I. O. Fesly
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ligne de conduite loyalement suivie, de par laquelle le Canada prospère politiquement et matériellement.
Le Premier Canadien, vivement critiqué sur le sens et les conséquences de ses discours en Angleterre, révélait à nouveau sa maîtrise oratoire en une magnifique harangue politique qui fut le signal d'applaudissements nourris venus de tous les bancs de la Chambre. La péroraison peut en être comptée parmi ses meilleurs succès.
La célébration du jubilé, dit-il, a été remarquable pour deux raisons principales, distinctes et caractéristiques. Ce fut tout d'abord, et avant tout, un tribut de dévotion et (ratlachenient personnel à la Reine, à cette noble femme qui, au cours d'une longue existence et dans la plus haute situation, a toujours déployé l'amabilité et la générosité, grâces de son sexe, et qui montrait, en même temps, qu'elle possédait ces attributs plus sévères qui l'ont rendue si chère à tant de millions de sujets et ont fait en outre décréter le modèle des souveraines celle qui s'imposait déjà comme le modèle des femmes.
De toutes les scènes touchantes qui se sont produites le jour du jubilé, aucune ne l'a été davantage que l'expression singulièrement sincère de dévotion, d'amour et d'affection spontanément exprimés à Sa Majesté par ses sujets des quartiers les plus pauvres de la grande métropole.
Considérée sous un autre point de vue, la célébration du jubilé a été aussi suggestive qu'impressionnante. Ce fut une révélation de l'extraordinaire ampleur atteinte par l'Empire britannique, une révélation de sa force, de son étendue et de sa cohésion. Ceux qui ont vu la procession du jubilé de Buckingham Palace à la cathédrale de Saint- Paul ont pu se croire reportés aux jours de l'ancienne Rome, à ces jours fameux où les généraux victorieux remontaient la Voie Sacrée dans un flamboiement de gloire et de triomphe. C'était un triomphe en vérité, que cette procession, mais combien dissemblable, combien sciemment différent des triomphes de l'ancienne Rome !
Il ne s'agissait pas ici d'un guerrier rentrant après une campagne avec les trophées de plusieurs provinces ou de plusieurs royaumes, avec des milliers de prisonniers ou d'esclaves attachés à son char: le héros d'hier était une femme, une femme déjà marquée par la main du Temps; dans son cortège apparaissaient des hommes de tous pays et de toutes religions, — des noirs d'Afrique, des représentants des races jaunes asiatiques, des membres des races mélangées des Indes Occidentales; des chrétiens, des mahométans, des bouddhistes, — mais tous des hommes libres, — tous des hommes libres, dont quelques-uns, portant l'uniforme de l'armée anglaise, marchaient fièrement au son des hymnes anglais.
L'Empire britannique repose sur la justice et la liberté, et lorsque en face du noble temple, sous la coupole du ciel, l'immense foule a invoqué les bénédictions du Tout-Puissant en faveur de la vénérable souveraine et de ses vastes domaines, chacun sentit vibrer la libre patriotique, chacun sentit en son cœur la conviction que, si l'Empire romain avait été créé par la force et la violence, c'est par elles qu'il avait été détruit, mais que l'Empire britannique prospérait et pouvait vivre toujours, établi qu'il était sur les lois éternelles de la liberté et de la justice-
Et, s'il en est ainsi pour l'Empire en général, il en est de même également pour chacune des parties qui le composent. Telle est l'inspiration qui nous guidera toujours dans l'accomplissement du devoir que le peuple canadien nous a confié, et c'est pénétré de ce sentiment que nous sommes aujourd'hui devant la Chambre des Communes du Canada.
Dans cette royale procession dont il évoque l'extraordinaire majesté, sirWilfrid Laurier a dignement porté le poids de sa situation et son discours d'aujourd'hui, ému et grave, élevé sans emphase, est au niveau des souvenirs qu'il rappelle et des impressions qu'il retrace.
Il est impossible de dépeindre avec plus de pénétration les sentiments divers ressentis en présence d'un spectacle souverainement grandiose. On discerne dans cette péro-
raison éloquente la prolondcur de pensée qui atteint l'âme, emporte la conviction et provoque Fenthousiasme; on y voit s'épanouir les caractères et les mérites qui distinguent entre tous le Premier de la Confédération.
C'est cette belle disposition d'esprit, ainsi que cette préoccupation constante et dominante de son pays, que le Canada doit hautement honorer dans l'un de ses plus dignes enfants.
Au moment où les destinées coloniales de l'Espagne allaient se décider dans la mer des Antilles, son ambassadeur M. Polo de Barnabe s'était retiré au Canada. Sa présence à Montréal provoquait une interpellation à la Chambre des Communes.
M. J. Charlton déclarait que le précédent ambassadeur d'Espagne aux États-Unis se livrait à l'espionnage et que le Canada donnait actuellement asile à un clan de diplomates espagnols adonnés aux mêmes opérations, d'où ses craintes de voir le Canada s'en trouver compromis, en tant que pouvoir neutre. L'attention du gouvernement se trouvant appelée sur ce fait, sir Wilfrid Laurier prerait la parole.
L'Empire britannique, dit-il, a toujours été un asile pour tes réfugiés en toutes circonstances. Aussi longtemps que le ministre espagnol n'aura pas abusé de 1 hospitalité du Canada, le gouvernement ne se croira pas obligé do prêter attention à sa présence. Il est de l'intention personnelle du gouvernement canadien de garder une neutralité absolue à l'égard des parties belligérantes, intention, d'ailleurs, conforme aux instructions positives des autorités impériales. Nous prenons, ajoute le premier ministre, toutes les précautions nécessaires pour que les lois de la neutralité ne puissent être violées ni en faveur des États-Unis ni en faveur de l'Espagne.
Il y a des hommes que leur génie place au premier rang et que leur nature ])orte à toutes les luttes. Tel est
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l'éclat de leur ascendant, telle est la grandeur de leurs conceptions qu'adversaires et partisans s'inclinent également et déposent sur la tombe qui s'ouvre l'hommage de leur admiration et de leurs regrets.
Le nom de Gladstone a droit à ce privilège. Tous ont subi l'irrésistible attrait de cette nilelligence éminemment active qui s'est révélée supérieure dans les grandes luttes politiques.
M. Gladstone vient de mourir, et sir Wilfrid Laurier trouve d'admirables accents pour glorifier l'existence et le souvenir du premier des libéraux anglais.
En proposant une motion de condoléance relativement à la mort du Gréai (Jld Man, le Premier Ministre annonce à la Chambre :
Qu'il est juste que, dans l'universelle expression de regrets montant vers le ciel de toutes les parties du monde civilisé, le Parlement canadien vienne attester l'admiration et la vénération que le peuple entier du Canada, sans distinction de croyance, de race ou de parti, professe pour la mémoire du grand homme qui vient de finir sa carrière ici-bas. L'Angleterre a perdu le plus illustre de ses enfants. Ce n'est pas une perte pour l'Angleterre seule, c'en est une pour l'humanité. Dire que M. Gladstone a porté haut l'étendard de la civilisation est loin d'être une exagération ; le monde est aujourd'hui incontestablement meilleur à la fois par ses préceptes et par l'exemple de sa vie. Son nom, dans l'esprit de toutes les nations civilisées, était l'incarnation vivante du droit contre la force. Il était l'indomptable, l'infatigable champion de l'opprimé contre l'oppresseur. Il représentait la plus merveilleuse incarnation mentale que le monde ait entrevue depuis Napoléon. Le trait dominant de cet homme semblait être sa profonde humanité, son extrême sentiment du droit, son intolérance pour le mal et l'oppression quels qu'ils soient.
Après avoir éloquemment retracé la carrière de M. Gladstone, sir Wilfrid Laurier rappelle son attitude
dans la question du Home Rule et affirme que le Grand Libéral a sacrifié ses amis, le pouvoir et la popularité pour accorder une suprême mesure de justice à un peuple ayant longtemps souffert. Que l'on soit partisan ou non de cette politique, quiconque doit admettre qu'il était non seulement audacieux, mais de grande noblesse d'essayer d'apaiser l'Irlande en faisant don de sa confiance à l'honneur et à la générosité irlandaises.
La mission de sir Louis Davis aux États-Unis faisait l'objet de quelques discours à la Chambre. L'opposition complimentait le ministère des mesures prises en vue de développer le commerce extérieur.
Le leader libéral remerciait les tories de leurs flatteuses appréciations et ajoutait avec son éloquence et sa justesse habituelles :
Il est vrai que nos relations antérieures avec nos voisins n'ont pas toujours été aussi cordiales qu'elles auraient pu l'être; mais, peut-être, en ce moment, vaut-il mieux ne point rechercher de quel côté sont les torts. Je pense que, dès aujourd'hui, le passé doit être oublié, le présent laissant prévoir que, dans l'avenir, la paix et l'amitié régneront entre les deux nations et que les cordiales relations existant actuellement entre les États-Unis et la Grande- Bretagne auront d'heureuses conséquences partout où sera reconnue la souveraineté de l'Angleterre.
La possibilité prochaine de l'application des principes libéraux dans les relations économiques avec la république américaine, la vive impression que cette réforme
douanière allait faire pénétrer une vie nouvelle dans le travail national, ne pouvaient manquer d'être pour le cabinet Laurier une source daffermissement et d'autorité.
De cette question, le Premier Canadien possédait tous les éléments puisés aux meilleures sources; depuis fort longtemps, sa polémique vigoureuse s'attachait à prouver cette nécessité du libre-échange; depuis longtemps il avait recours à tous les moyens possibles pour convertir le corps électoral à ses idées; on sait à quels beaux ol intéressants discours ce souci, à la fois économique et patriotique, a déjà conduit l'intelligence d'élite qui préside aux destinées canadiennes.
Le 1*=' août, à minuit, prenaient fin les traités commerciaux belges et allemands qui avaient été si longtemps un obstacle aux modifications de tarifs entre parties de l'Empire. C'était un pas de plus, vers la liberté commerciale, dû au ministère libéral, qui avait enfin abandonné les errements protectionnistes de ses prédécesseurs.
Le «Tarif Fielding » entrait en pleine vigueur, et toutes les marchandises fabriquées au Royaume-Uni, aux Indes, à Ceylan, à la Guyane anglaise, aux Bermudes, aux Indes occidentales, étaient dorénavant introduites au Canada avec une réduction d'un quart sur la douane perçue pour les marchandises étrangères.
Cette disposition douanière était, dans son ensemble, en harmonie avec les principes d'une politique commerciale sage et progressive.
La Conférence internationale s'ouvrait à Québec le H) août, puis s'ajournait au 25 août. Elle n'embrassait [)as moins de douze importantes questions, dont quel- ({ues-unes de nature à demander des mois de pourparlers.
Le Canada y prenait définitivement la direction de ses afl'aires vis-à-vis de l'Angleterre et de l'étranger. Il traitait sur son propre territoire avec les États-Unis. V\n-
gleterre se bornant à prêter au Canada son autorité et le prestige d'un de ses juristes les plus autorisés en la personne du délégué impérial, dont le haut caractère personnel fait encore ressortir la mission darbitre entre Yankees et Canadiens.
Il semble que, du consentement général, sir ^^'ili'rid Laurier ait pris la direction des délibérations : personne, d'ailleurs, n'était plus apte que ce grand orateur, investi de prestige et d'autorité, à jouer le premier rôle au sein de cette imposante réunion.
Sans que rien ou i)resque rien ait transpiré de ses délibérations, la Conférence suspendait ses séances le 5 septembre.
Le 15 septembre, en présence de 25 000 citoyens, lord Aberdeen dévoile la statue de Champlain, et la grandiose figure du fondateur de Québec apparaît dans une grandeur saisissante saluée par la voix de nombreux Orateurs.
Le voile tombé révèle à tous les regards comme un chapitre émouvant de l'histoire de la France et des souvenirs qu'il rappelle.
Un silence religieux plane sur la foule; puis, dans la communion des cœurs émus, surgissent d'enthousiastes acclamations qui se mêlent aux salves d'artillerie et portent au loin la ferveur d'une merveilleuse démonstration patriotique.
Sir \A'iliVi(l Laurier fait entendre sa voix généreuse dans la majestueuse évocation des glorieux souvenirs de ce grand citoyen. Sa péroraison est remarquable :
S'il se dégage une inspiration suprême, s'il se dégage une inspiration supérieure à toutes les autres, de ce monument, de ce beau jour, de cette grande nature qui, aujour- (fhui, pour ^occasion, semble avoir revêtu ses plus belles couleurs, cette inspiration pour moi se résume dans deux mots : Sursiim corda! Que les coeurs s'élèvent, qu'ils
s'élèvent jusqu'à la hauteur des tjrands droits et des grands devoirs qui se dressent devant nous; qu'ils s'élèvent jusqu'à la hauteur des destinées toujours de plus en plus nobles, qu'il nie semble voir poindre à l'horizon; qu'ils s'élèvent jusqu'à la hauteur des traditions du passé; qu'ils s'élèvent jusqu'à la hauteur des enseignements qui nous viennent de ce monument I
Et, pour nous, formons une dernière résolution : qu'à l'exemple de Champlain notre but soit toujours idéal et notre action toujours pratique.
Le Premier Canadien a rarement prononcé de discours plus élevé. Sa brillante digression sur l'hiver canadien :
... Ils sentiront ce qu'il y a de beauté et de grandeur dans la plaine blanchie, couverte de neige, se déroulant à perte de vue sous l'azur profond d'un firmament où brille un million d'étoiles....
Son magistral portrait de Champlain :
... en qui on trouve des qualités rarement réunies, au cours de l'histoire, dans un même personnage : tant de diversité dans les moyens et d'unité dans l'action ; àme d'apôtre active et entreprenante; esprit rétléchi et observateur: ascète et homme du monde, guerrier et législateur....
sont (lignes de son talent parle langage et les sentiments qu'il incite.
Le Club National se réunissait, le 5 janvier 1899, pour célébrer le succès des libéraux dans quelques récentes élections. Les sommités du parti libéral étaient venues
acclamer sir Wilfrid Laurier qui résumait dans une lucide argumentation les principaux problèmes canadiens.
Le Premier ministre consacre son exorde aux écoles du Manitoba.
Il espère que le temps n'est pas loin où les protestants et les catholiques du Manitoba vivront sur le même pied d'égalité et de justice, en aussi bonne harmonie que les protestants et catholiques de Québec et de Nouvelle-Ecosse. Ce qui a été fait, ajoute-t-il, l'a été par les moyens constitutionnels. 11 ne croit pas à la coercition et la meilleure façon de régler, par un arrangement satisfaisant, de semblables questions se trouve toujours être la tolérance mutuelle.
Puis il s'étend ensuite sur le tarif de faveur et reconnaît avec sincérité :
... Oue c'est aux sentiments patriotiques qu'il doit d'avoir accordé une préférence à la Mère Patrie. Cela avait d'autant plus de signification que les relations de jadis entre la Grande-Bretagne et le Canada étaient loin d'avoir été satisfaisantes. Certains Canadiens avaient jugé nécessaire de combattre la ligne de conduite de la mère patrie; une mauvaise politique avait par surcroît séparé les États-Unis de l'Angleterre. Cependant, depuis l'avènement au trône de Sa Gracieuse Majesté, la politique coloniale de l'empire avait subi un changement aussi radical qu'heureux. Parlant comme Canadien français à des Canadiens français, sir Wilfrid Laurier affirme que sa race n'admettra jamais l'opposition. Néanmoins il n'y a pas de cœur qui soit aussi sensible à un acte de générosité ou de justice que celui du Canadien français. C'est une des raisons qui ont induit le gouvernement à faire don du régime de faveur.
Puis, avec la conviction que ne manquent pas d'inspi-
rer des sentiments vrais exprimés avec loyauté, le premier magistrat du Canada fait allusion aux négociations de Washington :
Depuis longtemps, j'étais d"avis que nos relations avec nos puissants voisins n'étaient pas aussi cordiales qu'elles auraient pu l'être. Je suis un patriote; tout au moins le erois-je. J'aime mon pays plus que toute autre chose, mais je n'ai jamais pensé que, pour être patriote, pour faire preuve d'amour envers sa patrie, il était nécessaire de haïr les autres pays. J'aime mon pays, mais je ne dissimule pas ce fait que je professe une grande admiration pour nos voisins, qui sont un grand ijeuple. J'aime mon pays, j'aime la mère patrie dont nous sommes les sujets, et la France qui nous a donné le jour. J'aime aussi les États-Unis et je les consitlère comme une des plus grandes nations de la terre. Je ne vois pas pourquoi deux nations comme la nôtre et la leur ne seraient pas disposées à se rendre justice mutuellement. Nous sommes allés à Washington pour régler les difficultés que nous avons eues et nous espérons atteindre notre objectif en « donnant et prenant » suivant l'expression anglaise. Rien ne peut être fait sans concessions mutuelles, mais je vous assure que, si je rentre de Washington avec un traité, je n'aurai, croyez-le bien, sacrifié ni les intérêts, ni la dignité de mon pays.
Quelques jours après, sir Wilfrid Laurier se rendait à Washington reprendre sa place à la Conférence internationale.
« On s'est hautement félicité en France — écrit à ce sujet M. Hector Fabre — du rôle joué par Ï\I. Cambon dans les négociations hispano-américaines. Pour avoir été moindre et tenir de moins près au prestige de la France, celui de sir Wilfrid Laurier aura été, lui aussi, très favorable au bon renom français, dans la mesure qui lui était assignée par une situation si difTérente. En écoutant sir Wilfrid Laurier exprimer en particulier les
idées el les senlimenls des populations franco -canadiennes, nos voisins ont non seulement appris à nous bien connaître, mais encore ont subi le charme inhérent à l'esprit français. A voir ainsi se refléter dans leur langue des impressions si nouvelles pour eux, ils ont pris un agrément extrême. Une révélation s'en est suivie pour eux et la nouveauté de la chose a pris à leurs yeux la fraîcheur et l'inattendu d'un progrès. »
Peu après, la conférence de Washington s'ajournait, en août, sans faire connaître le résultat de ses délibérations.
Ainsi, après s'être réunie sous les plus heureux auspices, la conférence de Québec, devenue la conférence de Washington, semblait ne pas devoir aboutir.
Les négociations subissent de nombreuses fluctuations; les membres de la conférence délibèrent, banquettent et « ne parlent que de ce dont ils ne soufflent mot au cours de leurs séances*. » Les délégués ont discuté sur les bords du Saint-Laurent, puis sur les bords du Delaware. ils ont multiplié les ajournements, abordé successivement toutes les questions et, finalement, le doute plane sur le résultat final.
On se prend à craindre que de grandes espérances n'aient été enrayées par d'âpres et intransigeants calculs d'intérêts.
Il en est peu qui n'aient eu la conviction que la Conférence internationale ne mènerait pas à bien l'œuvre dont elle était chargée. — Aboutira-t-elle? la chose peut actuellement être mise en doute. Se séparera-t-elle en laissant subsister un germe de dissentiment entre les deux pays? Ce serait en vérité douter de la bonne foi ou de l'habileté des négociateurs, du juste souci, enfin, qu'ils doivent avoir de leur haute réputation.