SIU WILFRID LAURIER
[)art à l'aclniinislralion de l'empire, ou inclineraient peu à peu vers la séparation.
* C'est là que gît, à son avis, le plus 'grand problème confié à l'examen des hommes d'Etat d'aujourd'hui. Nous devons comprendre, dans le Royaume-Uni, que l'éloignemcnt de l'une quelconque de nos colonies serait non seulement un désastre, mais, au surplus, le plus grand discrédit qui puisse rejaillir sur nous. Si ce sentiment se trouve être partagé par nos compatriotes de l'autre côté des mers, il n'est pas douteux qu'ils n'arrivent à trouver un moyen eirectit" de donner une forme pratique aux aspirations communes. Si les colonies autonomes désiraient à un moment donné prendre une part quelconque aux gloires et aux responsabilités de l'Empire, elles nous trouveraient prêts à faire plus de la moitié du chemin conduisant à l'objectif commun. »
Au Jubilé de la reine Victoria, apothéose expressive de l'univers anglo-saxon, le Canada, en la personne de sir Wilfrid Laurier, occupe la première place. C'est la Confédération canadienne qui, dans ce défilé mémorable, figure le monde colonial. Cette solennelle et pompeuse manifestation, symbole universel du respect et de l'amour professés par tout un peuple pour la plus vénérable des souveraines, réunit dans une même pensée toutes les classes et toutes les parties de l'Empire anglais.
« On s'est plu à voir, dans ce Jubilé, surtout le couchant d'un règne. Il est autre chose encore et mieux que cela : une aurore peut-être. L'Angleterre, par cette halte solennelle qui lui permet de se contempler soi-même, un instant, dans sa gloire, célèbre sa grandeur passée et prépare sa grandeur future. Ce défilé où se rencontrent des
hommes venus de tous les points du monde est plus que l'étalage d'une réalité flatteuse à l'orgueil britannique.il nous est une vision d'avenir. Le jubilé, qui clôture une période, en ouvre une autre'. »
En cette lete imposante et féconde en spectacles grandioses, hommage aussi chaleureux et aussi unanime que jamais monarque en reçut, la Grande-Bretagne se révèle enivrée de sa puissance.
C'est la grandeur britanni({ue à son apogée qui éclate et se donne libre cours au milieu d'un déplacement de Ibrces qui frappe les esprits et incite à toutes les illusions. « L'Anglo-Saxou jouit de la plénitude de son triomphe, il est midi à son horizon. »
Le Premier Canadien soutint l'honneur qu'on lui décernait avec une distinction et un prestige qui lui rallièrent tous les suffrages. Ce haut citoyen remplissait toutes ses promesses, dépassait toutes nos espérances, et donnait aux deux Frances le droit de se montrer personnellement fières de ses succès. La reine Victoria le nommait à cette occasion membre du Conseil privé et grand-croix de l'ordre de Saint-Michel et de Saint- Georges.
M. \^'ilfrid Laurier était désormais sir ^\'illVi(l Laurier.
Il sied à une grande nation d'honorer les hommes qui ])articipent à sa gloire et nulle ne paye cette dette avec autant de munificence que l'Angleterre.
Aussi le Canada tout entier pouvait-il se montrer orgueilleux de la magnifi([ue hospitalité accordée à son premier ministre.
Il était reçu avec un indescriptible enthousiasme par la haute société britannique qui sanctionnait l'initiative politique du gouvernement.