissements.

Des politiques influents, des hommes d'État graves, sont là qui prononcent le mot de solidarité. Des plans flottent dans l'air, qui renversent tous les précédents; des espérances les y joignent qui persistent à croire la grandeur de la race anglo-saxonne attachée à l'intime union de ses membres épars ; mais ces éminents promoteurs de cohésion ethnique ne comptent-ils pas avec ce « puissant facteur, l'imprévu, dont le caprice peut avancer ou reculer les échéances, modeler, selon des

formes différentes, la vaste association d'hommes sur qui flotte le drapeau de l'Union Jack ' ».

M. Laurier assistait en mars à une réunion libérale organisée à Montréal.

Dans ce langage net et précis dont il est coutumier, le Premier des Canadiens-Français décrit ainsi sa situation personnelle :

J'ai été choisi comme chef du parti libéral en 1887, alors que de malheureuses circonstances obligèrent M. Edward Blake à quitter le Canada; j'ai été choisi à l'unanimité. Je ne m'étais alors occupé de politique que d'intermittente façon. J'avais ui: défaut; j'étais pauvre. Néanmoins, sur le désir de mes collègues, j'ai pris en main la direction d'une cause que j'avais dtpuis longtemps faite mienne; mon parti n'ignorait d'ailleurs pas que j'étais catholique et Canadien- Français. J'affectionne les Anglais, les Irlandais, les Écossais ainsi que tous autres, mais la première place dans mon cœur appartient aux Canadiens-Français, mais les droits et les privilèges des autres me sont aussi sacrés cpie les leurs et je dois à mon devoir de les défendre.

Se trouvant en septembre à Chicoutimi, le chef libéral fait allusion à la question des écoles du Manitoba.

Je n'afhrme pas, dit-il, pouvoir trancher celte question, mais je n'en ferai pas moins appel à l'esprit de justice de toutes les races. Mon passé vous est connu. Si j'avais été au pouvoir durant ces cinq dernières années, ce problème aurait toutes chances d'être résolu.

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